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Ils chevauchèrent deux jours sans s'arrêter, ni manger, ni dormir et alors que la faim la soif se faisaient sentir chez tout le monde, Larâ déclara que le danger immédiat de se faire rattraper par les gardes bornés de son père était partit. Ravis de cette pause, ses compagnons burent et attaquèrent les provisions. Les chevaux s'empressèrent d'aller se désaltérer à une mare qu'Elysis avait examiné avec attention et broutèrent l'herbe riche aux alentours. Illusion avait d'horribles crampes et avoua son manque d'expérience en équitation. Opra se proposa de la soulager avec ses remèdes mais Illusion répondit négativement avant de s'éloigner du groupe en affichant clairement son envie de ne plus les voir à moins de 3 mètres. Mortôs tira une flûte de son sac. Taillée délicatement dans un bois noir il se mit à jouer une mélodie terrifiante et sinistre mais captivante. Les autres, le ventre rassasié, l'écoutèrent en silence. Larâ déposa un gros tas de bois qu'elle était allée ramasser avec Elysis et le fit flamber mentalement. Bientôt de grandes flammes s'élevèrent dans le ciel, rejointes par les cris de joie de ses compagnons en apprenant qu'ils allaient passer la nuit ici. La nuit commença doucement à tomber. Opra et Elysis se proposèrent pour monter les tentes. Il y en avait seulement 3. Opra en choisit une et ordonna à Illusion de la rejoindre pour avoir l'½il sur elle. Elysis et Larâ se dirigèrent machinalement vers une tente mais Mortôs les arrêta.
- je pense que pour notre sécurité, et surtout celle des filles, un garçon et une fille devraient partager une tente
- nous sommes capables de nous défendre seules ! Répliqua Larâ, dites plutôt qu'à vous deux, vous craignez de ne pas vous en sortir en cas d'attaque
- oui aussi ! Dit en souriant Nalio malgré la mine vexée de son frère.
Le regard de Mortôs posé sur Elysis indiquait clairement l'envie du garçon de partager la tente avec la jeune femme. Larâ le perçut et en s'efforçant de ne pas voir celui de Nalio qui était tout aussi indicateur, Elle prit son sac et sans un mot rejoignit Nalio dans une tente vaste. Elysis dont les joues avait pris une teinte écarlate, adressa un regard féroce à son amie avant de rentrer avec fracas dans la dernière tante. Larâ se tourna pour enlever ses habits de cuirs et mettre une tunique légère. Elle fut gênée mais s'endormit aussitôt de son côté. Elysis quand à elle, observait la tante comme si c'était la plus grande trouvaille du monde, Mortôs lui adressa un sourire moqueur et ferma les yeux. Elysis pu se changer rapidement, et les joues encore rouges, elle marmonna un vague « bonne nuit » et se coucha le plus loin possible du jeune homme qui lorgnait de son côté.
La nuit passa calmement, bien que tout le monde tendait l'oreille sans l'admettre, quand le matin se leva, ils avaient tous une mine reposée et calmé. Larâ se réveilla la première, sentant un poids sur sa taille et découvrit le bras de Nalio qui l'entourait dans son sommeil. Elle leva les yeux au ciel et le repoussa pour sortir de la tente. Elysis l'y attendait déjà. Elles allèrent dans la forêt, munies chacune d'un arc et rentrèrent une demi heure plus tard avec trois lapins, deux faisans, et un coq sauvage au plumage chatoyant. Elles commençaient à faire cuire leur repas quand les autres émergèrent du sommeil. Opra se réjouit en découvrant la viande et courut ramasser des herbes connues exclusivement des guérisseurs et qui en plus de leurs vertus sur le corps, aromatisaient particulièrement les viandes. Les deux garçons se levèrent à leur tour et s'installèrent autour du feu qui faisait cuire la nourriture.
- Elysis, tu ronfles... se contenta de dire Mortôs pour tout bonjour.
Il récolta un seau d'eau sur le visage. Tout le monde éclata de rire et Mortôs qui n'y prêta pas attention, enleva sa tunique, révélant son torse fin et bien dessiné pour enfiler un haut sec. Elysis ne pu retenir un coup d'½il que tout le monde perçu. Ils mangèrent en silence, se régalant de ces plats de choix et après avoir plié le camp Larâ sortit une carte froissée.
- il nous reste deux journées de cheval pour arriver à Katûm. La bas je compte trouver mon oncle, il à beaucoup de contacts et je peux espérer qu'il nous aidera à retrouver la source, le village est très croyant donc nous devrons normalement être bien accueillis, par contre, il faudra quand même être sur nos gardes. Mon oncle tient une boutique remplie de choses utiles, des armes, des cartes, des choses de magie etc ... j'ai emporté de l'argent de toute manière
- mais Illusion, tu ne devais pas nous mener à la femme qui t'a ordonné de nous suivre demanda Mortôs
La jeune fille ne les regarda pas dans les yeux et se contenta de se lever
- il se trouve qu'Illusion n'a jamais reçu ses ordres directement de cette femme, elle à voyagé un peu partout et les ordres lui parvenaient de partout dans tous les villages, nous ne pouvons donc pas établir à nous deux un endroit ciblé, j'ai donc trouvé utile de faire une halte dans le village de Katûm pour chercher plus profondément.
- bonne idée approuva Nalio calmement.
Ils sellèrent leurs montures et se remirent en route. La vue était découverte, le soleil déjà haut et l'air sec. Un temps idéal pour une grande chevauchée. Illusion ne semblait pas vouloir sortir de son silence boudeur et observait distraitement les alentours. Bientôt le pont des rois se dessina devant eux. Toujours aussi imposant ils le passèrent posément et arrivèrent devant le désert Cariis. Quand Elysis se tourna vers Larâ avec une question muette qui montrait son bonheur évident de vouloir retraverser le désert.
- non nous tournons à droite après cet arbre. Dit Larâ en souriant face à la mine déçue de son amie.
Les chevaux changèrent de direction docilement. Larâ observa l'étalon noir de Nalio. L'animal était magnifique, digne des monarques, autrefois sauvage, les gardes du rois l'avaient trouvé dans la nature et l'avaient ramené au roi pour lui offrir en cadeau. Mais il s'est avéré que le dressage avait été très difficile pour ne pas dire impossible, avant Nalio. A présent le cheval obéissait au moindre ordre de son cavalier, une confiance inébranlable s'était déjà établie, il ne manquait plus qu'à faire ses preuves lors d'une confrontation. À l'instant ou la jeune fille pensait ça, elle aperçu Mortôs qui revenait au grand galop vers le groupe. Il avait les yeux brillants d'excitation et Larâ reconnut la fièvre d'un combat imminent.
- un groupe de dix voleurs un peu plus loin, je ne crois pas qu'ils aient perçus notre arrivée !
Larâ réfléchit quelques instants et un clin d'½il d'Elysis la convint.
- et bien, c'est partit!
Ils s'élancèrent tous au grand galop, Nalio, Elysis Mortôs et Larâ en tète, dagues, flèches tendues vers les voleurs plus loin. La flèche d'Elysis fusa, droit sur le premier voleur à portée de main. Il s'écroula. Des cadavres gisaient autour des voleurs, signe d'un récent affrontement et les pillards se servaient dans leurs vêtements, prenant tous les bijoux, l'argent et ce qui était utile et cher. Quand la troupe fut sur eux, ils dégainèrent leurs sabres rapidement. Opra, pourtant d'un caractère paisible, sortit une poudre de son sac et la laissa voler jusqu'à deux hommes massifs. Ils s'écroulèrent au sol en portant leurs mains à leur gorge. Étouffés en deux secondes. Larâ trancha un bras puis l'autre puis une jambe et enfin la dernière avant d'achever la vie du manchot. Il ne restait que 6 hommes. Mortôs descendit de cheval et frappa sur le sol avec son bâton. Des mains jaillirent, des mains putréfiées, pleines de croûtes mortes qui attrapaient les pieds des 4 voleurs proches du jeune homme. Les bras décharnés suivirent les mains et les hommes furent aspirés dans la terre avant d'avoir pu crier. Les deux derniers voleurs s'acharnaient sur Nalio. celui-ci en abattit un avec ses deux poignards mais le dernier lui donnait des difficultés, très rapide, et le manque de place empêchait Nalio de se mouvoir comme il en avait l'habitude. Illusion disparut et se matérialisa derrière le dernier voleur avec une petite épée qu'elle planta tranquillement dans sa colonne vertébrale. Tout le monde la regarda avec surprise, elle reprit la courte épée, essuya le sang avec sa manche et la remit dans son fourreau. Un éclat de rire général sonna agréablement sur la route en terre. Ils se remirent en route, ne risquant plus rien. Elysis fredonnait une chanson mélancolique en flattant l'encolure du bel étalon alezan qui l'accompagnait depuis le début de l'aventure, Larâ fit apparaître une arbalète qu'elle fixa dans son dos. Sa dague disparut. Nalio murmurait des paroles inaudibles à son étalon noir qui piaffait doucement. Le chemin en terre déboucha sur des petites collines. Et au bout de ces collines se trouvait le village de Katûm. Larâ fit arrêter le groupe et leur dit
- je sais que nous sommes assez proche du village mais il va bientôt faire nuit et ces collines ne sont pas spécialement accueillantes de nuit, nous allons donc dresser le camp et demain matin nous les traverserons.
- nous sommes nombreux, on peut prendre le risque non ?
Mortôs vint au secours de Larâ et répondit à Opra
- non, il y a des créatures ici la nuit qui sont plus dangereuses qu'un lycan, par exemple les Tîfts
- les Tîfts ?
- ils sont petits, comme des chiens de tailles moyennes, mais si leur cri atteint vos tympans, vous mourez immédiatement, leur morsure fait passer celle des loups mutés pour inoffensive, la morsure d'un Tîft est mortelle sans espoir de guérison car elle inocule un terrible poison qui abattrait un b½uf en moins de deux heures. Ce sont les seules créatures que tout le monde craint sans exception, même les nécromants.
Un silence songeur succéda la tirade de Mortôs. Personne n'avait jamais eu affaire à un de ces animaux et la proposition de Larâ leur parut particulièrement intelligente à ce moment là.
Ils descellèrent leurs chevaux et montèrent le camp dans un silence pesant. Nalio attrapa l'arc d'Elysis et partit dans les alentours pour chasser. Larâ le rejoignit avec son arbalète, trop heureuse de n'être plus le sujet des regards angoissés de ses amis. Alors qu'elle arrivait à sa hauteur, elle vit Nalio allongé au sol en train de fixer un point plus loin. Quand la jeune fille suivit son regard elle aperçut deux serpents noirs qui se mouvaient avec élégance.
- tu ne vas pas faire ça ? Demanda Larâ à Nalio
- si, ce genre de serpent est très bon pour manger.
Elle haussa les épaules et le regarda mettre deux flèches sur son arc, elle ne doutait pas de l'habilité du garçon mais les serpents étaient assez loin et rapides. Elle s'apprêtait à lui dire que cela ne marcherait sûrement pas quand les flèches partirent. Elles volèrent droit sur les reptiles à une vitesse impressionnante et chacune se planta dans le corps d'un serpent. Nalio se releva et alla voir les deux reptiles qui se tortillaient encore. Il leur coupa la tête et dit à Larâ
- seule la tête est venimeuse chez eux.
Il ramassa les deux corps et après avoir sourit à Larâ qui n'en revenait toujours pas de la précision de son ami, regagna le camp. Les serpents mesuraient deux bons mètres chacun, coupés en morceau ils devenaient des parts généreuses pour les compagnons du jeune homme. D'abord dégoûtés de voir les deux serpents morts se balancer sur l'épaule de Nalio, ils sentirent ensuite la délicieuse odeur de la cuisson et consentirent à goûter leur chair noire. La nuit était tombée sur le camp, les enveloppant d'un manteau obscur et froid. La même disposition fut donnée pour les tentes et Elysis regagna celle de Mortôs en râlant pour bien marquer son mécontentement sous l'½il amusé du garçon. Mais tout le monde savait que ce n'était qu'en façade. Larâ accepta de bonne grâce la couverture que Nalio lui proposa et réchauffée par le tissu et le corps de son ami à proximité elle sombra rapidement dans un sommeil sans rêves. Nalio lui, préféra la regarder dormir avant de fermer ses yeux.


