chapitre 8


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Ils chevauchèrent deux jours sans s'arrêter, ni manger, ni dormir et alors que la faim la soif se faisaient sentir chez tout le monde, Larâ déclara que le danger immédiat de se faire rattraper par les gardes bornés de son père était partit. Ravis de cette pause, ses compagnons burent et attaquèrent les provisions. Les chevaux s'empressèrent d'aller se désaltérer à une mare qu'Elysis avait examiné avec attention et broutèrent l'herbe riche aux alentours. Illusion avait d'horribles crampes et avoua son manque d'expérience en équitation. Opra se proposa de la soulager avec ses remèdes mais Illusion répondit négativement avant de s'éloigner du groupe en affichant clairement son envie de ne plus les voir à moins de 3 mètres. Mortôs tira une flûte de son sac. Taillée délicatement dans un bois noir il se mit à jouer une mélodie terrifiante et sinistre mais captivante. Les autres, le ventre rassasié, l'écoutèrent en silence. Larâ déposa un gros tas de bois qu'elle était allée ramasser avec Elysis et le fit flamber mentalement. Bientôt de grandes flammes s'élevèrent dans le ciel, rejointes par les cris de joie de ses compagnons en apprenant qu'ils allaient passer la nuit ici. La nuit commença doucement à tomber. Opra et Elysis se proposèrent pour monter les tentes. Il y en avait seulement 3. Opra en choisit une et ordonna à Illusion de la rejoindre pour avoir l'½il sur elle. Elysis et Larâ se dirigèrent machinalement vers une tente mais Mortôs les arrêta.
- je pense que pour notre sécurité, et surtout celle des filles, un garçon et une fille devraient partager une tente
- nous sommes capables de nous défendre seules ! Répliqua Larâ, dites plutôt qu'à vous deux, vous craignez de ne pas vous en sortir en cas d'attaque
- oui aussi ! Dit en souriant Nalio malgré la mine vexée de son frère.
Le regard de Mortôs posé sur Elysis indiquait clairement l'envie du garçon de partager la tente avec la jeune femme. Larâ le perçut et en s'efforçant de ne pas voir celui de Nalio qui était tout aussi indicateur, Elle prit son sac et sans un mot rejoignit Nalio dans une tente vaste. Elysis dont les joues avait pris une teinte écarlate, adressa un regard féroce à son amie avant de rentrer avec fracas dans la dernière tante. Larâ se tourna pour enlever ses habits de cuirs et mettre une tunique légère. Elle fut gênée mais s'endormit aussitôt de son côté. Elysis quand à elle, observait la tante comme si c'était la plus grande trouvaille du monde, Mortôs lui adressa un sourire moqueur et ferma les yeux. Elysis pu se changer rapidement, et les joues encore rouges, elle marmonna un vague «  bonne nuit » et se coucha le plus loin possible du jeune homme qui lorgnait de son côté.
La nuit passa calmement, bien que tout le monde tendait l'oreille sans l'admettre, quand le matin se leva, ils avaient tous une mine reposée et calmé. Larâ se réveilla la première, sentant un poids sur sa taille et découvrit le bras de Nalio qui l'entourait dans son sommeil. Elle leva les yeux au ciel et le repoussa pour sortir de la tente. Elysis l'y attendait déjà. Elles allèrent dans la forêt, munies chacune d'un arc et rentrèrent une demi heure plus tard avec trois lapins, deux faisans, et un coq sauvage au plumage chatoyant. Elles commençaient à faire cuire leur repas quand les autres émergèrent du sommeil. Opra se réjouit en découvrant la viande et courut ramasser des herbes connues exclusivement des guérisseurs et qui en plus de leurs vertus sur le corps, aromatisaient particulièrement les viandes. Les deux garçons se levèrent à leur tour et s'installèrent autour du feu qui faisait cuire la nourriture.
- Elysis, tu ronfles... se contenta de dire Mortôs pour tout bonjour.
Il récolta un seau d'eau sur le visage. Tout le monde éclata de rire et Mortôs qui n'y prêta pas attention, enleva sa tunique, révélant son torse fin et bien dessiné pour enfiler un haut sec. Elysis ne pu retenir un coup d'½il que tout le monde perçu. Ils mangèrent en silence, se régalant de ces plats de choix et après avoir plié le camp Larâ sortit une carte froissée.
- il nous reste deux journées de cheval pour arriver à Katûm. La bas je compte trouver mon oncle, il à beaucoup de contacts et je peux espérer qu'il nous aidera à retrouver la source, le village est très croyant donc nous devrons normalement être bien accueillis, par contre, il faudra quand même être sur nos gardes. Mon oncle tient une boutique remplie de choses utiles, des armes, des cartes, des choses de magie etc ... j'ai emporté de l'argent de toute manière
- mais Illusion, tu ne devais pas nous mener à la femme qui t'a ordonné de nous suivre demanda Mortôs
La jeune fille ne les regarda pas dans les yeux et se contenta de se lever
- il se trouve qu'Illusion n'a jamais reçu ses ordres directement de cette femme, elle à voyagé un peu partout et les ordres lui parvenaient de partout dans tous les villages, nous ne pouvons donc pas établir à nous deux un endroit ciblé, j'ai donc trouvé utile de faire une halte dans le village de Katûm pour chercher plus profondément.
- bonne idée approuva Nalio calmement.
Ils sellèrent leurs montures et se remirent en route. La vue était découverte, le soleil déjà haut et l'air sec. Un temps idéal pour une grande chevauchée. Illusion ne semblait pas vouloir sortir de son silence boudeur et observait distraitement les alentours. Bientôt le pont des rois se dessina devant eux. Toujours aussi imposant ils le passèrent posément et arrivèrent devant le désert Cariis. Quand Elysis se tourna vers Larâ avec une question muette qui montrait son bonheur évident de vouloir retraverser le désert.
- non nous tournons à droite après cet arbre. Dit Larâ en souriant face à la mine déçue de son amie.
Les chevaux changèrent de direction docilement. Larâ observa l'étalon noir de Nalio. L'animal était magnifique, digne des monarques, autrefois sauvage, les gardes du rois l'avaient trouvé dans la nature et l'avaient ramené au roi pour lui offrir en cadeau. Mais il s'est avéré que le dressage avait été très difficile pour ne pas dire impossible, avant Nalio. A présent le cheval obéissait au moindre ordre de son cavalier, une confiance inébranlable s'était déjà établie, il ne manquait plus qu'à faire ses preuves lors d'une confrontation. À l'instant ou la jeune fille pensait ça, elle aperçu Mortôs qui revenait au grand galop vers le groupe. Il avait les yeux brillants d'excitation et Larâ reconnut la fièvre d'un combat imminent.
- un groupe de dix voleurs un peu plus loin, je ne crois pas qu'ils aient perçus notre arrivée !
Larâ réfléchit quelques instants et un clin d'½il d'Elysis la convint.
- et bien, c'est partit!
Ils s'élancèrent tous au grand galop, Nalio, Elysis Mortôs et Larâ en tète, dagues, flèches tendues vers les voleurs plus loin. La flèche d'Elysis fusa, droit sur le premier voleur à portée de main. Il s'écroula. Des cadavres gisaient autour des voleurs, signe d'un récent affrontement et les pillards se servaient dans leurs vêtements, prenant tous les bijoux, l'argent et ce qui était utile et cher. Quand la troupe fut sur eux, ils dégainèrent leurs sabres rapidement. Opra, pourtant d'un caractère paisible, sortit une poudre de son sac et la laissa voler jusqu'à deux hommes massifs. Ils s'écroulèrent au sol en portant leurs mains à leur gorge. Étouffés en deux secondes. Larâ trancha un bras puis l'autre puis une jambe et enfin la dernière avant d'achever la vie du manchot. Il ne restait que 6 hommes. Mortôs descendit de cheval et frappa sur le sol avec son bâton. Des mains jaillirent, des mains putréfiées, pleines de croûtes mortes qui attrapaient les pieds des 4 voleurs proches du jeune homme. Les bras décharnés suivirent les mains et les hommes furent aspirés dans la terre avant d'avoir pu crier. Les deux derniers voleurs s'acharnaient sur Nalio. celui-ci en abattit un avec ses deux poignards mais le dernier lui donnait des difficultés, très rapide, et le manque de place empêchait Nalio de se mouvoir comme il en avait l'habitude. Illusion disparut et se matérialisa derrière le dernier voleur avec une petite épée qu'elle planta tranquillement dans sa colonne vertébrale. Tout le monde la regarda avec surprise, elle reprit la courte épée, essuya le sang avec sa manche et la remit dans son fourreau. Un éclat de rire général sonna agréablement sur la route en terre. Ils se remirent en route, ne risquant plus rien. Elysis fredonnait une chanson mélancolique en flattant l'encolure du bel étalon alezan qui l'accompagnait depuis le début de l'aventure, Larâ fit apparaître une arbalète qu'elle fixa dans son dos. Sa dague disparut. Nalio murmurait des paroles inaudibles à son étalon noir qui piaffait doucement. Le chemin en terre déboucha sur des petites collines. Et au bout de ces collines se trouvait le village de Katûm. Larâ fit arrêter le groupe et leur dit
- je sais que nous sommes assez proche du village mais il va bientôt faire nuit et ces collines ne sont pas spécialement accueillantes de nuit, nous allons donc dresser le camp et demain matin nous les traverserons.
- nous sommes nombreux, on peut prendre le risque non ?
Mortôs vint au secours de Larâ et répondit à Opra
- non, il y a des créatures ici la nuit qui sont plus dangereuses qu'un lycan, par exemple les Tîfts
- les Tîfts ?
- ils sont petits, comme des chiens de tailles moyennes, mais si leur cri atteint vos tympans, vous mourez immédiatement, leur morsure fait passer celle des loups mutés pour inoffensive, la morsure d'un Tîft est mortelle sans espoir de guérison car elle inocule un terrible poison qui abattrait un b½uf en moins de deux heures. Ce sont les seules créatures que tout le monde craint sans exception, même les nécromants.
Un silence songeur succéda la tirade de Mortôs. Personne n'avait jamais eu affaire à un de ces animaux et la proposition de Larâ leur parut particulièrement intelligente à ce moment là.
Ils descellèrent leurs chevaux et montèrent le camp dans un silence pesant. Nalio attrapa l'arc d'Elysis et partit dans les alentours pour chasser. Larâ le rejoignit avec son arbalète, trop heureuse de n'être plus le sujet des regards angoissés de ses amis. Alors qu'elle arrivait à sa hauteur, elle vit Nalio allongé au sol en train de fixer un point plus loin. Quand la jeune fille suivit son regard elle aperçut deux serpents noirs qui se mouvaient avec élégance.
- tu ne vas pas faire ça ? Demanda Larâ à Nalio
- si, ce genre de serpent est très bon pour manger.
Elle haussa les épaules et le regarda mettre deux flèches sur son arc, elle ne doutait pas de l'habilité du garçon mais les serpents étaient assez loin et rapides. Elle s'apprêtait à lui dire que cela ne marcherait sûrement pas quand les flèches partirent. Elles volèrent droit sur les reptiles à une vitesse impressionnante et chacune se planta dans le corps d'un serpent. Nalio se releva et alla voir les deux reptiles qui se tortillaient encore. Il leur coupa la tête et dit à Larâ
- seule la tête est venimeuse chez eux.
Il ramassa les deux corps et après avoir sourit à Larâ qui n'en revenait toujours pas de la précision de son ami, regagna le camp. Les serpents mesuraient deux bons mètres chacun, coupés en morceau ils devenaient des parts généreuses pour les compagnons du jeune homme. D'abord dégoûtés de voir les deux serpents morts se balancer sur l'épaule de Nalio, ils sentirent ensuite la délicieuse odeur de la cuisson et consentirent à goûter leur chair noire. La nuit était tombée sur le camp, les enveloppant d'un manteau obscur et froid. La même disposition fut donnée pour les tentes et Elysis regagna celle de Mortôs en râlant pour bien marquer son mécontentement sous l'½il amusé du garçon. Mais tout le monde savait que ce n'était qu'en façade. Larâ accepta de bonne grâce la couverture que Nalio lui proposa et réchauffée par le tissu et le corps de son ami à proximité elle sombra rapidement dans un sommeil sans rêves. Nalio lui, préféra la regarder dormir avant de fermer ses yeux.

chapitre 8

# Posté le vendredi 28 décembre 2007 04:56

chapitre 9


9

Un cri les tira du sommeil. Opra criait. Larâ bondit hors de sa tente, la main posée sur son arbalète, trois silhouette noires étaient penchées vers la tente d'Elysis. Son amie brandit la main droite et le premier s'écroula inconscient, frappé par un poing invisible. Le deuxième leur bondit dessus, extrêmement rapide, ils n'eurent le temps de voir qu'une forme floue, que déjà le tueur était sur eux. Nalio sortit un sabre qui s'était matérialisé autour de sa taille grâce aux réflexes de Larâ et le pointa sur le tueur qui l'esquiva trop facilement, l'homme brandit un couteau aiguisé et le deuxième tueur était déjà en train de se battre contre Larâ et Mortôs. Nalio était seul contre l'homme qui esquivait ses attaques comme si elles venaient d'un enfant de 10 ans. Mortôs cria, mais ce n'était pas un cri de peur, son cri produisit des ultrasons qui fit tomber l'homme contre qui il se battait. Larâ n'eut plus qu'a le cribler de flèches avec son arbalète. Le dernier homme luttait toujours, avec une facilité déconcertante, alors que Nalio commençait à s'épuiser, son adversaire ne montrait aucun signe de fatigue. Elysis fit jaillir des lianes épaisses du sol et des arbres alentours, et le dernier tueur se retrouva bien ficelé incapable du moindre mouvement. Nalio s'écroula au sol. Ses compagnons se pressèrent autour de lui et Opra brandit sa sacoche de guérisseuse. Larâ, rassurée du sort de son ami, revint vers le tueur. Il étouffait dans les liens, son visage devenait peu à peu bleuté, et elle eut juste le temps de lui poser une question
- qui t'a envoyé ?
- c'est elle, La louve noire
Il eut un hoquet qui fit éclater une bulle de sang sur ses lèvres et mourut.
Alors qu'Opra s'afférait aux cotés de Nalio, Larâ s'éloigna aux alentours et planta dans le sol ses fidèles alarmes tout autour du camp. Quand elle retourna au campement bien réveillé, tous étaient en train de seller leurs chevaux.
- qu'Est-ce que vous faites ?
- on part, il nous faut atteindre le village le plus vite possible répondit Elysis
- mais pourquoi tout de suite ? Ça peut attendre qu'il fasse jour non ? Demanda Larâ
- LARA ! C'était toi qui était visée ! Si les tueurs n'avaient pas confondu ta tente avec celle d'Elysis tu serais morte ! On ne va pas attendre qu'ils reviennent ! S'époumona Nalio dont l'inquiétude et la fatigue faisaient encore briller les yeux.
Il laissa échapper une légère plainte et amena sa main à son bras ou une plaie luisait encore malgré les soins d'Opra.
- très bien .... Mortôs et Elysis vous allez en tête, en éclaireur, Opra tu surveilles Illusion et Nalio tu restes vers moi ok ? Bon maintenant tout le monde en selle !
La camp fut rapidement plié et ils partirent rapidement alors que les cendres du feu brillaient encore..
Ils chevauchèrent toute la matinée alternant trot et galop rapide, pressés d'arriver à Katûm. Quand le village se montra au dessus d'une petite colline, l'enthousiasme gagna le groupe qui pressa encore plus l'allure. Ils arrivèrent aux premières maisons et descendirent de cheval. Pendant qu'ils progressaient vers une auberge, ils virent les visages des gens collés à leurs fenêtres mais personne ne venait à leur rencontre. Ce n'était plus l'image du village que Larâ avait gardé dans son enfance. Une auberge crasseuse était prés de la petite place du village et ils mirent les chevaux dans l'écurie. Comme personne en venait pour les nourrir, ils tranchèrent des bottes de foin et les étalèrent eux même avant de rentrer dans la salle de repas. Il n'y avait personne. Aucun client aux tables. Larâ s'avança d'un pas décidé vers le comptoir et appuya avec force sur la sonnette. Un petit homme aux cheveux gras et aux yeux larmoyants arriva d'une démarche hésitante
- que puis-je pour vous ?
- nous sommes des visiteurs et nous voudrions
- des visiteurs ? Coupa - t -il brusquement, SORTEZ !partez tout de suite avant que vous soyez coincés ici !!
- mais monsieur nous avons fais une longue route, nous aurions besoin de nous reposer et nos chevaux aussi !
Il réfléchit intensément, son regard allant de la porte de son auberge aux voyageurs épuisés
- je vais vous cacher mais une fois reposés vous fuirez loin d'ici ? C'est entendu ? Attendez ...
Il alla à la porte de l'auberge et mit un panneau «  fermé » puis il attrapa un trousseau de clefs et monta dans les étages suivit par le groupe de cavaliers. L'aubergiste ouvrit deux chambres et leur dit
- je vais vous apporter à manger, ne parlez à personne pendant votre séjour ici, et faites attention à ce que vous dites, ne sortez que si c'est nécessaire et surtout, pas de magie ! Dit-il en regardant particulièrement Larâ Elysis et Mortôs qui dégageaient visiblement de puissantes ondes.
- mais que se passe-t-il ici ?? Demanda Larâ
Le vieil homme regarda autour de lui d'un air craintif et rentra dans la chambre en fermant la porte derrière lui.
- des moines, des sorciers, des gens qui utilisent de la magie noire très puissante ont pris le contrôle du village, ils tuent tous ceux qui s'opposent à eux, voyageurs, habitants, ils ont le pouvoir absolu !
- mais pourquoi personne ne s'est opposé à eux ?? Interrogea Nalio
- personne ne peut ! Ils sont trop forts, et le roi n'est pas au courant, ils ont infiltré le château!
Larâ se sentit vaciller et s'écroula sur le lit avec l'aide d'Opra. L'aubergiste l'observa surpris de sa réaction.
- Il se trouve que Larâ est une personne assez importante dans l'empire et elle se sent mal en apprenant ça, comme nous tous. Dit Opra en venant au secours de son amie.
Le vieil homme se passa une main embarrassée dans les cheveux et leur dit
- si en plus vous êtes proches du roi, vous risquez beaucoup...
- ne vous inquiétez pas termina Mortôs d'une voix sèche
L'homme parut comprendre que l'entretien était terminé et après avoir pris les pièces qu' Illusion lui tendit, il s'en alla. Mortôs attendit que la porte se referme complètement et leur dit d'une voix irritée
- pourquoi ne pas lui dire tant que vous y êtes que Larâ est la fille de Lortiis ??? Et que nous cherchons la traître qui veut nous tuer !! Ça serait plus direct non ???
- ne t'énerve pas ce petit vieux est complètement terrifié, il ne nous menace pas
- mais si justement ! Trop terrifié pour tenir sa langue !
- ça suffit .
Larâ avait parlé d'une voix fatiguée et sèche, elle repoussa le bras tendu de Nalio pour l'aider et s'adressa à Mortôs en relevant la tête avec toute la dignité possible.
- nous allons rester ici, même si c'est dangereux, si tu veux partir, pars, mais nous, on reste , je dois aller voir mon oncle, s'il lui est arrivé quelque chose je dois le protéger, je le connais il n'a jamais aimé se plier aux règles alors dés demain matin je me rendrais avec celui qui voudra bien m'accompagner en cachette, à sa boutique.
Mortôs jeta un regard à ses compagnons qui lui étaient devenus déjà chers et abandonna
- très bien mais demain moi et mon frère on t'accompagne !
Les 4 filles prirent une chambre et la dernière fut pour les deux garçons qui s'endormirent en tenant un poignard chacun. L'auberge n'inspirait pas confiance. Pendant son sommeil Nalio jura avoir entendu des pas dans le couloir de l'auberge, son emprise sur le poignard se resserra.
chapitre 9

# Posté le vendredi 28 décembre 2007 04:57

chapitre 10

10


Des mains vinrent réveiller Nalio et Mortôs en les secouant sans ménagements. Quand Mortôs ouvrit les yeux, la bouche déjà ouverte pour exprimer son mécontentement, il vit le visage d'Elysis penché sur lui
- il y a eu du grabuge dans l'auberge, debout tous les deux !!
Nalio se frotta les yeux et passa rapidement une tunique noire. Mortôs l'attendait déjà à la porte son bâton à la main. Ils descendirent dans la salle de manger et trouvèrent les quatre filles devant un véritable bain de sang. L'aubergiste était mort sur le sol, un bras détaché du corps, et les yeux encore ouverts dans une terreur sans nom. Larâ l'examinait avec attention. Les rideaux avaient été tiré, Elysis et Opra avait verrouillé et bloqué la porte tandis qu'Illusion s'affairait à allumer des bougies.
- il a été tué avec de la magie finit par dire Larâ
- de la magie peut briser un corps comme ça ?? Questionna Opra avec Effroi
- elle peut faire pire... répondit en c½ur Larâ et Mortôs.
- pourquoi a - t -il été tué ?
- sûrement pour une mise en garde, s'il avait l'habitude de cacher les voyageurs, cela avait été son dernier avertissement.
Ils se regardèrent tous avec effroi et Nalio se décida à rompre le silence
- il faut partir, des gens savent que nous sommes ici !
- non !! Je veux d'abord voir mon oncle ensuite nous partirons, demain matin. Répliqua Larâ dont la voix devenait rauque.
- je peux faire quelque chose pour le pauvre homme, hasarda Mortôs


Il leva son bâton noir. Les ténèbres les encerclèrent, répandant un froid immense et laissant des traînées de vapeur s'échapper de leur bouche quand ils respiraient. Il l'agita encore une fois et la mort en personne vint prendre le corps de l'aubergiste ne laissant qu'un sentiment de malaise après son passage. Il ne fallait néanmoins pas rester sur ce désagréable évènement et Larâ se releva. Sans un mot Nalio et Mortôs la suivirent quand elle sortit de l'auberge en faisant claquer la porte qu'elle avait déverrouillé. Le jour n'était pas encore pleinement levé quand ils arpentèrent la rue sombre. Personne n'était dehors, tous encore endormis, ou cachés. Larâ n'hésita pas une seule fois dans sa trajectoire pour retrouver la boutique de son oncle. Les deux garçons la serraient de prés mais n'étaient pas très rassurés. Enfin une boutique lugubre à la devanture abandonnée leur fit face dans une impasse. Larâ, fidèle à ses habitudes, rentra sans frapper et une odeur de moisissure lui sauta au nez. Elle mit une main devant sa bouche et regarda les alentours, tout avait été renversé, comme dans un affrontement acharné. Les livres gisaient au sol, déchiquetés, des objets en porcelaine avaient été brisés.
- Oncle Piilt ?? Appela la jeune fille avec angoisse
Personne ne répondit. Elle traversa le carnage pour aller dans la petite pièce derrière le comptoir. Un homme était couché sur le sol à la lueur de bougies. Elle crut d'abord que c'était son oncle mais abandonna l'idée. Cet homme était beaucoup moins âgé malgré ses tempes grisonnantes il ne devait avoir qu'une quarantaine d'années.
- ou est mon oncle Piilt !! Rugit-elle à l'adresse de l'inconnu
Celui-ci se redressa en sursaut, il dévisagea Larâ et les deux garçons qui tenaient chacun une arme et se leva en époussetant ses habits
- et bien, il est mort !
Larâ ouvrit de grands yeux. Elle sentit le contact rassurant des mains de Nalio et Mortôs qui la retenaient en vue d'une éventuelle chute et se mit à crier
- COMMENT CA IL EST MORT !! QUI ETES VOUS POUR DIRE CA ?? REPONDEZ !!!
- arrêtez de crier!! On va nous repérer ! Lui dit - il a voix basse. Oui il est mort, les sorciers lui sont tombés dessus, ils s'y sont mis à 6 pour le tuer, j'ai moi-même enterré son corps quand ils sont partis, je me cache ici, je ne veux pas qu'ils me retrouvent car je connaîtrais le même sort en tant que fervent acclamateur de Lortiis !
- qui êtes vous ? Demanda la voix faible de Larâ.
- il y a des années j'étais ami avec Lortiis avant que le royaume ne connaisse cette période si troublée, mais je ne suis pas d'ici, je suis de Rhadagik, tu ne dois sûrement pas connaître, toujours étant que...
- rhadajik ??? Je connais très bien !
- j'ai servi le roi de Rhadajik pendant 10 ans, en tant que chevalier et j'ai rencontré Lortiis, son monde semblait fabuleux dans ses descriptions, de plus le roi de Rhadajik n'avait plus besoin de moi, alors j'ai repris mes services avec Lortiis cette fois.


Une barbe, signe de plusieurs semaines passées sans se laver ni se raser avait pris domicile sur le visage fatigué de l'inconnu et quand il plongea son regard dans celui de Larâ il sursauta à nouveau
- tu as les même yeux que notre roi, se pourrait-il que tu sois Larâ ?
- il se pourrait.
- fuis ce village !! Tu n'as rien à faire ici ! C'est dangereux , les gardes et les sorciers vont arriver !
Elle haussa un sourcil interrogateur
- les gardes n'obéissent qu'à mon père !
- pas ceux la, ils n'ont plus aucun lois, et aident les malfaiteurs.
- venez avec nous , déclara Nalio
- sans hésiter ! Bientôt ils vont me trouver et me tuer, je vais vous aider à sortir de ce piège vivant et après nos routes se sépareront, je rentrerai au château et je suppose que ce n'est pas votre route
- non en effet , répondit Larâ.
Elle fit jaillir deux flammes sur des livres abandonnés et la pièce s'éclaira d'avantage. Des bouteilles s'étalaient sur le sol, des boites de conserves, ainsi que des habits dépareillés. Elle fronça le nez et scruta le dehors à travers le volet de la fenêtre. Personne, la neige commençait à tomber, l'hiver est déjà la pensa - t- elle.
- comment vous appelez vous ? Lui demanda - t - elle sans cesser d'observer la ruelle.
- je m'appelle Lukâs.


Elle entendit l'homme s'affairer, ramassant ce qui pouvait encore lui servir. Larâ laissa son esprit vagabonder, elle revoyait son père, le deviner en train de lancer des troupes à sa recherche, perdu de n'avoir pas su la retenir. Mais il fallait qu'elle parte, lui aussi le savait. Il fallait qu'elle rétablisse la paix et venge sa mère. Il en allait de sa vie, car elle ne supporterait pas de rester la sans rien faire. Les yeux perdus dans la vague, elle ne regardait rien en particulier à travers la brèche du volet, sentant des petites brises d'air froid lui rafraîchir le visage. Soudain la main de Nalio la tira en arrière et il se jeta sur elle. Une nuée de flèches traversèrent les volés comme s'il n'avait été qu'une illusion. Mortôs cria de surprise et s'exclama avec une voix serrée
- il faut fuir !
Lukâs qui n'avait pas bronché, poussa les trois amis vers une trappe au fond de la petite pièce. Quand il l'ouvrit dans un grincement, les sorciers faisaient irruption dans la première pièce de la boutique en pestant. La trappe donnait sur un tunnel sombre. Mortôs qui s' était retrouvé en tête par hasard fit briller le bout de son bâton qui dégagea une lueur bleutée. Ils purent bientôt se relever et alors que leurs poursuivants cherchaient désespérément les 4 fuyards, le tunnel les conduisit face à une porte. Mortôs la fit éclater d'un geste et ils arrivèrent dans une rue. Le jour était levé à présent et la neige rendait la visibilité très mauvaise. Ils entendirent les hommes s'engouffrer dans le tunnel à leur tour.
- il faut aller à l'auberge ! Nos amis sont là-bas ! S'époumona Larâ
Lukâs se mit à courir dans la neige, suivit de prés par Larâ Nalio et Mortôs qui se retournait fréquemment dans sa course pour guetter l'arrivée des sorciers. L'auberge apparut et ils s'engouffrèrent dedans avec bruit. Elysis cria et elle se rassura en voyant son amie courir vers elle.
- venez tous, on prend les chevaux et on s'en va !


Ils obtempérèrent avec empressement. Les sorciers les attendaient dehors. Ils étaient cinq, puissants. Lukâs poussa Larâ qui était la cible d'une flèche enflammée et bondit en avant. Nalio était déjà en couverture pendant qu'Elysis Opra et Illusion tiraient Larâ vers l'écurie. Les chevaux les attendaient en transpirant. Ils sentaient l'odeur de la peur. L'étalon noir et l'hongre blanc sans cavaliers, galopèrent hors de l'écurie. Leurs propriétaires les enfourchèrent sans laisser le temps aux montures de s'arrêter. Lukâs grimpa derrière Elysis. Pendant ce temps la, Larâ se battait, seule. Les sorciers faisaient pleuvoir une masse de sorts dévastateurs sur eux, et seul son c½ur faisait barrage, repoussant leurs tentatives. Ils étaient en rage, furieux d'être contraints à l'impuissance par une adolescente de 16 ans. La jeune fille lança sa jument au grand galop, la dirigea habilement pour l'empêcher de glisser sur les pavés enneigés. Les sorciers continuaient d'attaquer et Larâ ne put résister plus longtemps. Son barrage mental s'écroula. Ils en profitèrent immédiatement, un sorcier souffla un air brûlant par la bouche, qui brûlait tout sur son passage, les maisons s'enflammaient, la neige fondaient et les chevaux n'étaient pas assez loin. Elysis sentant la faiblesse de Larâ fit fondre la neige qui n'avait pas disparut, et la transforma en eau. L'incendie s'éteignit. Ils étaient hors d'atteinte, galopant dans la plaine. Opra sanglotait en se cramponnant à la crinière du jeune mâle qui s'était bien musclé depuis le début de la quête. L'étalon d'Elysis qui portait deux cavaliers semblait peiner mais redoublait d'énergie dans sa course. La neige tourbillonnait sur eux, les rendant aveugles. Une chose était sure, les sorciers n'étaient plus derrière eux. Quand la silhouette du désert se dessina à l'horizon, ils ralentirent. Le froid les engourdissait de plus en plus, les chevaux grelottaient et leurs cavaliers ne sentaient plus leurs mains ni leur visage. Larâ scruta les alentours, et elle décida d'aller au désert. Le seul lieu qui lui semblait assez sécurisant. Elle fit signe aux autres de poursuivre leur chemin et talonna sa monture qui accéléra. Le vent sifflait à leurs oreilles, rendant toute conversation impossible et Elysis sentit que les sorciers étaient responsable de cette soudaine tempête. Elle caressa l'encolure de l'étalon, lui promettant une bonne récompense pour ses efforts et se tourna pour voir le visage de l'homme. Un visage terriblement familier. Elle n'était pas sur de ses déductions et préféra observer leur chemin enneigé comme le faisait les autres. La limite du désert franchie, invisible mur qui séparait l'herbe, pour l'instant enfouie sous la neige, du sable, ils mirent leurs chevaux au pas, soucieux de les préserver. Déjà la crinière des chevaux se parait de glaçons et leurs membres devinrent raides. Prenant conscience qu'ils ne pouvaient plus avancer Larâ leva la main pour intimer l'arrêt. Ils s'afférèrent, mais le vent brisait leurs maigres protections. Mortôs intervint, glacé jusqu'aux os, il eut cependant la force de lever son bâton au ciel noir. Des ronces noires, épaisses, sortirent du sable, grimpèrent en hauteur et se rejoignirent pour former un dôme serré d'épines et de fleurs noires. Ils étaient à l'abri. Les chevaux se couchèrent immédiatement une fois débarrassés de tout harnachement, les uns contre les autres pour se réchauffer. Elysis vint se jeter dans les bras de Mortôs avec reconnaissance. Ses jambes s'affaissèrent et ils se retrouvèrent au sol en rigolant comme des fous. Trop frigorifiés pour partager leur rire, les autres allumèrent un feu et dénichèrent des couvertures.


Quand ils furent installés, Elysis reprit enfin son sérieux et dévisagea Lukâs. celui-ci la regarda, comme si cela faisait beaucoup trop longtemps qu'il n'avait pas contemplé les traits de son visage fin. Nalio allait parler mais Larâ l'arrêta d'un regard, des explications s'imposaient.
chapitre 10

# Posté le vendredi 28 décembre 2007 14:08

chapitre 11


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Le dôme leur offrait une protection satisfaisante. Quand Lukâs prit la parole, même le sifflement du vent n'atténuait pas l'agréable chaleur qui les réchauffait.
- je te connais, dit il en regardant Elysis tu est la fille du roi et de la reine je me trompe ?
- non. Et vous étiez un garde, un chevalier plutôt quand je n'avais que 5 ans
- exact, je ne pensez pas te revoir, surtout pas ici, bien, je suis heureux de vous avoir rencontré, et d'avoir assisté à vos pouvoirs, Larâ tu es la digne fille de ton père.
- justement il a des ennuis, d'après un homme que nous avons tué, le palais à été infiltré, avez-vous une idée de qui pourrait être derrière tout ça ?
Il réfléchit quelques instants et répondit d'une voix posée
- par la brèche de mon volet, j'ai entendu des gens parler, il se trouve qu'une femme se trouve aux cotés de ton père, personne ne sait d'où elle est apparu. Des rumeurs courent sur cette femme, il faudra se renseigner et je ne te cache pas qu'en revenant au château, je suis curieux de la voir cette bonne femme...
- l'homme à également dit «  la louve noire » se pourrait-il que cela soit son surnom ?
- je n'en sais vraiment rien...
- je pense savoir quelque chose, intervint Illusion de sa petite voix aigue. Quand je recevais des lettres m'indiquant qui je devais espionner, le sceau était une tête de loup noir.
Sa déclaration laissa les autres de marbre. Ils s'observèrent tous à la dérobée, perdus dans leurs idées. La neige continuait de tomber aussi fort, et le vent ne semblait jamais s'arrêter. Tout le monde était reconnaissant envers Mortôs pour le dôme de ronces. Larâ se sentait mal, elle tremblait de partout, ses yeux se remplissaient de noir, ses dents devenaient pointues, les autres étaient inquiets, ils n'avaient été en compagnie de Larâ sous sa forme transformée à part Mortôs et se trouvaient mal à l'aise. La jeune fille gémit, elle s'écroula au sol. Dans son esprit une vision s'installait, d'abord floue et de plus en plus nette. Elle voyait le château de son père, Lortiis était sur le trône dans la salle de bal, plein de gens dansaient, et à côté de lui, une femme, hautaine, grande et blonde, elle observait la foule avec un regard affamé. La vision s'intensifia et permit à Larâ d'observer l'intruse plus précisément. La femme aurait été belle, si elle ne paraissait pas si prétentieuse. Autour du cou, une chaîne en or pendait. Et au bout de la chaîne un pendentif, un loup. Quand elle reprit conscience, tout le monde la regardait avec inquiétude. Elle haletait mais parvint à dire d'une voix faible.
- c'est elle, la louve noire, au château avec mon père...
Et elle perdit connaissance.
Elle se réveilla deux heures plus tard, la nuit devait être présente mais la neige et le ciel noir empêchaient de l'affirmer vraiment. Nalio la prit par l'épaule et lui demanda doucement
- qu'Est-ce que tu as vu ?
- mon père, j'ai vu la femme qui convoite le trône, c'est elle, elle porte un pendentif en forme de loup noir autour du cou.
- qu'allons nous faire ? Interrogea Elysis
Larâ frissonna pour toute réponse, cela lui semblait évident mais elle ne voulait pas jeter ses amis dans un piège.
- nous allons y aller c'est évident, lui répliqua Nalio.
- oui, mais nous ne pouvons pas encore sortir d'ici, attendons demain.
Larâ éteignit le feu et se coucha sur le coté. Tout le monde finit par s'endormir. Le vent souffla encore toute la nuit. La neige s'arrêta mais l'orage prit le dessus. De grands éclairs zébraient le ciel et le bouquant du tonnerre les réveilla plusieurs fois. Mortôs ne dormit pas, ou alors que d'un seul ½il, craignant qu'un éclair déclenche le feu sur leur dôme il s'appliqua à lancer de petits sortilèges de protection autour d'eux. Les chevaux se reposaient dans un coin, ouvrant de temps en temps un ½il puis se rendormant dans la chaleur de leurs congénères. Larâ se leva une fois pour leur donner de l'eau qu'il lui restait dans une gourde en peau imperméable et elle donna sa couverture à sa jument qui était un peu à l'écart de ces costauds étalons. Elle se rendormit en revoyant le contenu de sa vision, voulant mémoriser toutes les caractéristiques de cette femme pour qui elle ressentait déjà une haine impressionnante. Elysis ne parvenait pas à dormir, stressée par le tonnerre. Elle se rapprocha de Mortôs qui rabattit sa couverture sur eux. Ils parlèrent tout le reste de la nuit. Seul Lukâs semblait être parfaitement détendu, allongé dans le sable et dans sa couverture en laine miteuse, il affichait un sourire béat sur son visage, probablement heureux d'avoir retrouvé une certaine liberté. Illusion observa ses compagnons. Depuis qu'elle avait été obligée de les suivre, elle se sentait mieux, comme appartenant à une grande famille, même si elle aurait préféré se faire mordre par un lycan plutôt que leur avouer sa reconnaissance. Quand une légère lumière se leva, ils découvrirent une matinée dans le désert. L'orage s'était arrêté, ainsi que la neige et seul un vent froid persistait. Mortôs fit disparaître le dôme et les chevaux se levèrent en s'ébrouant. Les cavaliers les sellèrent rapidement et se mirent en selle. Ils trottèrent en direction du pont des rois. Ils chevauchèrent pendant deux heures avant de voir le pont. Le vent allait rendre la traversée assez difficile. Ils préférèrent descendre de cheval et passer bien au milieu. Deux gardes étaient postés à l'arrivée du pont. Ils les observèrent et tentèrent de les arrêter. Larâ s'y attendait et les expédia dans un arbre ou Elysis les ficela avec les branches. Ils continuèrent comme si rien ne s'était passé. La forêt de la mort apparut et ils la contournèrent sans pouvoir réprimer un frisson en se rappelant la dernière fois ou ils y étaient rentré. Ils lancèrent leurs chevaux au petit galop, pressés d'arriver au château de Lortiis. Leurs chevaux sentaient la maison et accélérèrent encore plus l'allure. Le ciel se dégageait petit à petit, laissant passer de timides rayons de soleil. Quand Larâ, qui était en tête avec Elysis vit le château se dessiner au loin, elle arrêta sa jument et pour une fois, sentait un mauvais pressentiment en observant les tours. Les autres ne pouvaient qu'approuver ce sentiment. Ils reprirent une bonne allure, passèrent les portes de la ville et virent que tous les villageois ne restaient même plus devant les portes de leurs maisons. Les fenêtres étaient fermées, les rues désertes, la ville avait tout d'un lieu fantôme et la présence de gardes austères n'avait rien pour arranger cette impression. L'auberge ou elles étaient allées toutes les deux avait été condamnée et détruite. Ils emmenèrent leurs chevaux à l'écurie, firent les box car les serviteurs n'étaient pas présents et après les avoir nourris, ils montèrent les marches du château.
chapitre 11

# Posté le samedi 29 décembre 2007 12:09

chapitre 12

12


Lukâs contempla le hall d'entrée luxieux avec une nostalgie manifeste. Il dévorait jusqu'aux armures. Larâ savait que son apparence négligée n'était pas pour jouer en sa faveur mais son père serait heureux de le revoir ici. Nalio et Mortôs qui n'étaient pas à l'aise dans le château ou leur catégorie n'était pas bien vue, allèrent dans la chambre qu'occupait Larâ habituellement. Illusion allait se joindre à eux mais Larâ lui demanda de rester avec elle et Elysis pour voir son père. Elle avait une idée. Opra alla s'isoler dans la bibliothèque et faire le plein de remèdes. Les trois filles grimpèrent les escaliers de marbre et se dirigèrent dans le vaste couloir vers le bureau de Lortiis. Trois gardes arrivèrent pour se placer entre eux et la porte.
- vous n'avez rien à faire ici !
- je suis Larâ la fille de Lortiis, j'exige que vous nous laissiez passer
- nous avons reçu des ordres nous indiquant de ne laisser personne rentrer à part la future reine.
- vous me fatiguez déclara Elysis dont la patience commençait à s'envoler. Elle cligna des yeux et le soleil devint éblouissant à travers les fenêtres. Les gardes étaient aveuglés, ils se frottaient les yeux sans distinguer les alentours. Larâ n'eut plus qu'à leur ligoter les pieds et les mains avec des cordes venues de nulle part. Les gardes trébuchèrent et s'écroulèrent au sol avec beaucoup de bruits. La porte du bureau du roi s'ouvrit. Lortiis apparut, les yeux cernés il contemplait ébahi les gardes couchés au sol et les trois filles qui jetaient des regards vifs sur tout ce qui bougeait
- Larâ ?
- Père je suis revenue !
- Bien.. Rentrez .
Elysis referma le bureau derrière elle et quand elle se retourna, elle aperçu une femme installée sur un divan rouge. Elle avait les paupières lourdes, un magnétisme impressionnant, son cou était orné de bijoux somptueux mais le pendentif de loup se distinguait nettement. Larâ serra les poings et jeta un sourire volontairement outrancier à la femme.
- Larâ Elysis, je vous présente Raliâ, la future reine.
- tu n'as pas perdu de temps... siffla Larâ en croisant les bras dans une posture belliqueuse.
- enchantée de faire votre connaissance princesse Larâ , minauda - t - elle en ouvrant de grands yeux froids.
Au lieu de dire «  moi aussi », Larâ se contenta de jeter un coup d'½il entendu à Elysis qui hocha la tête.
- tu es très impolie commenta Lortiis, est-ce comme ça que tu accueilles ta nouvelle mère ?
- ce ne sera jamais ma mère, elle peut avoir tout le royaume à ses pieds, je ne ferais pas partie du lot.
Raliâ encaissa le choc en silence et se rapprocha de Lortiis, posant une main sur son bras.
- votre fille doit être fatiguée, mieux vaut... les laisser se reposer avec leurs petits amis.
Larâ voulu demander comment elle savait qu'il restait d'autres membres mais elle préféra regarder la femme avec tout le mépris qu'elle était en mesure d'afficher. La future reine l'observa attentivement, son visage lui était familier et elle savait très bien pourquoi. Larâ lui rendit son regard et elles s'affrontèrent quelques instants. Raliâ prit délicatement une tasse de thé sur le bureau du roi et la but le plus lentement possible. Illusion choisit ce moment pour sortir de l'ombre de la porte. Raliâ sursauta et renversa sa tasse sur le sol. Illusion parut intimidée puis son assurance revint et elle redressa le menton.
- bonjour mademoiselle, dit Raliâ narquoisement.
Celle-ci ne lui rendit pas son bonjour et se rapprocha des deux filles. Le sourire triomphant de Larâ acheva de faire un effet dévastateur sur Raliâ. Elle salua le roi et sortit de la pièce.
- père, si je suis revenue c'est pour vous annoncer que vous avez des traîtres dans le château, et nous avons toutes les raisons de croire que votre future femme, en est la dirigeante.

Il la regarda comme s'il ne la voyait pas vraiment et répondit
- absurde, Raliâ est une femme extraordinaire et tu devrais être ravi pour moi, retrouver une femme pour m'aider à diriger un royaume n'est pas évident !
- mais père, vous ne savez rien de cette femme ! Elle arrive et vous voulez la faire reine ! Elle est malfaisante, ce n'est qu'une vipère et je...
- Il suffit !! Tu n'es revenue que pour semer la discorde entre nous, cela est regrettable, tu me déçois Larâ.
Larâ baissa les yeux, les yeux menaçaient d'ouvrir les vannes. Une main réconfortante de son amie se posa sur ses épaules et elle ouvrit plusieurs fois la bouche sans trouver quelque chose à dire. Son père avait changé, il ne la reconnaissait plus en temps que sa fille bien aimée et ne jurait que par Raliâ.
- ou sont passées les années ou maman était avec nous, ou tout le royaume était fier d'avoir deux monarques si beaux et si puissants ? Ou est passé votre c½ur père, pourquoi avez-vous enlevé le portrait de ma mère, votre âme à - t - elle disparut entre les mains crochues et venimeuses de cette femme, vous étiez un grand chef, vos hommes vous vénéraient, ne voyez vous pas que tout bas de l'aile ? Tout le monde à peur, la mort plane au dessus de nos têtes, et vous préférez batifoler avec cette femme, ou est passée votre confiance en moi, en votre fille !! Je vous préviens que le château est infiltré, ils en parlent à Katûm et vous n'avez pas la présence d'esprit pour le voir !!
Lortiis la regarda et la gifla avec force. La jeune fille tomba au sol. Elle mit la main sur sa joue écarlate et leva ses yeux baignés vers son père. Il ne fit rien pour s'excuser et lui dit
- tu ne mérites plus d'accéder au trône, tu peux t'en aller de ce château.
Elle lui jeta un dernier regard et après avoir dit
- très bien.
Elle sortit du bureau avec Elysis et Illusion qui étaient choquées devant la conduite du roi. Elles retrouvèrent Opra à la bibliothèque alors que la jeune fille était enfouie sous une pile de livres. Elle émergea juste a temps pour voir Larâ éclater en sanglots. Entourée de la compréhension de ses amies elle demanda à un serviteur qui rangeait les parchemins d'aller chercher Nalio et Mortôs. Pour tenter de distraire Larâ, Opra lui montra les livres qu'elle lisait mais la jeune fille continuait de pleurer. Quand les deux garçons arrivèrent dans la salle aux lumières tamisées, ils virent Larâ en larmes dans les bras d'Elysis. Nalio s'approcha, le sourire qu'il affichait auparavant avait disparu et quand Larâ se serra contre lui il se contenta de lui caresser les cheveux en lui murmurant des paroles réconfortantes pendant que ses amis lui jetaient des regards impuissants. Une servante choisit ce moment pour faire irruption dans la bibliothèque. Elle tenait un parchemin à la main et se tourna vers Larâ.
- vous êtes conviée au repas ce soir en compagnie du roi et de la future reine, vos amis également. Le roi me fait dire que vous devez partir le lendemain dans l'après midi car il ne pourra pas s'occuper de vous en raison des préparatifs du couronnement.

Elle s'en alla une fois son message transmit. Ils remontèrent tristement dans les chambres pour s'habiller et quand l'heure du repas retentit à la grande horloge, ils allèrent dans la salle ou les dîners importants avaient lieu. Un bon nombre de personnes était déjà présent et tous levèrent les yeux vers eux. Ne s'attendant probablement pas à la présence de la fille de Lortiis, ils se contentèrent de les suivre du regard pendant que Larâ et Elysis allaient s'asseoir à proximité du roi. Raliâ arriva après tout le monde, soucieuse de faire son effet, elle avait endossée une robe noire magnifique qui ne la rendait que plus dangereuse. Elle demanda à Elysis d'aller plus loin, sous prétexte qu'elle n'était pas de sang royal et s'installa à sa place prés de Larâ à son grand déplaisir. Le roi avait assisté à la scène et avait l'air de trouver ça normal. Il avait vieilli, songea sa fille, ses yeux reflétaient une fatigue immense, trop de pouvoir et peu d'occasion d'agir, mais il y a avait quelque chose qui inquiétait beaucoup Larâ quand elle observait son père à la dérobée. Il n'était plus lui-même, comme dans ses rêves, et ne prenait part à aucune discussion de la table malgré les sollicitations des courtisans. Raliâ lui tendit un verre et Larâ aurait voulu lui enlever des mains, elle n'avait pas confiance. La jeune fille écarta sa chaise de celle de sa future belle mère et adressa un message mental à ses amis, peu habitués à ce genre de communication.
- ne buvez aucun des verres.
Lortiis avala le contenu du verre sans respirer, et son regard se fit encore plus flou. Larâ se tourna vers Raliâ
- qu'avez-vous mis dans le verre ?
- mais rien très chère fille, votre père à un goût prononcé pour les boissons fortes, ce verre en est rempli.
Larâ ne toucha pas au contenu de son assiette en s'arrangeant pour que Raliâ le voit bien.
- vous n'avez pas faim princesse, ce n'est pas raisonnable, tenez, prenez un de ces verres de sang de lycan, je crois savoir que vous en avez quelques uns ici, chez nous, ils pullulent dans les campagnes
Prise d'une soudaine intuition Larâ afficha un grand sourire et porta le verre à ses lèvres en faisant semblant de boire, elle le reposa vide grâce à sa magie et demanda d'une voix mielleuse à la future reine
- aurais-je l'honneur de savoir d'où vous venez ?
- Jeitorh, c'est une ville admirable, ou les Lycans sont très appréciés, vous pouvez me croire, nous faisons le meilleur vin de ces charmantes créatures, et personne ne s'en est jamais plaint.
Larâ la fixa dans ses yeux verts et ressentit soudain une douleur aigue à l'ancienne morsure du loup. Manifestement satisfaite Raliâ lui dit à voix basse en vérifiant que personne ne puisse l'entendre
- ça fait mal n'Est-ce pas ?

Elle reporta son attention sur les nobles qui désiraient entretenir une conversation avec elle, laissant Larâ dans une peur sans nom. La jeune fille n'essaya plus de lui arracher des informations, préférant prétexter un mal de ventre pour sortir de table. Ses amis la rejoignirent peu de temps après. Le château était désert à cette heure de repas, même les serviteurs dînaient en cuisine. Ils purent donc s'installer dans la salle d'entraînement d'où personne ne pouvait saisir leur discussion.
- il n'y a aucun doute, c'est elle, elle sait que j'ai été mordue, tout ce qu'elle veut c'est ma mort je le sens mais elle a laissé échapper un indice sans le vouloir quand elle était trop occupée à se vanter, elle vient de Jeitorh et selon elle, les Lycans y sont très appréciés.
- il nous faut donc y aller ? Demanda Opra
Larâ s'assit souplement au sol et se prit la tête dans les mains
- je ne sais plus, notre quête tourne en rond, j'ai peur de vous avoir réunis pour rien.
- la quête est une des choses les plus belles qu'ils me sont arrivées, alors qu'elle tourne en rond n'est pas mon problème lui répondit Nalio
Mortôs approuva avant de répondre
- je suis un nécromant, la mort ne m'appelle pas tous les jours pour faire d'agréables petites missions tu sais, et qui plus est, je n'ai jamais eu d'amis car les Nécromants sont fuis comme la peste.
- et moi mon monde à beau me manquer, je sens que mon destin est lié à cet endroit, je ne t'abandonnerai pas Larâ. Dit à son tour Elysis
- je ne suis qu'une guérisseuse dans un château ou il y en a beaucoup, je n'ai jamais eu d'importance, et avec vous mes dons vont servir à quelque chose autre que de préparer des tisanes, je reste aussi, déclara Opra d'une voix émue.
Illusion se contenta de sourire ce qui fut une des plus belles déclarations. Touchée par ces déclarations Larâ eut un relent de courage et se leva pour aller dans le fond de la salle. Elle ouvrit de grandes armoires et sortit 6 sabres au tranchant aiguisé qu'elle tendit à ses amis.
- pour demain quand nous partirons, je sens que notre voyage sera agité et nos armes sont trop abîmées. Se contenta-t-elle de leur dire.

Ils allèrent dans la bibliothèque pour aider Opra qui cherchait des livres sur les Lycans et les plantes. Elle soutenait qu'il valait mieux qu'elle se renseigne plus sur les risques qu'ils allaient courir avant de se lancer à l'aveuglette. Quand ils repartirent dans leur chambre, Opra disparaissait sous une montagne de livres épais à la couverture en cuir relié. Ils s'installèrent, le manque de lit contraignant les deux garçons à dormir au sol dans des couvertures et bien après que le bruit caractéristique des respirations s'installa, une bougie éclairait encore le coin de la pièce ou Opra lisait à toute vitesse les lignes écrites à la plume.

sur la photo le désert Cariss
chapitre 12
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# Posté le vendredi 11 janvier 2008 12:03