chapitre 13

13


Le lendemain matin, ils déjeunèrent rapidement, surveillant chaque plat et son contenu et allèrent voir leurs chevaux. Ils n'avaient subis aucun dommage mais avaient été placés à l'écart des autres. Quierzy hennit doucement à l'approche de Larâ qui lui flatta l'encolure. Opra caressa le museau soyeux de son jeune entier et L'étalon noir piaffa devant Nalio. Les autres s'éloignèrent un peu, préférant observer la complicité de l'échange entre les deux êtres. Le soleil faisait briller ses rayons et la cour était baignée d'une agréable lumière. Même l'hiver ne parvenait pas à refroidir la vue. Les serviteurs s'écartaient du chemin de Larâ qui ne leur prêtait aucune attention. Dommage, car elle aurait lu l'espoir dans leurs yeux. Le temps passa à une vitesse incroyable et bientôt un homme que la jeune fille ne connaissait pas vint à leur rencontre dans l'écurie.
- bonjour, je suis Vitkôr, le conseiller de madame la future reine de Tradislor, elle m'a prié de vous accompagner à l'extérieur du château.
- et nos affaires ?? Demanda Larâ avec agressivité.
- elles vous attendent aux portes.
Ils se mirent à cheval, et sous le regard hypocrite du conseiller, sortirent du château. Larâ doutait de revoir un jour son père. Ils traversèrent la ville déserte, le bruis des sabots percutant les dalles les accompagnèrent et deux serviteurs leur tendit des sacs légers aux portes de la ville. Ils s'élancèrent au galop, pressés de quitter cet abominable endroit. Elysis songea qu'ils étaient devenus une troupe de cavaliers solitaires, sans règles ni limites, mais ils n'en restaient pas moins une troupe. Le voyage durerait approximativement 5 jours s'il n'y avait pas de problèmes avait dit Larâ, mais l'absence de Lukâs qui avait décidé de rester au château, leur faisait ressentir un goût d'insécurité. Un ancien garde connaissant tous les lieux et coutumes aurait été bien utile. La nuit tomba, dans une routine insupportable ils montèrent le camp et mangèrent de légères victuailles que Nalio avait volé aux cuisines. Les chevaux avaient pris leur rythme et se serrèrent les uns contre les autres pour dormir. Leurs humains avaient plus de mal à fermer l'½il. Larâ avait même la désagréable sensation d'être suivie, mais pour ne pas inquiéter ses amis avec ce qu'elle croyait être une de ses affabulations, elle garda le silence. La jeune fille s'endormit après les autres, serrant dans sa mains un médaillon que son père lui avait donné, et qui lui permettait aussi de voyager entre les mondes, quand elle avait seulement 8 ans à la mort de sa mère en lui disant ces mots
- si un jour tu as besoin de moi, le médaillon saura me trouver, garde le, il est très précieux.
Ce jour était arrivé, mais le médaillon restait silencieux.
Une matinée brumeuse se leva sur le campement. De la gelée humide avait mouillé toutes leurs affaires. Larâ ronchonna longtemps jusqu'à ce qu'Opra à bout de nerfs les rangea précipitamment dans un sac en signifiant clairement que ce n'était pas la peine d'en faire temps. Nalio avait mal dormi et ne dit bonjour à personne, trop occupé à brosser son étalon. Elysis s'était isolée avec la nature et ne répondait à aucun appel des autres. Illusion était au milieu de ce bazar et éteignait le feu en rangeant ce qu'il restait de leurs affaires. Ils repartirent dans un silence tendu. Larâ continuait de se retourner fréquemment avec cette sensation de pistage. Le paysage devenait humide, des mares se firent plus fréquente et au bout d'un moment, un véritable marais prit naissance sous leurs pieds avant qu'ils ne songent à faire demi tour. Un brouillard épais les entourait, le sol était boueux, les herbes hautes, enlevant toute visibilité. Les chevaux humaient l'air et trébuchaient dans l'eau ou ils s'enfonçaient jusqu'aux genoux. Choisissant un chemin sur une terre, au milieu des touffes d'herbes les cavaliers commençaient à perdre leurs repaires. Un sifflement retentit dans l'eau. Avant que tout le monde puisse voir d'où il provenait, une flèche jaillit, visée par Elysis et le serpent coula. Ils s'arrêtèrent, ne voyant plus rien devant eux. Résignés, ils battirent le camp moins de deux heures après l'avoir plié. L'air était humide, et l'odeur désagréable sans qu'on puisse deviner pourquoi. Il n'était pas question de trouver à manger ici, et ils se contentèrent de manger les restes de leur repas. Ils allumèrent trois feux pour éclairer les alentours mais ne voyais qu'à 5 mètres. Ils finirent par s'endormir à même le sol, au bord de l'eau sombre. Larâ se réveilla en sursaut. Elle avait rêvé qu'Opra l'appelait à l'aide. La jeune fille regarda autour d'elle, comptant ses amis. Opra n'était plus la. Elle voulut réveiller les autres mais des silhouettes au loin attirèrent son attention. Si c'était les kidnappeurs de son amie, elle aurait tôt fait de les rattraper seule, elle serait plus discrète. Sans faire de bruits, elle attrapa une épée, et les suivit. Le bruit, même discret, des kidnappeurs, la laissait les suivre facilement. Elle évitait l'eau qui clapotait, et préférait marcher sur les touffes d'herbes. Elle se rapprocha rapidement d'eux et les distinguait nettement. Ils avaient pris Opra. ,Larâ ne doutait pas un instant qu'ils l'avaient confondu et que leur véritable mission était de la prendre à elle. La jeune fille se tassa au sol car ils s'étaient arrêtés. Opra était bâillonnée et avait les mains attachées. 4 hommes l'entouraient et jetaient des regards furtifs autour d'eux. Larâ s'avança un peu plus vers eux. Un homme du prendre conscience de sa présence car il leva brusquement la tête. Sans savoir comment cela lui arriva, Larâ se retrouva paralysée, impossible de bouger pendant que les 4 hommes venaient vers elle avec Opra.
- qui c'est celle la ! Une amie à toi ? Demanda un homme grand et délié, dont le visage était caché par une cagoule.
Opra hocha la tête en signe de négation.
- tu es sure ??
Elle hocha la tête, affirmativement cette fois. Un homme s'approcha de Larâ, elle sentit une corde se lasser autour de ses poignets.
- tu nous suis petite peste ? Tu veux qu'on te tue ?
Larâ tenta d'utiliser sa magie mais elle ne pouvait toujours pas.
Visiblement content du silence de la jeune fille, l'homme qui lui parlait leva la main et la frappa, une fois, deux fois, trois fois. Larâ voulut crier mais son corps continua de s'écrouler au sol sans réactions. C'était lâche, injuste, et cruel. Une autre homme l'arrêta et lui dit
- laisse la, elle est seule ici, ça n'en vaut pas la peine.
Son agresseur la regarda encore un peu et lui cracha au visage. Opra était horrifiée, elle tremblait dans les bras de ses kidnappeurs. Si elle parlait, ils la tuerait, si elle ne disait rien, Larâ penserait qu'elle n'était qu'une traître. Elle baissa les yeux et les hommes s'en allèrent en laissant Larâ au sol. Une heure plus tard, tous les autres étaient levés, ils regardèrent autour d'eux, encore baignés de sommeil et se rendirent compte de la disparition de Larâ et d'Opra. Elysis fut la première à brandir son arc et Nalio son épée. Ils n'attendirent pas les deux autres, persuadés que si les deux filles avaient disparu sans prévenir, ce n'était pas normal. Elysis se mit à courir, sentant qu'il était arrivé quelque chose, le marais l'aida, le brouillard se dissipa, leur montrant la route sure, et des petites flammes naissaient sur les touffes d'herbe éclairant ainsi leur chemin. Nalio respirait bruyamment, inquiet il guettait les alentours, cherchant désespérément les deux filles des yeux. Illusion et Mortôs avaient fini par les rejoindre et cherchaient eux aussi. Ce fut Elysis qui tomba littéralement sur le corps de Larâ, pétrifié mais dont les yeux brillaient toujours, en larme. Elle se releva en poussant un cri. Les autres accoururent. Larâ avait un bleu au visage sous l'½il droit, sa lèvre saignait et elle était immobile sur le sol boueux. Nalio se baissa pour lui toucher le visage
- elle est glacée... souffla-t-il.
Mortôs le poussa délicatement et l'examina, la palpa avec attention
- elle a été immobilisé par un sort étrange, je ne perçois pas l'émanation du pouvoir, mais elle n'est pas en danger de mort, ce sortilège s'est contenté de paralyser ses muscles et son cerveau.
- parles clairement s'il te plait ! Implora Nalio
- en d'autres termes, je ne sais pas ce qu'il faut faire pour la rendre à nouveau mobile, et je ne sais pas ou le sort l'a touché en premier, si je le savais ça m'aiderai.
Elysis s'éloigna pour pleurer, Opra avait disparu, et l'agressivité de ses kidnappeurs ne faisaient aucun doute, Larâ était comme morte et ils se retrouvaient perdus dans un marais. Ils déplacèrent Larâ et la mirent sur une couverture. Ses yeux brillaient de larmes, mais elle ne bougeait pas. Mortôs se passait une main tremblante sur le visage et sortit des tubes de sa veste. Tous contenaient un liquide gluant et de couleur différente. Il avait l'air songeur.
- Ce qui pourrait la sortir de son immobilité dans mes pouvoirs, sont des poisons violents qui attaqueraient ses défenses, mais comme elle est paralysée, les poisons ne devraient en principe que ronger ce sort sans toucher ses fonctions vitales, je n'ai encore jamais pratiqué ceci mais je connais très bien les effets et les réactions
- Est-ce que ça peut la tuer ? Demanda Elysis.
- si je dose trop lourdement, oui... mais en y allant doucement et en lui donnant des petites doses au fur et a mesure toute les deux heures, elle devrait revenir à elle dans... 5 heures... voire 6.
- il y a quoi la dedans ? Le questionna Nalio qui restait méfiant
- du sang de lycan, de plantes venimeuses, certains contiennent une essence de mort, et d'autres encore du venin de Tifts.
- et tu soutiens qu'elle pourra vivre avec un truc comme ça ?? S'écria Illusion stupéfaite
- oui, je ne le proposerai pas si c'était impossible, Larâ est forte, elle peut combattre facilement le venin, mais il faudra que je l'aide.
Ils se consultèrent tous du regard, accablés. La mort était proche pour Larâ avec ces remèdes mais la vie également. Ce fut Nalio, qui, retenant ses larmes parla le premier au nom de tous
- ok vas - y mais je t'en supplie, ne la laisse pas mourir mon frère... sans elle, tout est finit...
Mortôs le serra dans un maladroit amour viril et se pencha vers la jeune fille. Il ausculta ses coups, chercha quel poison conviendrait le mieux et finit par opter pour le venin de Tift, le plus puissant. Il lui ouvrit délicatement la bouche et en versa 5 gouttes, pas une de plus. La sueur perlait sur son front pendant qu'il s'appliquait à ne pas en mettre trop. Tout le monde retenait son souffle. Il lui referma la mâchoire et rangea la fiole de poison. Ils attendirent les manifestations de Larâ. Elles ne tardèrent pas. La jeune fille crispa les mâchoires et son corps se souleva, se convulsa sur le sol, le dos cambré. Elysis voulut se précipiter sur elle mais Mortôs l'agrippa fermement et la tint contre lui. Elle pleurait, criait le nom de son amie, elle la voyait mourir. Alors que Larâ n'était plus qu'un vulgaire pantin entre les mains de la Mort, tous ses amis pleuraient, convaincus de sa mort sauf Mortôs. Il s'était attendu à de pareilles réactions, certes moins violentes. Le corps de Larâ s'apaisa brusquement et elle se mit à respirer très faiblement. Mortôs laissa Elysis aller la voir. Son amie lui prit la main et lui rabattit la couverture sur le ventre. Nalio s'était éloigné, lors de ses convulsions, il ne pouvait pas la voir comme ça, à présent il préférait pleurer à l'écart. Il n'avait jamais pleuré, même pour la mort de son père, mais il mettait ça sur le compte de son amitié pour Larâ et la fatigue du voyage. Il retourna avec les autres, Larâ dormait, Elysis était prés d'elle, Mortôs était plongé dans sa veste aux poches multiples et Illusion se tenait la tête entre les mains. Les chevaux les avait rejoints et tentaient tant bien que mal de s'allonger sur le sol mou. Ils mangèrent des racines que Mortôs était allé cueillir dans le marais sinistre et le silence revint sur eux. Mortôs attrapa à nouveau la fiole et s'approcha de Larâ. Il répéta le manège, essayant de ne pas trembler. Elysis l'admirait, sa beauté et son courage tout entiers la prenaient. Il avait vingt ans mais en versant le poison en paraissait 15 de plus tant cela l'accablait. Son corps mat avait pris du muscle depuis le début de leur aventure et Elysis avait suivi discrètement sa progression au sein du groupe. Nalio n'était pas pareil, il était plus grand que Mortôs et ses cheveux noirs contrastaient avec ceux , châtains de son frère. Nalio était exubérant, un brin moqueur et avait la maturité d'un adolescent, néanmoins Larâ l'inquiétait tellement qu'il ne parlait plus du tout. Mortôs avait toujours un sourire moqueur aux lèvres et semblait réfléchir tout le temps à toute vitesse, Elysis l'avait remarqué, de même que le regard qu'il posait sur elle quand il était persuadé qu'elle ne le voyait pas. Elel sortit de ses pensées en voyant Larâ reprendre ses convulsions. Elle cria. Sa voix s'était libérée et son hurlement retentit dans tout le marais, elle cria le nom d'Opra un moment puis celui de tous ses amis. Nalio en entendant son nom se leva d'un bond, les mains sur les tempes, il cria à son frère
- arrête de lui donner ça!! , ARRETES !! LARA !!
Il donna un coup de pied sur un sac qui vola plus loin. Mortôs l'attrapa et l'emmena plus loin laissant Elysis et Illusion seules devant Larâ qui hurlait toujours comme si son corps se séparait en deux. Elle finit par s'apaiser brusquement et replongea dans un sommeil agité. Un peu plus loin Nalio laisser libre cours à sa colère
- tu es en train de la tuer Mortôs je t'en supplie dis moi que ça va prendre fin !!!
- oui ne t'inquiètes pas, elle ne mourra pas, elle peut parler maintenant, Larâ va revenir...
- je ne peux pas rester la à la voir comme ça !! Je dois retrouver ceux qui lui ont fait ça et qui ont Opra !! Elle aussi il faut l'aider !!!!
- ils sont sûrement déjà loin et tu le sais Nalio, il faut attendre...
Nalio agrippa l'épaule de son frère et lui murmura à l'oreille
- sauve la
C'était comme une menace et Mortôs hocha la tête. Ils retournèrent au camp ou les deux filles préparaient les couvertures pour dormir. Seul Mortôs ne se coucha pas , gardant un ½il sur Larâ. Elle devrait revenir à elle dans deux heures et il tenait à être réveillé. Pendant que les autres sombraient dans le sommeil, il entreprit de vérifier le contenu de ses fioles. Il lui faudrait cueillir des feuilles de Tindouf une plante rouge avec des points noirs qui permettait de guérir toutes sortes de morsures, elle poussait surtout dans les montagnes et il doutait sérieusement d'y aller prochainement. Opra leur manquait, et il s'inquiétait beaucoup de son sort. Il se demanda ou elle pouvait être. Il observa le ciel qui s'était dégagé et les étoiles affluaient particulièrement. Tout était trop calme vu ce qu'ils vivaient et il entendit un bruit de respiration. Larâ se tordait dans tous les sens. Les autres se réveillèrent précipitamment. Leur amie hoquetait, elle cherchait son souffle et finit par ouvrir de grands yeux vides. Sa respiration s'arrêta. Quand Mortôs se précipita pour lui toucher le cou et prendre son pouls il ne sentit rien. Larâ était morte.


sur la photo la ville Raston
chapitre 13
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# Posté le vendredi 11 janvier 2008 12:07

chapitre 14

14

Des cris et des sanglots s'élevèrent dans la nuit. Nalio la prit dans ses bras en criant son nom. Mortôs essuya ses larmes et Elysis se tenait prostrée au sol en larme. Ses larmes rentrèrent dans la terre humide. Un grondement se fit sentir, tous s'arrêtèrent pour fixer le sol. La boue se souleva, s'écarta, Larâ commença à s'enfoncer. Ils voulurent tous la retenir mais elle leur glissait dans les mains. Plus elle s'enfonçait plus le grondement s'intensifiait, l'eau du marais recouvrait le corps de la jeune fille qui était allongé au bord de la rive quelques instants auparavant. Ils glissèrent dans la boue et le corps de leur amie disparut. Illusion cria de peur et chercha désespérément Larâ, elle ne pouvait pas avoir disparut comme ça. Nalio se redressa, son visage sans couleur subitement ruisselant de larmes.
- tu l'as tué !!! Vas - t-en !! Cracha - t -il au visage de son frère
- non, je suis ton frère, tu as le droit de m'en vouloir mais ...
- tu n'es pas mon frère ! Tu l'as tué comment tu oses nous regarder en face après nous avoir juré qu'elle vivrait !!!!
Mortôs acquiesça lentement et sans un mot attrapa son sac, son cheval et s'en alla. Elysis le suivit des yeux en pleurant. Elle ne voulait pas qu'il parte même si elle lui en voulait, son amie était morte, celle pour qui elle se serait battu dans ce monde inhospitalier, celle en qui elle avait toute confiance, et elle préféra caresser l'encolure de l'étalon qui soufflait toujours face à la mare de boue qui s'était répandu et la disparition de sa maîtresse. En voyant Illusion et Nalio ranger lentement leurs affaires elle s'exclama
- qu'Est-ce que vous faites ?
- on s'en va, ça ne sert à rien de rester ici... lui répondit Nalio la voix éteinte.
- NON !!
Ils la regardèrent surpris et s'arrêtèrent immobile.
- je sais qu'il faut encore un peu rester ici, je le sens au fond de moi, faites moi confiance je vous en prie... et il fait encore nuit !!
Sans un mot Nalio s'écroula au sol et croisa les bras. Illusion reposa ce qu'elle tenait dans ses mains et resta debout, fixant l'endroit ou Larâ était morte.
Il s'écoula trois heures passées dans un silence mortel, sans rien d'autre que le bruit des chevaux qui s'ébrouaient de temps en temps. Elysis somnolait. Elle se mit à rêver. Larâ venait vers elle dans son rêve, elles se trouvaient dans la clairière ou elles étaient arrivées au tout début, Larâ se mettait à courir et Elysis la suivit, affolée de la perdre. Le paysage se modifia pour laisser place au marais. Larâ la regarda et sourit, elle s'enfonça dans l'eau du marais, Elysis voulut crier pour lui dire de revenir mais aucun son ne sortait de sa gorge. Larâ était à mi-taille dans l'eau sombre et lui montra la direction de l'ouest, droit vers Jeitorh, puis elle coula. Elysis se réveilla en sursaut. À cet instant l'eau émit un bruit de succion. La surface s'agita, de petite vague apparurent. Les autres guettaient ce changement de situation avec surprise. Elysis sentit son instinct lui dicter de s'approcher. Elle mit les pieds dans l'eau et scruta le fond. Son estomac se souleva en apercevant Larâ couchée sur le sol de l'eau. Elle l'attrapa et la tira hors de l'eau. La jeune fille toussa plusieurs fois et se mit à respirer. Le marais l'avait sauvé. Nalio se précipita et sans tenir compte de la nudité de Larâ, l'aida à sortir de l'eau avec Elysis pendant qu'illusion se hâtait d'allumer un feu et de sortir des couvertures de leurs sacs. Ils s'installèrent autour du feu et Larâ les dévora des yeux, elle pensait les avoir perdus à jamais. Elle savait qu'Opra avait été enlevée mais elle chercha Mortôs des yeux. Répondant à sa question muette Nalio lui dit doucement
- il est partit, nous avons cru qu'il t'avait tué et je lui ai dit de s'en aller, c'était trop dur pour moi... j'ai paniqué quand il a dit que tu étais morte et je suis rentré dans une colère terrible.
Il avait l'air si bouleversé que Larâ ne pu s'empêcher de lui prendre la main avant de tourner les yeux vers Elysis qui essuyait ses larmes.
- nous allons lui dire de revenir, il ne m'a pas tué, ce n'était pas sa faute.
- qu'Est-ce qui s'est passé ? Demanda Illusion.
La jeune fille regarda mollement les flammes quelques instants mais aucun reflet ne se vit voir dans ses yeux noirs, elle semblait ailleurs. Elle finit par répondre ,
- je n'en sais rien, je suis partie ailleurs, dans un monde noir. Je ne voyais rien, je me sentais partir, séparée de mon corps qui était dans l'eau. Une voix m'a parlé, elle m'a dit que ma mort n'était pas encore pour maintenant, pourtant j'avais si mal que j'aurai voulu mourir sur le moment, la voix m'a enveloppé de partout, je volais ! S'écria-t-elle, oui !! Je volais dans un air autre que celui dans lequel nous vivons. Durant tout ce temps j'ai senti la présence d'Elysis avec moi, même dans la mort, elle était à mes côtés. C'est son pouvoir qui a convaincu la Vie de me reprendre. Tu sais, ajouta-t-elle en la regardant fixement, je pensais avant que ton pouvoir était certes fort et puissant mais qu'il était assez simple à comprendre ou que certains personnes dans ton monde avait un pouvoir identique, mais je me suis lourdement trompée, tu as un don incroyable !! Tu peux convaincre la mort de reculer ! Je te suis reconnaissante jusqu'à la mort, tu pourras me demander ce que tu veux.
- je ne te demanderais rien, tu es mon amie, mais si un jour je suis sur le point de mourir, reste avec moi.
- je te le jure.
Illusion se retourna, elle était trop émue pour garder la tête froide. Le soleil se levait lentement. Mais le brouillard qui avait repris rendait la lumière plus faible qu'elle n'aurait du l'être. Larâ était encore faible mais elle s'appliqua à contacter Mortôs. Quand il l'entendit mentalement il lâcha le bâton qu'il tenait à la main.
- Mortôs...
- Larâ ??? Tu es vivante ??
- oui c'est long à expliquer, reviens avec nous
- non j'ai failli te tuer, je ne mérite pas votre compagnie, Nalio m'a dit la vérité
- non ! Nous avons besoin de toi, Nalio était énervé, tout le monde veut te voir, Elytis à besoin de toi Mortôs.
- j'arrive au marais...
Le sourire de Larâ rassura les autres sur le choix de Mortôs. Seul Nalio paraissait plutôt gêné et ne quittait plus la jeune fille des yeux. Les chevaux qui étaient partis manger plus loin revinrent couverts de boue. Un pansage rapide les débarrassa de leur poussière et ils attendirent Mortôs. Elysis tournait en rond, elle jetait de fréquents coups d'½il dans toutes les direction et quand ils entendirent un bruit un peu plus loin, elle se redressa en alerte. La silhouette fine de Mortôs apparu dans un rayon de lumière et personne ne pu le voir plus longtemps car Elysis lui sauta dans les bras. Sans se soucier de tous les regards posés sur eux, Elysis l'embrassa, trop heureuse de le revoir pour s'intéresser au sourire gentiment moqueur de Larâ. Au bout d'un moment Mortôs se dégagea, rougit de ce débordement de sentiments et se tourna vers les autres. Il leur dit d'une voix faible
- je suis désolé.
Son regard allait surtout sur son frère qui se leva lentement. Il le regarda quelques instants, comme s'il le jugeait et lui répondit
- c'est rien vieux frère.
Ils s'enlacèrent en se donnant de petites tapes. Elysis pleurait d'émotion et préféra aller caresser les chevaux. Larâ se contenta de lui adresser un sourire éclatant, la main posée sur son c½ur. Illusion lui pressa le bras et s'éloigna. Le calme revenu Nalio posa la question la plus importante
- et Opra ?
- elle est à Jeitorh. Répondit simplement Elysis.
Larâ et elle échangèrent un regard entendu, elles se comprenaient. Lors de son rêve Larâ lui avait indiqué la voix à suivre et elle était persuadée que son petit voyage dans l'univers noir de la mort lui avait révélé des réponses. Ils mirent toutes leurs affaires sur les selles des chevaux, ne les chevauchant pas de risque de s'enfoncer dans la boue. Larâ qui était encore très fatiguée, marchait lentement mais luttait, elle refusait de monter sur un cheval. Ils marchèrent deux bonnes heures à travers un épais brouillard, ils trébuchèrent souvent mais les chevaux, qui avaient les pieds plus surs, marchaient la tête basse, flairant le sol soucieusement. Larâ se prit les pieds dans une racine et tomba à genoux. Nalio se précipita avec inquiétude. La jeune fille le repoussa doucement pour se relever.
- Nalio respire, se contenta - t - elle de lui dire en souriant.
Elle avait néanmoins mal à la cheville et repartit en boitant. Larâ du accepter que Nalio l'aide en la tenant par la taille. Elle se sentait trop vulnérable dans ce marais et un coup d'½il vers ses compagnons lui apprit qu'ils pensaient la même chose. Le marais s'effaça doucement pour laisser la place à une étendue herbeuse. Au loin ils pouvaient apercevoir une chaîne de montagnes. Alors que le ciel était d'un bleu limpide, le temps au dessus des montagnes semblait orageux et sinistre. La ville Jeitorh se trouvait sur des affleurements rocheux qui n'égalaient pas la taille des montagnes cependant. Elle semblait suspendue dans les airs, et leur promettait une belle escalade. Ils purent remonter à cheval et leur allure s'accéléra considérablement. Quierzy retrouva avec plaisir sa maîtresse qui répartit ses affaires pour ne pas la gêner. Le paysage était totalement dégagé et plat. Rien, même pas un arbre, juste la rivière qui sortait du marais. Ils la longèrent, laissant les chevaux retrouver la stabilité du sol et leurs cavaliers soufflèrent enfin. Ils avançaient rapidement mais après l'épreuve du marais, cela leur paraissait comme une agréable promenade. Le temps semblait ralentir, accentué encore par la similitude de l'étendue verte. Quand la nuit apparut, ils arrêtèrent leurs chevaux et montèrent le camp. Nalio paraissait inquiet.
- je trouve étrange que tout soit si calme, Mortôs toi qui voyage beaucoup, connais-tu cet endroit ?
- oui, mais je n'y suis jamais allé, un ancien ami Nécromant venait parfois par ici et il m'a dit que les Lycans vivaient en nombre.
Ils haussèrent tous les épaules d'un air fataliste. Devrait arriver ce qui les attendaient. Bientôt un grand feu illumina les alentours. Le bruit de la conversation ne tarda pas à s'élever. Larâ somnolait sur l'épaule de Nalio, laissant son esprit divaguer sur Opra. Son amie l'inquiétait beaucoup, elle l'imaginait prisonnière dans une cellule sombre et humide. Elle s'en voulait de les avoir retardé, mais elle morte, Est-ce que les autres seraient quand même aller la chercher ? Oui probablement. Elle s'endormit et se réveilla au beau milieu de la nuit dans la tente de Nalio emmitouflée dans les couvertures. Le temps d'hiver ne facilitait pas le sommeil. Le froid s'installait vite. Elle frissonna et cru entendre un cri étrangement familier. Elle se jeta dehors, espérant voir Opra, mais du admettre qu'elle avait été sujette à des hallucinations. Elle préféra aller voir les chevaux attachés. Une ballade nocturne la tentait bien mais elle ne voulait pas inquiéter ses compagnons. Elle se préparait à rentrer dans la tente quand elle vit Elysis prés du feu.
chapitre 14
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# Posté le vendredi 11 janvier 2008 12:10

chapitre 15

15

- alors on a des envies d'évasions ? Lui demanda celle-ci en souriant
Elle détachèrent la jument et l'étalon alezan sans bruits et Elysis posa sa barrette qu'elle avait toujours prés de Mortôs pour les rassurer sur leur santé en cas de réveil. Elle s'éloignèrent. La nuit avait beau être froide, l'absence de nuages dégageait le ciel d'encre. Des milliers d'étoiles s'étalaient devant leurs yeux fascinés. Elles galopèrent un moment, sans trop s'éloigner quand des cris retentirent dans la plaine. Un Lycan, monstrueusement musclé se débattait contre 6 hommes qui le tenaient chacun à une chaîne. Les deux filles s'arrêtèrent et Larâ parvint grâce à sa magie à repousser la lumière de la lune ailleurs que sur elles. Elles étaient invisibles pour les yeux des hommes. Larâ reconnut avec horreur l'homme qui l'avait frappée en enlevant Opra. Elle fut tentée de les tuer mais la présence du Lycan qui serait libre une fois ses dompteurs achevés la dissuada. Elysis était tendue aux aguets et fixait la scène avec un regard dégoûté. Deux des 6 hommes tenaient un fouet et le faisaient claquer sur le dos du Lycan. L'animal se retrouva subitement muselé.

Larâ sentit la présence d'un sorcier parmi eux. Raison de plus pour ne pas les surprendre bien qu'elle ne craignait que peu de monde. Le loup commença à fatiguer à force de lutter sans résultats. Larâ se mit à trembler, quand à Elysis elle eut soudain mal. Ses membres se raidissaient. Larâ la fit descendre sans bruits de cheval et la soutint. Elysis avait les mâchoires crispées et elle serrait les poings. Le loup muté s'écroula au sol, au même moment les jambes de son amie se plièrent et elle tomba au sol. Le loup gémit de douleur, la voix d'Elysis se joignit à la sienne. Larâ ne savait pas ce qu'il se passait, elle agrippa le poignet de son amie et regarda le petit groupe à une cinquantaine de mètres. Deux hommes avaient entendu le cri d'Elysis. Ils firent quelques gestes aux autres et s'avancèrent dans leur direction. Larâ détacha sa jument qu'elle savait assez intelligente pour les retrouver, elle souleva son amie et la fit asseoir sur le dos de l'étalon. Elle bondit sur le dos du cheval juste au moment ou les deux braconniers les virent. D'un coup de talon et d'un claquement sec de la langue elles s'élancèrent au grand galop. Elysis avait la tête qui ballottait et seule la force de Larâ la retenait sur le cheval. Elle se retourna. Les deux hommes s'étaient arrêtés. Sans cheval ils n'iraient pas loin. Les deux filles filèrent à leur camp ou elles retrouvèrent Quierzy qui les attendait les flancs trempés de sueur. Bien entendu les autres les attendaient autour du feu. Les deux garçons avaient un visage fermé et inquiet. Larâ aida Elysis pour descendre de son cheval et attendit que Mortôs la fit s'asseoir pour leur raconter ce qu'elles avaient vu. Comme elle s'y attendait ils eurent une mine horrifiée. Elle vola au dessus de la scène d'Elysis ne voulant pas inquiéter les autres. Elle venait de comprendre qu'Elysis en plus de son don avait une faculté, elle entrait en communication directe avec la nature et ses enfants. Même si ce genre de loup n'était pas entièrement naturels ils vivaient quand même dans la nature. Elle finit par leur dire à la fin de son récit alors que tout le monde la regardait
- à moins que vous ne vouliez qu'ils nous trouvent il faudrait peut être accélérer l'allure et partir non ?

Ils s'animèrent immédiatement. Elysis allait mieux mais continuait de se passer la main dans le dos au même endroit ou les braconniers avaient fouetté le Lycan. Ils se mirent rapidement en selle et reprirent le chemin à travers les plaines. Les hommes n'étaient plus la mais ils préférèrent ne pas ralentir. Larâ lança sa jument au galop, elle était en tête avec Mortôs et fut la première à trouver la piste qui menait à la ville. C'était une route de verre, un verre magnifique et transparent qui s'élevait dans les affleurements rocheux jusqu'à Jeitorh. Ils la suivirent pendant quelques heures parlant peu, trop occupés à observer les alentours. Un petit groupe de cavaliers arriva vers eux. Ils étaient trois mais leur puissance n'était pas à contredire. Larâ fit stopper la troupe et s'avança à leur rencontre. Un homme massif descendit de cheval et leva la main en guise de salut. Larâ fit de même. À cet instant l'homme commença à parler par gestes et la jeune fille écarquilla les yeux de surprise. Elle connaissait l'existence de ce peuple qui ne parlait pas sauf pour crier des ordres de guerre mais y être confronté était beaucoup plus surprenant. Nalio vint à son secours. Il parla lui aussi par geste et tous ses amis retinrent leur souffle.
- il dit que nous arrivons dans une période mouvementée dans cette région, nous sommes les bienvenus en tant que visiteurs mais il nous conseille de ne pas nous attarder trop la bas.
- dis lui que je suis un proche du roi de Raston intervint Larâ, mais ne révèle pas mon identité complète.
Nalio se tourna vers l'homme et fit jouer ses mains pour transmettre le message. celui-ci acquiesça en regardant Larâ et son regard se figea. Il sembla perdu dans ses pensées quelques instants et se mit à gesticuler rapidement
- il t'a reconnu, il me dit qu'en tant que fille du roi Lortiis tu peux rester ici, nous tes amis sommes les bienvenus aussi prés de toi, il dit que tu bénéficieras d'une protection.
- une protection ? Il y a tant de tueurs chez eux ?
Nalio haussa les épaules et adressa quelques gestes aux hommes.
- ils nous demandent de les suivre à la ville mais souvenez vous, on est la pour chercher Opra, on ne doit pas en faire trop.
- je n'aime pas leur façon de nous regarder, se contenta de dire Elysis.
Alors qu'ils reprenaient leur chevauchée derrière les guides Larâ se tourna vers Nalio
- ou as-tu appris à parler leur langue ? Ou plutôt leurs signes ?
- quand j'étais un assassin, des gens me confiaient régulièrement des missions et j'ai déjà eu affaire à quelques personnes de leur peuple.

La jeune fille comprit qu'il n'en dirait pas plus pour l'instant.
Bientôt les premières falaises apparurent devant eux. Impressionnantes elles provoquaient la mort par la moindre chute. La piste de verre empruntait un chemin sur le bord d'une falaise. Prenant bien soin de ne pas s'approcher trop du bord ils longèrent la piste avec précaution. Les chevaux, peu habitués à ce genre de route regardaient le vide sans réelle appréhension mais faisaient aussi bien attention ou ils posaient leurs sabots. Elysis se sentait très bien, elle regardait le vide sans crainte et aspirait l'air à grandes bouffées mais la transformation la plus surprenante était sans nul doute celle d'Illusion. La jeune fille qui était en queue de troupe et se tenait bien droite en selle pour contempler le paysage. Elle avait une joie peinte sur le visage et même l'étalon blanc qu'elle montait depuis son début, avait senti son enthousiasme et dressait les oreilles vers l'avant. Mortôs quand à lui avait le teint verdâtre, il fixait la piste sans détourner le regard. Larâ esquissa un sourire en voyant son ami en proie au vertige. Leurs guides, habitués à cette escapade avançaient d'une allure sure et un spectacle apparut sous leurs yeux à un tournant. La piste s'élevait dans les montagnes et en haut, comme suspendue dans les airs, une magnifique ville s'élevait dans les falaises, les roches et les montagnes.

Elle semblait irréelle comme crée par magie. Des tours s'élevaient directement dans le ciel et la piste de verre qui pénétrait beaucoup plus haut dans la ville se tortillait sinueuse comme un serpent. Bien qu'ils ne purent distinguer la ville dans sa totalité, l'immense falaise qui jaillissait de cette partie de la ville et tombait dans le vide brumeux leur fit éprouver un curieux sentiment d'humilité. Illusion était folle de joie, elle talonna d'avantage son cheval, et la piste s'élargissant vint se placer en tête à côté de Larâ.
- tu est d'ici n'Est-ce pas ? Lui demanda Larâ
- je t'ai déjà dis que j'étais orpheline mais avant que mon pouvoir ne se déclare complètement je vivais ici dans une modeste famille qui travaillait la pierre. C'est grâce à des gens comme eux que cette ville est si impressionnante.
- mais tu nous avais dit que tu n'avais pas de nom ! S'écria la jeune fille
- c'est la vérité, ils ne m'ont jamais trouvé un nom fixe, ici ce n'est pas comme dans les autres régions, les enfants sont livrés à eux même, cette famille, comme beaucoup d'autres, me fournissait un toit, de la nourriture, un minimum d'affection et c'est tout. Ils ne parlaient pas ma langue il faut dire, donc je ne pouvais pas vraiment converser avec eux.
Larâ se raidit de surprise et reporta son attention sur la piste. Il leur faudrait longtemps avant de parvenir à la majestueuse ville et elle en fut affreusement déçue. Surprenant son regard, un de leurs guides s'adressa en gestes et laissa Nalio leur traduire
- il dit que nous arriverons demain matin à la ville car nous allons passer la nuit dans les falaises, c'est sois disant plus sécurisant mais à en voir la tête de mon frère je me demande si nous n'aurions pas du rester sur la plaine des Lycans. Un grand éclat de rire se fit entendre et seuls les trois hommes qui n'avaient pas compris ne partagèrent pas leur rire. Mortôs fut le seul à ne pas rigoler et se renfrogna sur sa selle. Elysis s'approcha de lui, et essayant de ne pas rire, lui posa la main sur le bras avant de dire doucement
- ce n'est pas drôle mais tu n'as pas l'air d'apprécier l'altitude. Lui dit-elle d'un ton compatissant.

Il sourit et carra les épaules. Ils arrivèrent bientôt à une vaste corniche qui surplombait une scène défiant toute imagination. Le pays de Tradislor s'étendait sous leurs yeux, immense et inquiétant. Malheureusement depuis qu'ils avaient tourné, la ville n'était plus en vue. Les trois hommes allumèrent un feu en silence, dans un ordre quasi militaires. Les trois filles installèrent les couvertures et allèrent s'asseoir au bord de la corniche. Les pieds pendants dans le vide Elysis se sentait pousser des ailes. Ici elle se rapprochait de la nature avec ses hautes montagnes mais ne partageait pas l'enthousiasme de Larâ en voyant la ville. Au contraire elle sentait peser une menace sur les hautes tours. Elles regardèrent la nuit tomber et s'étendre sur le pays lentement puis mangèrent avec les autres. Tous s'endormirent rapidement, apaisés par la fraîcheur des falaises et seul un homme montait la garde. Les chevaux se reposaient contre une paroi à l'abri du vent.
chapitre 15

# Posté le lundi 14 janvier 2008 15:07

chapitre 16

16

Le lendemain matin, Illusion se réveilla la première, un homme différent était debout et elle avait du mal à comprendre la vigilance de leurs accompagnateurs. Tout était désert et rien ne semblait pouvoir les surprendre. Elle s'étira et décida d'explorer la corniche. À une vingtaine de mètres une petite cascade d'eau jaillissait d'une paroi rocheuse pour s'enfoncer dans un trou du sol. Elle se lava rapidement et leva les yeux sur la paroi rocheuse qui s'étendait au dessus d'elle. Rapidement et sans bruits, elle agrippa une prise puis une autre et commença son ascension. La montée était difficile et a part Nalio, elle ne connaissait personne qui pouvait la franchir avec elle. Ses doigts lâchaient, la laissant dans le vide seulement quelques secondes et s'agrippaient à nouveau à une exubérance de roche. En peu de temps elle fut à la moitié. Son regard lui apprit que le haut de l'ascension n'était pas loin, elle redoubla d'efforts et parvint à escalader les derniers mètres. Quand elle pu s'asseoir sur le bord du vide elle n'en revenait pas. À sa droite elle voyait la ville dans sa totalité qui était presque à la même hauteur qu'elle, et à sa gauche le paix entier apparaissait dans une clarté presque irréelle.

Elle contemplait tout ce qu'elle pouvait des yeux quand un sifflement retentit d'en bas. Elle regarda beaucoup plus bas et vit Larâ qui la regardait les bras sur les hanches. Grâce à son pouvoir, Illusion avait toujours eu la vision extrêmement perçante et elle voyait toutes les expressions de ses compagnons. Elle comprit le message qui signifiait clairement  «  c'est quand tu veux pour descendre ! » Illusion commença son mouvement pour descendre mais elle glissa sur une pierre et tomba dans le vide la tête la première. Alors qu'elle chutait de plus en plus vite elle entendit le cri d'Elysis, reprit par celui de Larâ. Elle s'attendit à sentir un choc qui mettrait fin à sa vie mais il ne vint pas. Elle ouvrit les yeux et se retrouva suspendue dans les airs à une vingtaine de mètres. En dessous d'elle elle vit Larâ et Elysis qui tenait leurs deux mains en l'air. Elles avaient le front plissé et retenait la chute de leur compagne par la seule force de la pensée. Illusion continuait de tomber mais très lentement. Elle finit par toucher le sol et les deux filles purent relâcher leur concentration. Larâ et Elysis ne s'était jamais concertées pour agir ensemble, elles avaient fait ça par instinct et même si leurs pouvoirs n'étaient pas identiques ils étaient manifestement compatibles. Elles tombèrent épuisées sur le sol, les trois hommes avaient assistés à la scène sans réactions et savaient maintenant le pouvoir qui émanait de cette étrange troupe. Larâ ne savait pas si c'était une bonne chose. Nalio se précipita pour aider Larâ à se relever tandis que Mortôs, inquiet, énervait Elytis la regarder sous tous les angles. Illusion tremblait encore de ce qui avait fallu lui arriver, elle devint invisible, redevint normale, disparut à nouveau, ce qui était signe d'un choc nerveux. Elle s'approcha des deux filles une fois calmée et leur dit au bord des larmes
- merci, j'ai failli y passer
- la prochaine fois que tu pars faire de l'escalade matinale, assure toi qu'on soit tous réveillés car je ne suis pas sure de pouvoir refaire ça en dormant n'est pas Elysis demanda Larâ en souriant.
La jeune fille hocha la tête et baissa les yeux d'un air gêné. Ils défirent le camp et repartirent à cheval. La ville n'était plus qu'à deux petites heures de chevauchée et l'impatience se fit sentir. Quand enfin les tours et le château se firent voir, ils accélèrent l'allure, mimant une joie énorme. Larâ gardait la tête froide et avait pris le soin d'attacher ses deux dagues autour de sa taille, elle souriait mais son instinct lui criait qu'Opra était ici. Les grandes portes en bois s'ouvrirent pour les laisser passer. Les chevaux furent placés dans de grandes écuries qui grouillaient de domestiques et un des trois hommes les escortèrent au château. Ce n'était pas la même ambiance qu'au palais de Larâ, ici, tout était très froid, uniquement de la pierre, le minimum de meubles requis et il n'y avait que peu de monde. Ils traversèrent des pièces toutes aussi vides et lugubres et rejoignirent une femme dans une grande pièce. Elle était assise sur un trône et mangeait du raisin. L'homme les laissa et Larâ s'avança d'une démarche forte.
- je suis Larâ la fille du roi Lortiis qui dirige ce pays, vous devez être la femme qui remplace Raliâ durant son absence ?
- c'est une remarque très pertinente, et exact à moitié, quand Raliâ épousera votre père, ce qui devrait arriver dans quatre petites semaines, je deviendrais la mairesse de cette ville. Je suis Ehouna

- enchantée pour vous alors, je venais pour vous demander si nous pouvions passer quelques jours dans votre formidable ville. Nous avons besoin d'une halte.
- bien sur princesse Larâ, autant que vous voulez, lui répondit-elle avec un sourire trop gentil pour être vrai. Je vais demander à des esclaves de vous montrer vos chambres
La jeune fille fut surprise, avait-elle bien entendu esclave ?
- ah je vois que vous avez des esclaves à votre service alors...
- des criminels, des voleurs, c'est une dette à payer. Mais je peux vous garantir que le fouet les a rendu très serviables.
- je n'en doute pas.
La femme se lova encore plus dans le trône et fit venir deux esclaves. Ils étaient maigres, sales et terriblement soumis. Elysis fit des yeux noirs en les voyant entrer. Elle s'avança vers eux et prit le poignet d'un d'entre eux.
- ils n'ont que la peau sur les os !!ce sont des squelettes ambulants !
- il se trouve que leur crime mérite un châtiment.
- pour avoir dérober un bout de pain par exemple ?
- je vous pris d'éxcuser mon amie, intervint Larâ sentant la tension monter, elle n'a pas l'habitude des m½urs de la cours et ne sait pas vraiment ce qu'elle dit.
- pas vraiment ? Demanda Ehouna, moi je pense qu'elle sait tout à fait ce qu'elle dit, et c'est pourquoi je souhaiterai entendre la suite.
- excusez moi madame, déclara Mortôs, nous avons fait un long voyage, la fatigue se fait sentir dans nos paroles, permettez nous de reprendre cette conversation plus tard ?

Ehouna hocha la tête en signe d'approbation et d'un geste de la main fit ouvrit la porte derrière eux. Larâ avait eu raison d'écouter ses soupçons, ce lieu regorgeait de magie, et elle n'était sure de son bon côté. Quand ils quittèrent la pièce, Ehouna se remit à manger le raisin et malgré son sourire, ses yeux restaient froid comme la glace. Quand ils furent seuls dans une immense chambre qui contenait 4 lits, Larâ s'exclama
- pourquoi ne pas lui faire remarquer quelle à une verrue sur le front tant que tu y étais !! Dit-elle à l'intention d'Elysis.
- tu vas me dire que ça ne t'as pas choqué ? Les os si saillants et leur tenue ??
- je n'ai pas dis ça, c'est juste que dorénavant tu feras plus attention à tes paroles, tu es dans un château ennemi et inconnu, on ne sait pas encore de quoi sont capables ces gens !!
- je voulais prendre leur défense !
- je le sais !! Mais tu ne peux pas te permettre de critiquer le système dont la ville est dirigée dés ton arrivée, c'est le meilleur moyen pour se faire des ennemis et je ne pense pas que cela soit indispensable.
- mais ... dit Elysis d'une voix vexée
Nalio l'interrompit.
- Larâ à raison, si elle n'avait pas été là avec Mortôs pour rectifier le tir, nous aurions été très mal à l'aise à cause de ta trop grande humanité !
- de toute façon Larâ peut dire toutes les bêtises possibles tu seras toujours d'accord avec elle, cracha-elle d'un ton méprisant avant de sortir de la pièce en claquant la porte.
- Illusion, appela Larâ, surveilles la et prends garde à ce qu'elle ne fasse pas d'autres impairs, moi et Nalio on va fouiller le château et Mortôs, trouves des alliés dans le château, vises surtout les guérisseurs et tout les gens qui s'en rapprochent mais ne leur dit pas que tu es nécromant entendu ?
Ils acquiescèrent tous et se dispersèrent. Larâ et Nalio se retrouvèrent seuls.
- tu sais pour ce qu'elle à dit... commença à déclarer le jeune homme
- n'en parlons plus ,elle était énervée, elle ne sait plus ce qu'elle dit...
Ils sortirent dans le couloir, un esclave passa par là, traînant une chaîne autour de ses pieds.
- excusez moi, pouvez vous me dire ou se trouve la bibliothèque ?
L'homme devait avoir une trentaine d'années mais en paraissait 20 de plus, il eut un regard apeuré et leur dit à voix basse
- vous êtes des ennemis pour eux ici, partez, votre présence est déjà révélée partout en ville c'est dangereux pour vous, partez vite ou sinon ils vous attraperont.
- qui ça ils ?

L'homme regarda autour de lui et les entraîna dans un couloir dans les étages ou personne ne pourrait les entendre.
- les hommes, du château, de mauvais sorciers, ils ont pris le pouvoir et brutalisent ou même tuent quiconque se met en travers, il se passe des choses terrifiantes ici, personne ne peut agir contre eux, ils savent qui vous êtes, vous princesse Larâ, c'est extrêmement dangereux de marcher dans cette ville, vous êtes en danger !
- pas tant que vous le croyez, dites nous ou est la bibliothèque je vous en prie. Et expliquez nous comment cela se fait -il que vous parliez notre langue !
- ce n'est pas à la bibliothèque que vous trouverez quelque chose, allez aux cachots, là, personne n'y a mis les pieds. Ils sont tout en bas dans le couloir qui s'engouffre au plus profond sous le château, je ne suis pas d'ici, alors je comprends très bien vos paroles...
Une voix de stentor retentit au bout du couloir
- esclave !! Arrêtes d'importuner ces invités ! Viens ici gros tas de mou !!
Il leva un fouet qu'il abattit sur le dos de l'homme qui les avait aidé. L'esclave s'écroula au sol en gémissant. Alors que le garde allait lever son fouet à nouveau il brandit à la place une saucisse. Ouvrant des yeux stupéfiés, il se gratta le menton et avant que son regard ne puisse se poser sur les deux jeunes gens, une casserole venue de nulle part vint frapper avec force le haut de son crâne. Il s'écroula au sol. Nalio prit soin de le bâillonner et le jeta dans un placard qu'il condamna. Larâ aida l'esclave à se relever et lui enleva ses chaînes d'un geste.
- vous allez vous cacher, disparaissez et sortez de la ville, vous êtes libre pour l'instant, profitez en pour vous enfuir. Cachez vous dans les montagnes et attendez nous, nous vous rejoindrons.
Il hocha la tête et partit en marchant rapidement
- et c'est toi qui voulais être discrète ? Répliqua Nalio d'une voix ironique

Elle se contenta de lui attraper le poignet et l'entraîna vers les sous sols du château, dévalant les escaliers. Des chandelles éclairèrent l'obscurité qui régnait sous terre. Ils se trouvaient dans un couloir aux nombreuses portes. Préférant s'enfoncer d'avantage encore, ils poursuivirent leur route et atterrirent dans une pièce qui semblait être une immense caverne avec des cellules de tous les côtés. Deux gardes gisaient inconscients sur le sol de roche et un mot avait été posé sur leur corps «  bonne chance », ne sachant quoi en penser, ils firent disparaître les corps et continuèrent leur exploration se sentant heureux d'avoir un allié. Quand Larâ regarda à l'intérieur des cellules, elle vit une chose horrible, des Lycans, enchaînés, drogués, sujets à de multiples expériences interdites. Il n'y avait que très peu d'hommes, tous à demi morts ou endormis. Quand Nalio poussa un sifflement perçant, la jeune fille le rejoignit en s'arrachant à la contemplation dégoûtée des monstres attachés. Opra gisait la, attachée au mur comme un pantin. Larâ s'exclama
- Opra !! Tu es ici ! J'en étais sûre, on va te sortir de la.
Son amie ouvrit de grands yeux fatigués et lui dit en la reconnaissant.
- non, je dois rester ici, s'ils ne me voient plus ici, ils vont savoir que vous êtes responsables de cette évasion et vous tueront ! Non, faites ce que vous avez à faire et venez me chercher à la fin quand vous devrez partir, sinon c'est trop risqué pour vous tous.
- nous n'allons pas te laisser ici ! Pas cette fois encore, je t'ai abandonné la dernière fois, la tu repars avec nous ! Déclara Larâ les larmes au bord des yeux.
- tu ne m'as pas abandonné Larâ, c'était le bon choix, faites ce que je vous dis, et n'éveillez pas les soupçons, je vous retrouve dans quelques jours.
Son amie commença à pleurer et s'agrippant à Nalio ils repartirent silencieusement laissant Opra dans les ténèbres. Quand les autres les rejoignirent dans la chambre, ils les trouvèrent enlacés, l'une pleurant, l'autre perdu dans ses sombres pensées. Personne ne songea à les déranger et ils parlèrent à voix basse dans un coin.
chapitre 16
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# Posté le lundi 18 février 2008 11:49

chapitre 17

17

Larâ et Nalio racontèrent ce qu'ils avaient vu dans les cachots y compris la présence d'Opra. Tous voulurent aller la chercher sur le champ mais Nalio répéta les paroles de leur amie emprisonnée. Larâ laissa échappée un sanglot, Elysis la réconfortât. Elle savait que son amie prenait sa pour un abandon envers Opra car elle ressentait la même chose. Ils étaient encore plongés dans une ébullition d'idée silencieuse quand une femme vint les chercher. S'était aussi une esclave mais son visage amaigri par la faim avait conservé toute sa fierté et les nombreux coups de fouet le démontraient encore. Illusion qui était partie chercher un livre la vit venir et laissa tomber l'ouvrage au sol. Elle sembla stupéfaite et sa surprise se transforma en larme. Elle se jeta dans les bras de l'esclave qui souriait tristement. Larâ comprit que c'était la femme qui l'avait élevée. Pendant que la vieille femme lui caressait les cheveux lentement, Illusion pleurait à chaudes larmes. Les autres respectèrent l'émotion du moment en s'éloignant hors de la chambre. Ils trouvèrent la salle de repas et s'installèrent prés d'Ehouna qui leur sourit mielleusement. Des esclaves emmenèrent bientôt de succulents plats ainsi que, comme le redoutaient les invités, de la viande de Lycan. L'aspect était plutôt agréable, mais l'odeur était très forte et la viande particulièrement sanglante. La remplaçante de la mairesse regarda leur petite troupe et déclara d'une voix enjouée
- il me semble que vous étiez plus nombreux non ?
- oui vous avez raison, notre amie ne se sent pas bien, la route ne lui a pas réussie et elle compte rester dans sa chambre ce soir
- elle ne nous rejoindra donc pas ? Voulez vous que je lui fasse envoyer un repas ?
- cela ne sera pas nécessaire, je vais prendre ça, dit elle en saisissant une assiette de légumes ressemblant à des pommes de terre, et ça, elle se saisit d'une cruche d'eau. Je reviens tout de suite finit-elle par dire à l'assemblée.

Sous tous les regards, elle se leva avec la nourriture et l'eau et partit en direction de leur chambre. La femme parlait avec des gestes à Illusion les larmes au bord des yeux et sursauta en entendant Larâ rentrer.
- ce n'est que moi, Illusion j'ai dis à Ehouna que tu étais malade il vaut mieux que tu manges ici avec ta mère adoptive, n'attirez pas l'attention.
Son amie la remercia silencieusement, trop émue pour prononcer de simples mots. Larâ observa la femme maigre et poussa l'assiette vers elle, il y en avait largement assez pour deux. L'esclave baissa les yeux d'un air soumis et fit de grands gestes. Larâ comprit que c'était sa manière de refuser.
- que s'est-il passé ? Demanda Larâ à Illusion.
- j'ai réussi à comprendre quelques paroles, visiblement, elle n'avait pas réparé un mur du palais à tant et quand ils sont venus pour lui faire payer une amende, son mari s'est interposé disant qu'ils n'avaient pas d'argent. Ils ont voulu l'emmener et elle a tenté de les en empêcher mais comme rien de marchait elle à utilisé ses dons et ici c'est interdit.
- ses dons ?
- oui tu dois connaître le dons de ces habitants non ?
- Est-ce que tu parles de celui qui hypnotise des victimes pour leur faire faire n'importe quoi ?
- oui enfin bref, des soldats sont venus et ils l'ont transformé en esclave.
- qu'est devenu son mari ?
- je n'ai pas réussi à comprendre mais je pense qu'il doit être mort car quand elle tentait de m'expliquer, elle pleurait en même temps.
- je dois retourner la bas, dis à ta mère adoptive qu'elle aille se cacher dans les montagnes pour rejoindre l'autre esclave, je suis sûre que tu pourras enlever ses chaînes, ajouta-t - elle avec un clin d'½il avant de sortir de la pièce rapidement. Quand elle fit irruption dans la salle de banquet, toujours aussi sinistre malgré les fortes conversations qui s'en élevaient, elle marcha la tête haute vers sa place et écouta d'une oreille distraites les questions qui fusaient sur l'état de santé d'Illusion. Ses amis savaient qu'elle avait menti, un seul regard avait suffit, ils se concentraient donc pour entendre le plus d'indices qui auraient échappé. Quand le repas prit fin Ehouna se redressa de toute sa hauteur, et frappa deux fois dans ses mains pour réclamer le silence. Ce ne fut pas nécessaire car tous les regards étaient déjà tournés sur elle.
- je crois parler au nom de tous en souhaitant un bon séjour à nos invités venant de Raston, Larâ, qui n'est autre que la princesse, Elysis, issue de l'autre monde, Nalio excellent garde du corps et Mortôs un nécromant très doué, bien sur vous connaissez déjà leur amie malade, elle vivait ici avant de servir notre mairesse.

Effrayée, Larâ échangea un regard terrifié avec ses amis. Comment cela se faisait-il qu'Ehouna connaissait leur identité entière ? Elle toussa gênée et sous le regard suspicieux de leur hôte se força à reprendre la maîtrise d'elle-même. La jeune fille se leva à son tour et adressant son plus beau sourire à la mairesse remplaçante, elle déclara d'une voix forte pour couvrir les conversations.
- Je constate qu'Ehouna, votre mairesse en sait long sur nous, et cela est très bien car en effet, étant la fille du roi Lortiis je suis une excellente porte-parole et mon père à toujours apprécié la franchise des dirigeants de ses villes. Dit-elle en accentuant légèrement la puissance sur le mot SES, elle se racla la gorge et poursuivit, l'assemblé captivée.
- notre séjour ne vas pas s'éterniser trop longtemps, juste histoire de nous reposer de notre voyage et nous reprendrons la route car nous devons nous rendre à la forêt des rêves. C'était un mensonge, bien pensé pour mener des éventuels suiveurs sur une mauvaise piste. Larâ jeta un regard à la mairesse qui l'écoutait attentivement.
Nous cherchons également une amie qui a était enlevée mais nous ne la trouverons pas ici.
Les convives sortirent rapidement de tables et bientôt Ehouna se retrouva seule avec une femme qui la suivait comme son ombre. Elles regardèrent s'il n'y avait plus personne et la mairesse déclara à voix basse
- Raliâ s'est trompée, la fille enfermée dans les cachots n'est pas Larâ, nous ne pouvons pas la relâcher mais capturer Larâ ouvertement serait trop remarqué et trop risqué.
- pour l'autre je sais ce que l'on va faire, je vais la faire jouer avec mes trésors....
Elles sourirent d'un air entendu et bientôt se séparèrent.

Alors que le château s'endormait dans un silence lourd on pouvait encore entendre des hurlements provenant des cachots que tout le monde essayait de ne pas entendre. La chambre du groupe ne contenait que deux lits doubles et deux lits simples. Refusant de dormir seule dans ce château inquiétant Elysis accepta de bonne grâce la présence de Morts ses cotés, Larâ n'était pas très tentée non plus pour dormir seule et Nalio se contenta de rabattre les couvertures sur eux deux. Il ne restait qu'Illusion dans un des lits simples et tous regardèrent le dernier lit vide qui aurait du être celui d'Opra.
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# Posté le lundi 18 février 2008 11:52