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Un matin brumeux se leva sur la ville de Jeitorh, déjà en activité malgré l'heure matinale. Ils descendirent manger un repas rapide et aussitôt une assistante de la remplaçante de la mairesse arriva d'une démarche pressée.
- je vois que les invités sont réveillés, désirez vous une visite guidée ?
En passant sous silence leur aventure d'espionnage Larâ s'empressa de répondre à l'affirmative. Une occasion de voir les cachots à nouveau était trop rare. Ils la suivirent rapidement et virent tout le château. Essayant tant bien que mal de cacher son ennui Elysis dit à leur guide.
- ce château est dirigé uniquement par des femmes non ?
Larâ approuva silencieusement la perspicacité de son amie.
- oui, il y a de la bien longtemps les hommes se sont montrés indignes de notre confiance, cette ville est entièrement gouverné par des femmes.
- pourquoi n'irions nous pas visiter les cachots ? Demanda Larâ.
- ce sont des endroits trop lugubres pour des gens de votre rang, ne préfériez vous pas voir quelque chose d'autre ? Hasarda l'assistante.
- non, chez nous, les prisonniers ne sont pas en liberté conditionnelle comme chez vous, je suis curieuse de voir votre façon de faire
Elle sembla réfléchir un moment, guettant la réaction des invités d' Ehouna mais ils restaient de marbre, affichant une mine à la limite de l'ironie.
Elle se décida donc pour leur montrer rapidement et entreprit de descendre dans les sous sols sans se presser. Quand ils arrivèrent prés des gardes qu'un allié avait assommé peu de temps, ils en découvrirent des nouveaux qui montaient la garde. Un geste de leur guide suffit et ils entrèrent dans les cachots humides. Le regard immédiat de Larâ et Nalio se dirigea vers la cellule d'Opra, elle n'y était plus. Soit ils l'avaient transféré ailleurs soit.. Larâ préféra ne pas y penser car les larmes lui montaient déjà aux yeux. Secouant la tête pour reprendre ses esprits elle reporta son attention sur leur guide. Elle leur montra vaguement les alentours d'un geste de main et Illusion qui n'avait pas vu les cachots s'approcha. Larâ s'éloigna hors des regards, les Lycans avaient été transporté ailleurs mais une cellule n'était pas vide. Un louveteau était allongé dans un coin, manifestement secoué, la respiration sifflante, il gémissait doucement. Sans réfléchir d'avantage, Larâ fit sauter la serrure en soufflant dessus et rentra vers le loup. Elle lui caressa la tête et il gémit encore plus. Elle cria à l'intention des autres
- il y a un louveteau blessé ici !!
Lorsque la guide s'approcha elle balbutia
- comment êtes vous .... C'est un loup que nous avons trouvé prés de la ville et les gardes l'ont emmené ici car ils ne voulaient pas qu'il en attire d'autre.
- il souffre pourquoi est-il dans cet état ? Demanda Elysis qui s'était agenouillée.
- nous l'avons trouvé comme ça
- et personne ne l'a soigné ? Interrogea à son tour Mortôs
- nous avons autre chose à faire, répondit la femme d'un ton sec.
- vous n'allez pas avoir l'utilité de ce louveteau n'Est-ce pas ? Demanda Larâ en haussant un sourcil.
- normalement non
- puis-je le ramener avec moi ? À Raston.
- il faut demander à Ehouna, seule elle peut vous répondre.
- je suis persuadée qu'elle s'empressera d'accepter
Sans attendre une réponse, Larâ prit le louveteau dans ses bras avec l'aide d'Elysis. Il gémit en fermant ses petits yeux et Nalio eut une furieuse envie de frapper tous ces traîtres qui complotaient contre l'empire, lui qui n'avait jamais été sentimental, il regardait le petit loup avec une inquiétude affirmée. Leur guide sembla quelque peu et les pria de partir des cachots. Ils allèrent poser le louveteau à leur chambre et Mortôs s'appliqua à l'examiner du mieux qu'il pouvait, il n'était pas habitué à soigner, surtout des animaux. Ils appliqua de l'essence de plante Ragik, connue pour ses propriétés cicatrisante sur les plaies de l'animal, il tata les côtes du loup. Quand celui-ci gémit et couina il déclara ce que tous avaient crains
- il a les côtes cassées ici, ici et ici dit il en indiquant différentes zones. Il ne pourra pas se lever avant un moment. Si Opra était la elle aurait fait quelque chose mais tout ce que je peux faire c'est le couvrir pour qu'il n'attrape pas froid, lui donner de l'eau un peu de nourriture en bouillie car il n'a pas de lésions importantes et lui donner ceci toutes les trois heures, dit il en brandissant un tube. C'est une essence secrète pour les nécromants qui fait ressouder les os au bout de 48 heures. Je n'aurai pas du vous le dire mais bon...
Touchée de sa confiance Elysis profita que les autres s'étaient rassemblés autour du louveteau pour lui témoigner son affection. Le repas de midi approchait rapidement mais tous s'étaient éparpillés dans le palais, les uns cherchant des indices discrètement les autres faisant du repérage en cas d'une sortie précipitée et non désirée. Larâ attrapa deux esclaves qui rampaient au sol, le dos meurtrit, elle enleva leurs chaînes et leur demanda de les attendre dans les montagnes. Heureusement, une foule d'esclaves travaillait ici et personne ne se rendrait compte de leur absence. Elle assomma un garde qui barrait l'entrée des cachots et finit par le tuer pour être sure de son silence. Larâ constata que les Lycans occupaient à nouveau leur place mais pas son amie. Elle déplaça le garde qu'elle abandonna au sommet d'une tourelle. Quand elle redescendit elle tomba sur une femme sévère coiffée d'un chignon. celle-ci tenait un fouet dans sa main droite et un collier de cuir avec des pointes dans l'autre. Quand elle surprit le regard de la jeune princesse sur son fouet, elle l'abaissa et lui dit
- vous devez être Larâ, la princesse... même Larâ rompu aux m½urs de la cours perçut le mépris dans sa voix.
- oui et vous êtes ??
- je suis une assistante de Raliâ chargée d'organiser les ... divertissements pour la cour sa remplaçante m'a chargée de vous inviter. Dans deux jours nous organisons un genre de fête dans la bordure de la plaine au pied des falaises, elle tient à ce que vous et vos petits amis soyez de la fête.
Larâ s'abstint de préciser que ses deux amies avaient 16 et 17 ans et que les deux garçons avaient 20 ans. Ce n'était pas la définition qu'elle se donnait de petit. Voyant que la femme l'observait avec soupçon elle s'empressa de répondre.
- oui nous viendrons vous pouvez compter sur notre présence.
- on m'a également informée que vous avez ... adopter un louveteau résidant dans une des cellules, la remplaçante m'a également dit de vous dire qu'elle accepte que vous le gardiez.
- j'en suis ravie.
Sans un autre mot, Larâ passa devant la femme sinistre, la laissant planter seule au milieu du couloir. Elle courut jusqu'à leur chambre ou elle trouva Nalio penché sur le louveteau. Il lui caressait doucement la tête, perdus dans ses sombres idées. Quand il la vit son visage s'éclaira et il lui dit
- je veux partir d'ici... je n'ai pas confiance en ces gens.
Elle s'approcha de lui et en faisant attention de ne pas faire mal au louveteau en s'asseyant sur le lit luit caressa la joue et lui répondit doucement.
- je sais moi aussi... pense à Opra, nous allons la sortir d'ici... et après nous partirons.
- Larâ... après qu'on ai finit cette tâche ardue, je.... Je partirais...
- comment ça tu partiras ? Demanda - t - elle en se redressant brusquement.
- je ne m'attendais pas à quelque chose de si important, je me rends compte qu'avec vous je perds mes instincts de tueurs, de traqueurs et j'en ai besoin. J'aurais rempli ma mission envers toi et Elysis...
La jeune fille laissa échapper une larme qui roula sur ses joues ternes. Il la regarda penaud et lui prit la main.
- c'est très dur de vous quitter, surtout toi... je vais souffrir mais il le faut, j'ai besoin de retrouver ma liberté.
Voyant qu'elle ne répondait rien il se leva et alla vers la porte. Il allait disparaître quand elle lui dit doucement
- ne pars pas... si tu t'en vas je ne pourrais plus rien faire. Nalio, ajouta - t - elle la voix presque suppliante, ne me fais pas ça je ne tiendrais pas.
Il s'immobilisa et se retourna vers elle.
- je t'en prie reste, nous avons besoin de toi, j'ai besoin de toi. Je... Nalio enfin tu sais très bien ce que je ressens pour toi ! Tu sais que je t'aime et tu veux partir ! S'exclama - t-elle en laissant aller ses larmes.
Il la regarda désemparé et revint vers elle à grands pas. Ne supportant pas de la voir pleurer il la souleva du lit et l'emmena en la portant en haut d'une tourelle déserte, ce qui n'était pas un mince exploit vu le nombre de marches. Quand elle se fut calmer il lui dit sans la lâcher.
- tu tiens à ce que je reste avec toi, dis le moi et je resterai.
- mais oui !! Ne me fais pas ça ! Dit -elle avec colère cette fois.
Il lui fit un sourire triste et se pencha vers elle. Larâ avait toujours cru que l'amour ne servait à rien, qu'il ne faisait que rendre les gens plus vulnérables, plus faibles, elle n'avait jamais regardé des garçons autre qu'en amis mais ces barrières s'écroulèrent quand Nalio l'embrassa. Peu lui importait de se trouver en haut d'une tour, avec le vent qui lui congelait les os, que des gens complotaient en ce moment pour tuer Opra ainsi qu'elle, Larâ n'en savait rien mais elle n'allais pas tarder à le découvrir. Quand Nalio se recula, elle le retint encore prés d'elle et ils descendirent pour retrouver les autres. Prenant le relais d'Opra, Mortôs s'était plongé à corps perdu dans des ouvrages pour trouver des remèdes possibles pour soulager le louveteau. Mais ils ne s'appliquaient pas à sa magie de nécromant. Illusion était affalée sur un fauteuil, les jambes par-dessus l'accoudoir et regardait Elysis avec amusement pendant que celle-ci s'acharnaient à escalader les multiples étagèrent pour trouver un roman susceptible d'intéresser Mortôs. L'arrivée de Larâ et Mortôs ne passa pas inaperçue et les regards passèrent de leurs visages heureux à leurs mains enlacées. Mortôs, d'habitude réservé poussa un sifflement à son frère. Elysis leur adressa un sourire éclatant et Illusion fit le signe de la victoire d'un coté pour que seule Larâ puisse le voir. Une esclave qui devait avoir à peine 15 ans vint leur dire qu'ils étaient conviés au repas du soir. Elysis regarda d'un air dégoutté les marques de brûlures sur les avant-bras de la jeune fille et se redressa d'un air fier.
- il me tarde la fin du séjour ! Un peu d'action serait la bienvenue et mes pouvoirs sont trop endormis.
- tu as raison !! S'exclama à son tour Illusion, elle ajouta à l'intention de l'esclave, toi tu t'en vas, sors de ce château, tiens voila. Elle lui enleva les chaînes à l'aide d'une petite aiguille qu'elle avait caché dans sa robe.
Va dans les montagnes si tu nous fais confiance, d'autres esclaves sont déjà la bas et attend nous.
La jeune fille leur regarda un regard terrifié et les remercia d'une voix faible.
- merci.... Je vous serais reconnaissante toute ma vie.
Larâ la releva alors qu'elle s'agenouiller devant eux et lui dit en souriant.
- méfie toi des gardes avant de dire ça, tu vois prés de la porte ? Si tu suis le mur sur la droite au bout d'un moment tu arriveras à une sorte d'impasse, au bout de cette impasse, Nalio nous a fait une brèche dans le mur il y a quelques jours. Tu sortiras par la.
L'adolescente acquiesça et laissa tomber ses chaînes avant de partir précipitamment
- ils ne vont plus avoir beaucoup de personnel avec des filles comme vous deux... dit Nalio avec ironie.
- et c'est mieux comme ça, répondit Larâ en le pinçant gentiment à la hanche.
Ils allèrent rapidement manger avec les autres mais le c½ur n'y était pas et ils étaient très méfiants de ce qui passaient dans leurs assiettes. Des jongleurs vinrent animer le repas mais le groupe les regardaient sans les voir. Quand Ehouna leur dit de prendre congés ils regagnèrent leur chambre. Le louveteau les accueillit avec un petit jappement. Mortôs l'ausculta à nouveau et lui redonna une dose de son remède pour les os. Illusion leur déclara d'une voix faible qu'elle avait besoin d'aller prendre l'air. Larâ en profita pour venir avec elle afin d'aller voir ou étaient les esclaves. Elle était sure qu'ils les attendaient mais où, ça c'était autre chose.