chapitre 18


18

Un matin brumeux se leva sur la ville de Jeitorh, déjà en activité malgré l'heure matinale. Ils descendirent manger un repas rapide et aussitôt une assistante de la remplaçante de la mairesse arriva d'une démarche pressée.
- je vois que les invités sont réveillés, désirez vous une visite guidée ?
En passant sous silence leur aventure d'espionnage Larâ s'empressa de répondre à l'affirmative. Une occasion de voir les cachots à nouveau était trop rare. Ils la suivirent rapidement et virent tout le château. Essayant tant bien que mal de cacher son ennui Elysis dit à leur guide.
- ce château est dirigé uniquement par des femmes non ?
Larâ approuva silencieusement la perspicacité de son amie.
- oui, il y a de la bien longtemps les hommes se sont montrés indignes de notre confiance, cette ville est entièrement gouverné par des femmes.
- pourquoi n'irions nous pas visiter les cachots ? Demanda Larâ.
- ce sont des endroits trop lugubres pour des gens de votre rang, ne préfériez vous pas voir quelque chose d'autre ? Hasarda l'assistante.
- non, chez nous, les prisonniers ne sont pas en liberté conditionnelle comme chez vous, je suis curieuse de voir votre façon de faire
Elle sembla réfléchir un moment, guettant la réaction des invités d' Ehouna mais ils restaient de marbre, affichant une mine à la limite de l'ironie.
Elle se décida donc pour leur montrer rapidement et entreprit de descendre dans les sous sols sans se presser. Quand ils arrivèrent prés des gardes qu'un allié avait assommé peu de temps, ils en découvrirent des nouveaux qui montaient la garde. Un geste de leur guide suffit et ils entrèrent dans les cachots humides. Le regard immédiat de Larâ et Nalio se dirigea vers la cellule d'Opra, elle n'y était plus. Soit ils l'avaient transféré ailleurs soit.. Larâ préféra ne pas y penser car les larmes lui montaient déjà aux yeux. Secouant la tête pour reprendre ses esprits elle reporta son attention sur leur guide. Elle leur montra vaguement les alentours d'un geste de main et Illusion qui n'avait pas vu les cachots s'approcha. Larâ s'éloigna hors des regards, les Lycans avaient été transporté ailleurs mais une cellule n'était pas vide. Un louveteau était allongé dans un coin, manifestement secoué, la respiration sifflante, il gémissait doucement. Sans réfléchir d'avantage, Larâ fit sauter la serrure en soufflant dessus et rentra vers le loup. Elle lui caressa la tête et il gémit encore plus. Elle cria à l'intention des autres
- il y a un louveteau blessé ici !!
Lorsque la guide s'approcha elle balbutia
- comment êtes vous .... C'est un loup que nous avons trouvé prés de la ville et les gardes l'ont emmené ici car ils ne voulaient pas qu'il en attire d'autre.
- il souffre pourquoi est-il dans cet état ? Demanda Elysis qui s'était agenouillée.
- nous l'avons trouvé comme ça
- et personne ne l'a soigné ? Interrogea à son tour Mortôs
- nous avons autre chose à faire, répondit la femme d'un ton sec.
- vous n'allez pas avoir l'utilité de ce louveteau n'Est-ce pas ? Demanda Larâ en haussant un sourcil.
- normalement non
- puis-je le ramener avec moi ? À Raston.
- il faut demander à Ehouna, seule elle peut vous répondre.
- je suis persuadée qu'elle s'empressera d'accepter

Sans attendre une réponse, Larâ prit le louveteau dans ses bras avec l'aide d'Elysis. Il gémit en fermant ses petits yeux et Nalio eut une furieuse envie de frapper tous ces traîtres qui complotaient contre l'empire, lui qui n'avait jamais été sentimental, il regardait le petit loup avec une inquiétude affirmée. Leur guide sembla quelque peu et les pria de partir des cachots. Ils allèrent poser le louveteau à leur chambre et Mortôs s'appliqua à l'examiner du mieux qu'il pouvait, il n'était pas habitué à soigner, surtout des animaux. Ils appliqua de l'essence de plante Ragik, connue pour ses propriétés cicatrisante sur les plaies de l'animal, il tata les côtes du loup. Quand celui-ci gémit et couina il déclara ce que tous avaient crains
- il a les côtes cassées ici, ici et ici dit il en indiquant différentes zones. Il ne pourra pas se lever avant un moment. Si Opra était la elle aurait fait quelque chose mais tout ce que je peux faire c'est le couvrir pour qu'il n'attrape pas froid, lui donner de l'eau un peu de nourriture en bouillie car il n'a pas de lésions importantes et lui donner ceci toutes les trois heures, dit il en brandissant un tube. C'est une essence secrète pour les nécromants qui fait ressouder les os au bout de 48 heures. Je n'aurai pas du vous le dire mais bon...
Touchée de sa confiance Elysis profita que les autres s'étaient rassemblés autour du louveteau pour lui témoigner son affection. Le repas de midi approchait rapidement mais tous s'étaient éparpillés dans le palais, les uns cherchant des indices discrètement les autres faisant du repérage en cas d'une sortie précipitée et non désirée. Larâ attrapa deux esclaves qui rampaient au sol, le dos meurtrit, elle enleva leurs chaînes et leur demanda de les attendre dans les montagnes. Heureusement, une foule d'esclaves travaillait ici et personne ne se rendrait compte de leur absence. Elle assomma un garde qui barrait l'entrée des cachots et finit par le tuer pour être sure de son silence. Larâ constata que les Lycans occupaient à nouveau leur place mais pas son amie. Elle déplaça le garde qu'elle abandonna au sommet d'une tourelle. Quand elle redescendit elle tomba sur une femme sévère coiffée d'un chignon. celle-ci tenait un fouet dans sa main droite et un collier de cuir avec des pointes dans l'autre. Quand elle surprit le regard de la jeune princesse sur son fouet, elle l'abaissa et lui dit
- vous devez être Larâ, la princesse... même Larâ rompu aux m½urs de la cours perçut le mépris dans sa voix.
- oui et vous êtes ??
- je suis une assistante de Raliâ chargée d'organiser les ... divertissements pour la cour sa remplaçante m'a chargée de vous inviter. Dans deux jours nous organisons un genre de fête dans la bordure de la plaine au pied des falaises, elle tient à ce que vous et vos petits amis soyez de la fête.

Larâ s'abstint de préciser que ses deux amies avaient 16 et 17 ans et que les deux garçons avaient 20 ans. Ce n'était pas la définition qu'elle se donnait de petit. Voyant que la femme l'observait avec soupçon elle s'empressa de répondre.
- oui nous viendrons vous pouvez compter sur notre présence.
- on m'a également informée que vous avez ... adopter un louveteau résidant dans une des cellules, la remplaçante m'a également dit de vous dire qu'elle accepte que vous le gardiez.
- j'en suis ravie.
Sans un autre mot, Larâ passa devant la femme sinistre, la laissant planter seule au milieu du couloir. Elle courut jusqu'à leur chambre ou elle trouva Nalio penché sur le louveteau. Il lui caressait doucement la tête, perdus dans ses sombres idées. Quand il la vit son visage s'éclaira et il lui dit
- je veux partir d'ici... je n'ai pas confiance en ces gens.
Elle s'approcha de lui et en faisant attention de ne pas faire mal au louveteau en s'asseyant sur le lit luit caressa la joue et lui répondit doucement.
- je sais moi aussi... pense à Opra, nous allons la sortir d'ici... et après nous partirons.
- Larâ... après qu'on ai finit cette tâche ardue, je.... Je partirais...
- comment ça tu partiras ? Demanda - t - elle en se redressant brusquement.
- je ne m'attendais pas à quelque chose de si important, je me rends compte qu'avec vous je perds mes instincts de tueurs, de traqueurs et j'en ai besoin. J'aurais rempli ma mission envers toi et Elysis...
La jeune fille laissa échapper une larme qui roula sur ses joues ternes. Il la regarda penaud et lui prit la main.
- c'est très dur de vous quitter, surtout toi... je vais souffrir mais il le faut, j'ai besoin de retrouver ma liberté.
Voyant qu'elle ne répondait rien il se leva et alla vers la porte. Il allait disparaître quand elle lui dit doucement
- ne pars pas... si tu t'en vas je ne pourrais plus rien faire. Nalio, ajouta - t - elle la voix presque suppliante, ne me fais pas ça je ne tiendrais pas.
Il s'immobilisa et se retourna vers elle.
- je t'en prie reste, nous avons besoin de toi, j'ai besoin de toi. Je... Nalio enfin tu sais très bien ce que je ressens pour toi ! Tu sais que je t'aime et tu veux partir ! S'exclama - t-elle en laissant aller ses larmes.
Il la regarda désemparé et revint vers elle à grands pas. Ne supportant pas de la voir pleurer il la souleva du lit et l'emmena en la portant en haut d'une tourelle déserte, ce qui n'était pas un mince exploit vu le nombre de marches. Quand elle se fut calmer il lui dit sans la lâcher.
- tu tiens à ce que je reste avec toi, dis le moi et je resterai.
- mais oui !! Ne me fais pas ça ! Dit -elle avec colère cette fois.

Il lui fit un sourire triste et se pencha vers elle. Larâ avait toujours cru que l'amour ne servait à rien, qu'il ne faisait que rendre les gens plus vulnérables, plus faibles, elle n'avait jamais regardé des garçons autre qu'en amis mais ces barrières s'écroulèrent quand Nalio l'embrassa. Peu lui importait de se trouver en haut d'une tour, avec le vent qui lui congelait les os, que des gens complotaient en ce moment pour tuer Opra ainsi qu'elle, Larâ n'en savait rien mais elle n'allais pas tarder à le découvrir. Quand Nalio se recula, elle le retint encore prés d'elle et ils descendirent pour retrouver les autres. Prenant le relais d'Opra, Mortôs s'était plongé à corps perdu dans des ouvrages pour trouver des remèdes possibles pour soulager le louveteau. Mais ils ne s'appliquaient pas à sa magie de nécromant. Illusion était affalée sur un fauteuil, les jambes par-dessus l'accoudoir et regardait Elysis avec amusement pendant que celle-ci s'acharnaient à escalader les multiples étagèrent pour trouver un roman susceptible d'intéresser Mortôs. L'arrivée de Larâ et Mortôs ne passa pas inaperçue et les regards passèrent de leurs visages heureux à leurs mains enlacées. Mortôs, d'habitude réservé poussa un sifflement à son frère. Elysis leur adressa un sourire éclatant et Illusion fit le signe de la victoire d'un coté pour que seule Larâ puisse le voir. Une esclave qui devait avoir à peine 15 ans vint leur dire qu'ils étaient conviés au repas du soir. Elysis regarda d'un air dégoutté les marques de brûlures sur les avant-bras de la jeune fille et se redressa d'un air fier.
- il me tarde la fin du séjour ! Un peu d'action serait la bienvenue et mes pouvoirs sont trop endormis.
- tu as raison !! S'exclama à son tour Illusion, elle ajouta à l'intention de l'esclave, toi tu t'en vas, sors de ce château, tiens voila. Elle lui enleva les chaînes à l'aide d'une petite aiguille qu'elle avait caché dans sa robe.
Va dans les montagnes si tu nous fais confiance, d'autres esclaves sont déjà la bas et attend nous.
La jeune fille leur regarda un regard terrifié et les remercia d'une voix faible.
- merci.... Je vous serais reconnaissante toute ma vie.
Larâ la releva alors qu'elle s'agenouiller devant eux et lui dit en souriant.
- méfie toi des gardes avant de dire ça, tu vois prés de la porte ? Si tu suis le mur sur la droite au bout d'un moment tu arriveras à une sorte d'impasse, au bout de cette impasse, Nalio nous a fait une brèche dans le mur il y a quelques jours. Tu sortiras par la.
L'adolescente acquiesça et laissa tomber ses chaînes avant de partir précipitamment
- ils ne vont plus avoir beaucoup de personnel avec des filles comme vous deux... dit Nalio avec ironie.
- et c'est mieux comme ça, répondit Larâ en le pinçant gentiment à la hanche.

Ils allèrent rapidement manger avec les autres mais le c½ur n'y était pas et ils étaient très méfiants de ce qui passaient dans leurs assiettes. Des jongleurs vinrent animer le repas mais le groupe les regardaient sans les voir. Quand Ehouna leur dit de prendre congés ils regagnèrent leur chambre. Le louveteau les accueillit avec un petit jappement. Mortôs l'ausculta à nouveau et lui redonna une dose de son remède pour les os. Illusion leur déclara d'une voix faible qu'elle avait besoin d'aller prendre l'air. Larâ en profita pour venir avec elle afin d'aller voir ou étaient les esclaves. Elle était sure qu'ils les attendaient mais où, ça c'était autre chose.

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# Posté le lundi 18 février 2008 11:55

chapitre 19

19

Illusion et Larâ longèrent le mur d'enceinte de la ville. Les gardes somnolaient contre les pierres sans rien entendre. Elles se glissèrent silencieuses comme des ombres dans la brèche juste large pour laisser passer une personne mince. Quand elles furent dehors, elles respirèrent lentement et observèrent la nuit, attentives au moindre bruit. Larâ leva les paumes vers le ciel étoilé et elles s'embrasèrent, répandant une douce lumière autour d'elles. Un cri les avertit. Un soldat avait vu leur lumière et avait crié à l'aide pour les attraper. La jeune fille s'empressa d'éteindre les flammes et se concentra. Quand elle sentit ses dents s'aiguiser et ses yeux se fendre elle jeta un coup d'½il. Illusion regardait fixement les deux soldats qui couraient vers elles à l'aveuglette. Son amie lui attrapa le poignet et la pria de la suivre. Sans lumière elle voyait très bien grâce à son pouvoir de loup, et pouvait guider illusion dans la plus profonde obscurité. Ne voyant rien leurs poursuivants abandonnèrent et rentrèrent dans l'enceinte de la ville. Enfin en sécurité, Larâ pût refaire jaillir ses flammes douces et elles commencèrent à descendre la piste de verre. Les falaises les entouraient et elles tendirent l'oreille pour entendre un bruit qui les guiderait vers les esclaves. Les flammes dansaient sur les parois rocheuses qui les encerclaient. Seul le bruit de leurs pas sur le verre faisait quelques crissements discrets. Larâ garda son pouvoir de loup et Illusion essaya de ne pas frissonner en voyant ses yeux noirs. Illusion rompit le silence en demandant à voix basse
-tu penses qu'ils sont ou ?
En voyant le visage fauve de son amie se tourner vers elle, la jeune fille baissa les yeux au sol.
- ils sont la, je les sens... je peux sentir la peur qui les habite, ils se sentent perdus mais je n'arrive pas à les localiser précisément.

Sous l'½il médusé d'Illusion, Larâ se mit à avancer en flairant l'air. Elles continuèrent la descente sur une cinquantaine de mètres quand Larâ s'immobilisa. Elle fit demi tour sur cinq mètres en flairant l'air. Quand elle leva les yeux elle aperçut une petite corniche minuscule un peu plus haut. S'aidant de son amie, elle parvint à grimper et découvris une brèche dans la paroi. Illusion la rejoint rapidement. L'odeur des esclaves venaient de la et Larâ s'engouffra dans la brèche. Elles ne pouvaient rien voir dans l'obscurité et Larâ sentit soudain une masse lui tomber sur le dos. Elle tomba au sol et s'exclama d'une voix étouffée.
- c'est moi !! Arrêtez je suis Larâ !
Immédiatement la pression s'arrêta et elle pu se relever. Illusion ne voyait rien mais Larâ distinguait les silhouettes des esclaves tapies dans l'ombres. Elle éclaira la petite cavité avec ses mains et vit le premier esclave qu'ils avaient libérer. Il y avait aussi la mère adoptive d'Illusion qui se jeta dans les bras de celle-ci et la jeune esclave qui se tenait légèrement en retrait.
- nous venions prendre de vos nouvelles, vous êtes en danger tant que vous n'avez pas quitter ces plaines et ces falaises. Nous partirons bientôt dans deux jours je suppose. Illusion viendra vous apportez de la nourriture deux fois demain et encore deux fois après demain afin que vous ne soyez pas affaiblis. Quand nous partirons le soir, notre esquive ne passera pas inaperçue et nous devrons peut être combattre, dans ce cas j'espère pouvoir compter sur vous trois pour utiliser la totalité de la puissance de votre don. Déclara Larâ doucement.
- bien entendu, répondit l'homme.
- je vous emmènerai également des habits décents avant notre départ, plus confortables et surtout je m'arrangerais pour voler des épées, des arcs etc ... et vous les apporter. Acheva Illusion.
- illusion, je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée de faire trop de sortie en dehors de la ville, cela serait regrettable d'attirer les soupçons sur nous avant que nous nous enfuyions. Hasarda Larâ en regardant son amie
- je ne peux quand même pas les laisser habiller dans des pareilles tenues, que diront les gens que nous rencontrerons sur notre voyage retour avec des compagnons pareils ?non autant profiter que nous sommes ici pour voler autant de choses que nécessaires.
- je ne suis pas une voleuse explosa Larâ ! Et même si cette ville me fait froid dans le dos, nous devrions faire attention, je n'ai pas envie qu'ils débarquent pour faire la guerre à Raston !!
- bien sur ! Ton petit papa ne veut pas d'ennuis !! Mais tu ne m'interdiras pas de leur redonner leur dignité !
- tu oublies à qui tu parles !!! S'exclama Larâ d'une voix puissante, tu oublies notre arrangement, je commande avec Elysis, tu obéis ! c'était convenu comme ça n'oublies pas pour qui tu travaillais, si ça t'est égal que ces fous rassemblent des troupes pour raser ma ville très bien ! Mais alors dans ce cas la attends toi à des représailles si tu ne filles pas très vite !!

Illusion lui jeta un regard noir et croisa les bras. Elle ne pouvait pas partir, ni quitter le groupe mais l'ambiance qui régnait ici la rendait aigrie et irritable.
Sans un mot Larâ lança un regard lourd de sens à Illusion et sortit de la cavité. Elle entama la descente sans se soucier de la présence de sa compagne mais entendit bientôt des graviers crisser derrière elle. Les deux filles descendirent sur la piste de verre et Larâ reprit sa forme transformée pour voir dans la nuit. Elle retrouva rapidement la brèche dans la muraille, et, suivie d'Illusion, elle retourna dans leur chambre. Quand elles arrivèrent dans la grande pièce, Larâ vit Elysis profondément endormie aux cotés de Mortôs, Nalio qui les attendait, penché sur un parchemin et le louveteau qui leva la tête à leur arrivée. Il semblait aller beaucoup mieux. Nalio leur sourit en les voyant rentrer silencieusement. Toujours sans adresser la parole à Illusion, Larâ enleva rapidement sa tunique de cuir poussiéreuse, posa ses poignard sur la table de chevet et passa une chemise longue en coton. Elle poussa gentiment Nalio et après avoir pris les trois quarts de la couverture, elle s'endormit aussitôt sous l'½il amusé de celui-ci. Illusion eut un air attristé et regagna son lit. Nalio posa le parchemin sur le sol et souffla sur les bougies, plongeant la chambre dans la plus complète pénombre.
Ils n'attendirent pas que le château commence son activité pour se lever. Tous étaient déjà debout avant même que le soleil ne soit levé. Le louveteau fit son entrée, félicité par le petit groupe. En effet il fit quelque pas hésitants dans leur direction et remua la queue. Encore légèrement sauvage, il reconnaissait en eux ses sauveurs. Larâ s'accroupit à sa hauteur et tendit la main. Le petit loup la flaira doucement puis la mordilla délicatement avec ses dents de lait. Le louveteau pouvait désormais marcher et cela leur redonna une vigueur nouvelle. Mortôs s'empressa de rendre visite aux guérisseuses du château afin de recueillir des renseignements sur la fête qui se préparait, Larâ fit de même avec Ehouna qui prit congé au bout de 5 minutes, Elysis décida de s'attaquer à la femme qui s'occupait des animations de la ville et que Larâ avait trouvé très désagréable, et Nalio ne s'occupa pas de récolter des informations, il préféra ses vieilles méthodes et les trouver par lui-même. Illusion demanda à rester prés du loup pour le faire marcher et le nourrir et elle y passa la journée entière. Quand la cloche retentit dans le château pour sonner le repas de midi tous se retrouvèrent dans la salle de manger. Ehouna n'était pas là et son absence avertit Larâ que quelque chose se tramait dans cet endroit. Elle ne mangea pas le contenu de son assiette à part le pain et un discret coup d'½il lui apprit que ses amis faisaient pareil. Ils sortirent de table, impatients de se réunir à l'écart. Quand ils arrivèrent à la chambre Illusion sortit un bout de pain de sous sa robe qu'elle donna au louveteau. Tous s'installèrent sur les lits moelleux, chacun regardant l'autre pour voir qui allait commencer. Ce fut Nalio qui débuta leur conversation
- j'ai utilisé des méthodes qui servent d'ordinaire les assassins, je n'ai pas le droit de vous en dire plus mais elles m'ont permis d'en apprendre d'avantage. La fête va se passer en bas des falaises, sur des sortes de balcons en pierre qui vont nous permettre d'observer la scène, c'est juste en face de la plaine des Lycans.
- il faut donc s'attendre à un spectacle grandiose, déclara Larâ d'un air sombre.
- qu'Est-ce que tu as entendu d'autre ? Demanda Elysis, le visage soudain anxieux.
- pas grand-chose, répondit-il en haussant les épaules, je ne sais pas ou ils cachent Opra, et je suis persuadé que nous la reverrons au spectacle, pas avant. Ehouna adopte un comportement étrange, elle écrit beaucoup de lettres, sûrement à Rhaliâ et elle clame des ordres à tous les esclaves. Il se prépare quelque chose, et quelque chose de gros !
- nous verrons bien, la fête se passe demain, mais nous devrions préparer une action pour savoir comment prendre la fuite si ça tourne mal.
- tu as raison Illusion, approuva Mortôs, si mon frère dit vrai, et que nous pourrons bientôt revoir Opra, il faudra faire suffisamment d'agitation pour nous éclipser rapidement !
- les chevaux sont à une écurie prés du château, nous ne pourrons pas remonter à la ville et redescendre ! Ça nous prendrais trop de temps. Répondit Larâ
- je te rappelle que la plaine des Lycans est à une bonne journée et demi de marche, à mon avis nous devrons prendre les chevaux pour nous y rendre. Dit Elysis d'une voix mesurée.
- oui c'est vrai, bon écoutez le mieux qu'il nous reste à faire, c'est d'improviser une fois que nous verrons Opra, mais il ne faudra aller la voir qu'au dernier moment, et vraiment j'insiste, seulement quand nous nous enfuirons, sinon nous allons attirer anormalement l'intention, ensuite on fera ce qu'on a toujours fait.
- prendre les devants et foncer dans une quelconque résistance déclara Nalio avec un sourire pour terminer la phrase de Larâ.

L'Après midi s'écoula lentement, tous allèrent se promener discrètement dans la ville, pour rassembler quelques éventuels indices. Nalio en profita pour passer un peu de temps en la compagnie de Larâ. Il l'emmena sans la lâcher d'une main, tout en haut de la tour. Il s'assit sur les remparts, nullement impressionné par le vide en dessous de lui. Larâ vint s'asseoir sur ses genoux. Elle regardait le paysage, l'horizon et laissa échapper un gémissement. Nalio lui pressa la main et lui posa une question silencieuse
- tu te rends compte que pendant que je suis ici, en train de risquer probablement ma vie et celle de mes amis, mon père se fait posséder par une traître et je ne peux rien faire pour l'aider... mon empire est entièrement menacé et je suis piégée ici...
- ce n'est pas de ta faute, il faut d'abord sauver Opra, et ensuite nous nous rendrons au château de ton père et... adviendra ce qu'il adviendra...
- mais j'ai peur Nalio, j'ai peur que l'un de vous se fasse tuer, je m'en sentirais responsable toute ma vie, imagine, tu prends une flèche, ou Elysis, ou Mortôs, qu'Est-ce que je ferais ! Je suis incapable de gérer ce genre de pertes.
- si on a tous accepté de t'accompagner, c'est que nous sommes tous conscients des risques Larâ ! On a voulu se joindre à toi, même au prix de notre vie ! C'est ça l'amitié, et l'amitié n'est pas la seule raison.. Dit il avec un sourire timide.
- j'ai du te menacer de mort pour que tu viennes... lui rappela-t-elle l'air soudain bien sombre.
- si vraiment je n'aurais pas voulu venir, crois moi, même toi tu n'aurais pas pu me retenir.
Elle lui lança un coup d'½il interrogateur et légèrement moqueur. Pour toute réponse il déclara doucement
- il est extrêmement difficile de retenir un assassin.
Un silence dur pesait autour de ces dernières paroles, voyant que Larâ n'était toujours pas apaisée, il poursuivit
- On est avec toi, jusqu'au bout, et on a tous des comptes à rendre aux gens que nous avons ou que nous allons croiser, alors autant en profiter
- quels comptes à tu à régler ?
Il la regarda un instant, partagé entre ses appréhensions de lui parler de son ancien monde de violence, et celles de l'intégrer dans sa nouvelle vie. Il finit par lui sourire et répondit.
- il se trouve que je connais Ehouna, du temps ou j'étais un assassin, des gens faisaient régulièrement appel à moi pour éliminer d'autres personnes. Ehouna en ces temps, n'étaient pas la seconde de Rhaliâ, elle n'avait guère d'importance mais beaucoup d'argent, comme toutes les familles nobles de la ville. Elle a donc fait appel à moi pour tuer Rhaliâ et j'ai failli réussir...
- failli ? Interrogea Larâ d'une voix tendue.
- oui, normalement tout ceux que j'ai tué n'ont rien deviné, sauf à la fin évidement, et Rhaliâ à fait exception, elle projetait manifestement déjà de s'installer à Raston car elle m'a démasqué et à monté toute une histoire incroyable pour me faire emprisonner dans les cachots sécurisés de ta ville.
- et c'était quoi cette histoire ?
- selon elle, je désirais tuer ton père...
Larâ tressaillit légèrement et posa sa main sur le torse de Nalio.
- ce n'est pas vrai n'Est-ce pas ?
- bien sur que non ! J'ai d'ailleurs toujours respecté ton père, avant qu'il me jette en prison. Elle à tout inventé mais je crois que ton père n'y croyait qu'à moitié mais pour la sécurité il m'a quand même jeté aux cachots en me promettant que je sortirais un jour,si j'aidais quelqu'un important de la famille royale. Il s'avère que cette personne ce fut toi, quand tu es venue me demander de t'accompagner, j'ai songé immédiatement au pacte que ton père avait formulé avec moi.
- j'étais ton billet de sortie...
- avant oui mais plus maintenant, acheva-t-il en lui serrant la taille.
- et comment ça se fait qu'Ehouna n'a pas montré qu'elle te connaissait ?
- réfléchis Larâ lui dit -il en souriant, elle m'avait commandé dans le passé pour tuer celle à qui elle obéit aveuglément au temps présent ou je te parle, montrer qu'elle me connaissait aurait été reconnaître qu'elle fraternisait avec les assassins il n'y avait pas si longtemps. C'est pour ça je pense qu'on a des bâtons dans les roues depuis que nous séjournons ici, elle se doute de quelque chose, et elle à raison, la fille du roi, et un assassin ensembles, sans parler d'un nécromant, d'une fille venant d'un autre monde et d'une orpheline issue de cette ville même ! Ça peut paraître très étrange !!

La jeune femme resta silencieuse un moment, surprise de ce qu'elle venait d'entendre, Nalio avait toujours eu une part de mystère et malgré le poids de ses révélations, elle se sentait touchée qu'il lui fasse partager ses secrets et ses confidences. Elle ne dit rien, cela aurait été de trop et se contenta de l'embrasser sur la joue. Il la regarda, moqueur et dit
- je t'ai connue, plus... enthousiaste.
Leur après midi se termina comme une conte de fée au beau milieu des enfers.

# Posté le lundi 18 février 2008 11:57

chapitre 20

CEST BIEN POUR MES AMIS ET SURTOUT NOEMIE, QUI ME HARCELEnt LITTERALEMENT LOL QUE JE CONTINUE DE METTRE MON LIVRE ( QUI AU PASSAGE AVANCE LENTEMENT MAIS SUREMENT ) SUR CE BLOG !!! mdr [/g]
Chapitre 20

Un esclave vint leur annoncer qu'ils devaient se rendre à l'entrée du château,le lendemain matin au lever du soleil, avec leurs chevaux et prés à partir, sinon ils partiraient sans eux. Larâ ne pu s'empêcher de lancer une remarque sarcastique et dit à l'esclave
- tu diras à ta maîtresse si invisible qu'il nous faudrait le reste des armes qu'elles nous a... emprunté. nous ne sortons jamais sans nos armes.

En effet, la veille, le groupe avait remarqué que leurs armes lourdes avaient disparu. Ils n'y avaient pas prêté grande attention, trop occupés à ruminer leurs sombres pensées. Quand tous se couchèrent dans leur lit frais, les yeux ne se fermèrent que beaucoup plus tard dans la nuit déjà avancée. Durant la nuit Mortôs ne cessa de se réveiller en sursaut, soit il faisait de terribles cauchemars ou il voyait des centaines de Lycans qui jaillissaient sur eux, ou alors il entendait des bruits dans le couloir et allait même jusqu'à se lever avec son bâton pour entrouvrir la porte. Mais il n'y avait jamais personne. Il redoutait quelque chose pour le lendemain, aussi il se saisit du léger grimoire qui contenait tous ses sorts les plus utiles qu'il transportait dans sa sacoche de Nécromant. Il alluma une bougie et entreprit de lire. Les heures passèrent et il trouva enfin ce qu'il cherchait. Il approcha la flamme vacillante et lut
- pour faire jaillir la vie des enfers, renaître les morts qui nous ont par maintes fois défiés et les rendre aussi soumis que des esclaves, la magie des morts permettra l'accès à ce sort inébranlable. Il suffit juste d'éteindre la lumière.

Mortôs reste un moment à essayer de déchiffrer le double sens de ces deux phrases. Il allait finir par baisser les bras quand Elysis se réveilla à ses cotés. Elle cligna des yeux plusieurs fois, regarda la bougie dont la cire avait diminué de volume rapidement, puis Mortôs qui semblait plonger dans une épais livre. Elle leva les yeux au ciel et posa un main encore chaude de sommeil en travers des pages qu'il relisait pour la vingtième fois. Il se rendit compte qu'elle était réveillée seulement à ce moment la. Il tenta de sourire mais la fatigue ne parvint à transformer son geste agréable qu'en une horrible grimace. Elle lui prit le livre des mains, le posa au sol prés de leur lit et éteignit la bougie. Mortôs se pencha pour l'embrasser mais Elysis dormait déjà. Le jeune homme ne pu s'empêcher de retourner les phrases du livre dans sa tête. il suffit juste d'éteindre la lumière ... comment éteindre la lumière en pleine journée ? Son bâton émettait de temps en temps des faibles lueurs bleues prés de son lit et il le contempla comme s'il espérait trouver la solution en le regardant. Il se surprit à revoir le jour ou son destin lui avait indiqué de devenir nécromant. Il avait dix huit ans, et son frère ne vivait déjà plus avec lui. Mortôs avait longé la forêt de la mort avec son cheval typhanos. Il se souvenait avoir été pris de violents vertiges vers l'entrée de la forêt et avait été obligé de descendre de cheval car tout autour de lui tanguait trop. Le jeune homme avait reçut une lumière aveuglante dans les yeux et il avait mis ses mains en visière pour se protéger. Son corps était devenu froid puis brûlant et enfin, alors que l'intensité de la lumière devenait insupportable, elle s'était éteinte. Ainsi que la lumière du jour sur un petit périmètre qui entourait Mortôs. Il avait vu les ténèbres, avait regardé la mort dans ses iris rouges flamboyantes et encore maintenant en y pensant il ne pouvait réprimer des frissons. Il se souvenait avoir tenté de fuir, de repousser et d'oublier l'appel mais sa rencontre avec un autre nécromant nommé Cassio avait tout changé. Il s'endormit sur le souvenir de sa rencontre avec cet homme fabuleux qu'il n'avait pas pu voir assez longtemps.

La nuit se déroula lentement, dans une attente insupportable pour Mortôs qui ne dormit que très peu et très superficiellement. Seuls les respirations calmes de ses amis parvenaient à l'apaiser.
Quand la nuit commençait à se dissoudre lentement, Larâ jaillit hors de son lit en chuchotant
- levez vous !! Aller !,
Elle bouscula Nalio qui avait mis sa tête sous la couverture et Elysis lui jeta son oreiller en grommelant. Esquivant adroitement le tir endormi, elle passa rapidement un vêtement souple et constata avec ravissement que leurs armes avaient été déposées devant la porte. Elle prit sa petite dague qu'elle accrocha avec de fines lanières autour de son poignée, sous sa manche de façon à ne pas éveiller les soupçons. Elle emporta également son sabre qu'elle glissa dans son fourreau en cuir en produisant un grincement métallique. Nalio finit par se lever, passa un bras autour de Larâ et lui dit d'une voix endormie
- pourquoi tu ne prends pas aussi un bouclier ? ...
Elle ne releva pas et lui tendit sa propre épée qu'il saisit fermement avant de la passer entre ses omoplates. Elysis se passa la main dans ses longs cheveux châtains clairs encore légèrement emmêlés. La jeune femme s'étira voluptueusement sous l'½il appréciateur de Mortôs. Elle attrapa son cher arc qu'elle garda prés d'elle et posa son carquois de flèches sur le dos. Illusion attrapa un petit poignard qu'elle dissimula sur son tibia et Mortôs se saisit seulement de son bâton. Le louveteau qu'ils avaient instinctivement baptisés Loup, se leva en remuant la queue et dressa la tête en les regardant. Elysis se mit accroupie et lui frotta vigoureusement le crâne. Elle leva un regard interrogateur sur ses amis.
- je pense qu'il est suffisamment rétablit pour nous accompagner, il ne semble plus souffrir du tout en fait... je vais lui donner ceci avant qu'on sorte de la chambre, c'est de l'essence d'une fleur qui régénère l'énergie. Il aura durant deux jours, une force très vigoureuse.

Pendant que ses amis croisaient les bras et regardaient le soleil se lever, Mortôs se dépêcha de prendre une petite fiole au liquide noir. Il ouvrit rapidement la gueule du loup et lui versa le contenu. Le groupe vérifia si rien d'important ne restait et ils partirent en dévalant les couloirs en pierre. Ehouna, une servante personnelle de celle-ci, et ses autres sbires habituelles les attendaient déjà au pied des grands escaliers. Le petit groupe vint devant elles. Ehouna portait une longue robe noire ce jour ci, elle releva le menton à leur approche et déclara d'une voix douce.
- nous vous attendions, un peu plus et nous partions sans vous, vos chevaux vous attendent à l'écurie.
Larâ se contenta d'hocher la tête d'un air froid et prit le chemin des écuries, suivie par ses amis qui paraissaient tout aussi raides. Ils furent saluer par un concert d'hennissements. La palefrenière les regarda entrer avec un dédain manifeste. Sans parler, elle alla sortir leurs montures une par une et leur donna les harnachements. Ils se dépêchèrent de tous les seller et les brider, et toute à leur joie de retrouver leur amis équidés, ils rejoignirent leurs hôtes. Larâ resta bouche bée devant le spectacle qui s'étalait sous leurs yeux. Une immense foule d'habitants s'était déjà engagée sur la piste de verre, formant une véritable chenille noire dans les falaises. Conscient de son émoi, Ehouna lui adressa un sourire narquois et partit vers le devant de la foule sur son cheval alezan. Le groupe s'installa en fond de queue, préférant observer le spectacle de cette foule avide de cris et de sang. Ils ne savaient pas encore ce qu'ils leur avaient réservé, mais connaissant cet étrange peuple, Larâ redoutait l'arrivée de leur traversée des falaises. Leurs chevaux semblaient beaucoup apprécier de se dégourdir les jambes et avançaient à bonne allure. Leurs cavaliers devaient souvent les ralentir pour qu'ils ne dépassent pas les gens à pieds.

Ils marchèrent durant toute la matinée, profitant de la chaleur du printemps qui les réchauffait agréablement. Le loup marchait à leurs cotés, vivement rappelé lorsqu'il s'égarait trop prés du peuple. De temps en temps Nalio rapprochait sa monture de Larâ et quand il voyait qu'il n'en récoltait qu'un petit sourire, il allait vers son frère. En effet, Larâ se sentait de plus en plus mal au fur et a mesure qu'ils descendaient la piste de verre, elle avait l'impression d'aller à sa mort, dans un piège camouflé qui allait l'aspirer, elle et ses amis. Elysis lui jetait de temps en temps un regard mais ne se sentait pas très bien non plus en regardant du coté d'Ehouna qui marchait fièrement en tête.
La fin d'après midi commença à se lever et Illusion ne cessait de regarder en arrière la ou étaient cachés les esclaves. Larâ surprit son regard et communiqua avec elle mentalement.
- je vais leur envoyer loup avec un mot, ne t'inquiètes pas , dans ce mot je leur indiquerai ou ils devront aller se cacher pendant que nous ferons diversion au spectacle.
Illusion acquiesça pour montrer qu'elle avait comprit.
Au moment ou Mortôs se demandait ou tant de monde allait dormir, la file noire de monde s'arrêta. Le groupe doubla la chenille des gens qui se dressaient sur la pointe des pieds pour voir ce qui avait perturbé leur voyage et ils talonnèrent leurs montures de Façon à arriver prés d'Ehouna.
- pourquoi stoppons nous notre route ? Questionna Elysis
- il est temps de faire halte, le soleil ne va pas nous éclairer longtemps et la route n'est pas sure de nuit.
- je ne distingue pas de corniche ou lieu ou tant de monde pourrait dormir. Intervint Nalio
- il me semble pourtant évident que nous allons demeurer sur la piste, de façon a s'étendre, chacun trouvera sa place. Répliqua la sbire fidèle d'Ehouna d'un ton cassant.
Devant l'absence de réaction de Larâ, la jeune femme en noir vint lui jeter un regard inquisiteur, elle observa Larâ descendre de cheval mais pris soin de continuer de darder son regard perçant, du haut de sa monture. La jument de Larâ s'ébroua et gratta du pied sur la piste de verre.
- il serait plus prudent de se reposer ailleurs , déclara Larâ d'une voix trop posée pour être vraie.
- aux dernières nouvelles, aucun endroit ne conviendrait pour autant de monde, et c'est moi qui donne les ordres durant l'absence de notre chère Rhaliâ.

La jeune fille détourna la tête, trop furieuse pour soutenir son regard. Elle se contenta de se retirer dans un lieu éloigné prés de la paroi de la falaise qu'ils longeaient et dessella sa jument. Ses amis firent de même. La nuit leur tomba dessus particulièrement rapidement et bientôt, toute la piste fut éclairée de divers petits feux, formant une suite de lumière dans les falaises. Loup mangea un bout de viande crue que Nalio avait dérobé aux cuisines. Larâ eut un regard absent pendant quelques minutes, elle songea à son père, à Lukâs qu'il lui tardait de revoir et enfin aux esclaves cachés dans la grotte. Loup leva sa fine tête noire à ce moment la pour la regarder. Elle trouve un petit morceau de parchemin dans son sac et demanda la plume de Mortôs. Elle écrivit rapidement un mot qui contenait ce message
«  nous allons assister au spectacle d'Ehouna en bas des falaises, nous allons y arriver demain vers le début de la soirée, je veux que demain matin, et seulement à ce moment la pour que vous ne tombiez sur personne, vous descendiez le plus rapidement possible. Quand vous serez sortit des falaises, traversez la plaine de Lycans et allez vous cacher dans la forêt qui la borde. Nous vous retrouverons rapidement. »
Elle siffla Loup qui était partit renifler le sol un peu plus loin et en se munissant d'une petite cordelette, accrocha le bout de papier autour de son cou. Elle se tourna ensuite vers Elysis.
- j'aurais besoin de tes pouvoirs sur la nature pour m'aider à lui faire comprendre ou il doit aller.
- il faut que j'entre en contact mental avec une personne qui y est déjà allé et qui est capable de se représenter le lieu très précisément.
Illusion leur adressa un petit sourire et vint à la droite d'Elysis. La jeune fille ferma les yeux, attrapa le poignet d'Illusion et lui dit
- vas y montre moi ou c'est.
Elle vit se succéder une suite d'images relativement floues qui partaient du moment ou les deux filles étaient passées dans la brèche du mur. Elysis vit Larâ grimper sur une pente rocheuse et rentrer dans un trou . Elle vit alors la grotte sous ses yeux et les esclaves rassemblés au centre.
Quand elle rouvrit les yeux, elle prit loup contre elle et plongea son regard bleu dans ses yeux. Quand elle lui parla se fut d'une voix beaucoup plus grave que d'habitude, envoûtante et rythmée d'histoires que ni Larâ ni Illusion ne parvenaient à saisir. Le loup la contempla, immobile et son regard s'assombrit légèrement. Il leva la tête au ciel étoilé et poussa un cri bestial, sinistre qui monta directement dans les cieux. Sans un regard de plus, il partit en courant sur la piste de verre.

# Posté le mercredi 26 mars 2008 13:10

chapitre 21 the battle lol


Chapitre 21

Les trois filles passèrent la nuit à guetter le retour de Loup, inquiètes à l'idée qu'il se soit perdu, Illusion et Larâ se levaient même de temps en temps pour observer les alentours. Elysis elle, était persuadée que le Loup avait bien compris le message et se contentait de regarder de temps en temps autour d'elle. Quand enfin un petit gémissement leur parvint en direction de la piste, Larâ bondit sur ses pieds, suivie d'Illusion et trouva le jeune loup , apparemment ravi avoir accomplit sa mission. Illusion vérifia que le message n'était plus la et adressa un sourire rayonnant à son amie. L'animal jappa de contentement et alla s'allonger à cotés de nalio qui dormait à poing fermé. Alors que les deux filles retournaient dormir prés des garçons, Larâ entreprit d'escalader la paroi de la falaise qui les bordait. Elle grimpa quelques minute jusqu'à arrivait à une petite plate forme de quelques mètres qui surplombait toute la piste et les falaises immenses qui les entouraient tous. Elle s'installa en croisant les jambes et observa la vue. Il n'y avait que très peu de mouvement dans la direction de la foule, de multiples petits feux s'étalaient un peu partout sur la piste et cela faisait un effet particulièrement agréable à regarder dans la nuit noire. Larâ chercha Ehouna des yeux mais elle était trop haute pour distinguer quelle silhouette était celle de leur ennemie. Elle sentit la colère se déverser en elle comme un poison mortel mais qui au lieu de la tuer, lui donnait des forces. Elle rejeta la tête en arrière et aspira l'air frais avec violence. Grâce à son pouvoir de loup, elle pu sentir toutes les effluves qui se dégageaient de la montagne. Elle sentit l'odeur de tous les gens, rassemblés en bas, sentit leur excitation qui ne cessait d'augmenter. Elle huma l'odeur de nourriture qu'ils avaient emporté et fut surprise de percevoir l'odeur de Loup avec tant de netteté et de détail. Elle pouvait pratiquement dire ou il se trouvait rien qu'en sentant son odeur. Lard promena son regard jusqu'au bout de la colonie et vit une cage entourée de draps noirs, ce devait être une partie de la surprise du spectacle songea-t-elle amèrement. Ses yeux lui permirent de localiser avec précision l'emplacement d'Ehouna. Comme elle s'y était attendue, celle-ci ne dormait pas, elle parlait visiblement avec emportement et gesticulait à l'adresse d'une des ses esclaves personnelles qui s'empressa de disparaître au plus vite. Loin d'être calmée Ehouna s'éloigna d'un pas vif, pour se mettre à l'écart. Elle s'affala au sol, dos contre la falaise et se prit les tempes par les mains. Intriguée par son étrange attitude, Larâ descendit de sa plate forme, et se dirigea vers Ehouna tout en restant suspendue dans le vie. Elle évoluait avec rapidité et aisance, loin d'égaler Nalio ni Illusion néanmoins et se retrouva bientôt à une quinzaine de mètres au dessus d'Ehouna. Tout d'abord, elle ne se rendit compte de rien, du moins de normal, Ehouna semblait extrêmement concentrée, et avait même quelques tremblements aux mains. Soudain Larâ perçut une succession de sons, elle entendit des voix directement dans son esprit. La conversation n'était pas claire, mais elle entendit distinctement deux sons de voix, un d'Ehouna, et un de Rhaliâ. Elle faillit lâcher prise en reconnaissant le timbre prétentieux de la femme qui voulait prendre la place de sa mère. Elle se rattrapa au dernier moment mais un petit cailloux se détacha de la paroi. Comme dans un rêve, elle le vit tomber, chuter, droit sur Ehouna qui le vit tomber à ses pieds. Elle le regarda quelques instants et leva la tête. Larâ sentit la peur déclencher son pouvoir de loup, elle aperçut des griffes pousser à la place de ses ongles. Profitant de cette inattendue occasion elle bondit verticalement et escalada la paroi à une vitesse vertigineuse. Ehouna n'eut pas le temps de distinguer quelque chose de précis et ne pu que voir vaguement une forme noire qui disparu rapidement. La jeune fille se dépêcha de revenir avec ses amis pour ne pas éveiller les soupçons, mais elle fut surprise de voir que Nalio ne dormait plus. Il était assis sur le sol, le loup à ses cotés et regarda Larâ descendre la paroi de la falaise qu'elle avait escalader quelques instants plus tôt. Elle vint s'asseoir silencieusement à côté de lui.
- qu'Est-ce qu'il se passe ? Lui demanda-t-elle doucement en posant un main hésitante sur son bras
- toi, Larâ j'ai tout vu, ton escalade, tout, tu ne peux pas te permettre à un moment pareil de faire de telles choses.
- Est-ce que quelqu'un d'autre m'a vu ?
- je n'en sais rien, et j'espère être le seul, dans des circonstances aussi tendues, ou on risque notre vie ainsi que celle d'Opra, ne l'oublies pas, il n'est pas intelligent d'aller espionner le chef de ces traîtres. Surtout quand tant de gens peuvent te voir.

Larâ encaissa silencieusement mais il l'avait vexée en lui indiquant implicitement qu'elle n'avait pas été intelligente, après tous les efforts qu'elle avait fourni pour protéger ses amis, pour les mener dans des conditions sures, il lui reprochait un manque de prudence, lui, qui s'était mis à dos tous les gardes de son père en moins d'une année. elle le regarda froidement, lui tourna le dos et partit en courant sur la piste plongée dans les ténèbres. Elle fit celle qui n'entendait pas l'appel désespéré de son compagnon et courut loin des feux.
Larâ était occupée à jeter des pierres de plus en plus grosses sur la falaise de façon à les éclater quand elle entendit des bruits de pas. Obéissant à un vieux réflexe elle fit léviter les pierres tout autour d'elle, formant ainsi une sorte de protection contre un quelconque agresseur. Elle laissa tomber sa garde en reconnaissant la silhouette fine d'Elysis, suivie par celle d'Illusion.
- c'est Nalio qui vous envoie ? Cracha la jeune fille d'un ton plus dur qu'elle ne l'aurait voulu.
- non, mais merci pour cet accueil, répliqua Elysis en affichant une mine narquoise, c'était pour te dire que le camp va bientôt être levé car au cas ou tu n'aurais pas remarqué le jour va bientôt s'élever, et oui, tu as passé toute la nuit à briser des pierres, j'espère que ça t'a apporté quelque chose car tu n'as pas fermé l'½il alors autant que cela te fournisse un entraînement pour ce qui va suivre...
Larâ se tourna vivement vers l'horizon. En effet l'aube commençait à peine à poindre, éclairant faiblement la vallée des Lycans. Elle laissa filer ses pensées vers ce qui les attendait et un claquement de langue impatient d'Illusion la ramena sur terre
- tu as raison, je suis désolée, je dormirai sur ma jument.
Elles repartirent vers la foule et Lâra prit bien soin de ne pas regarder Nalio qui essayait sans cesse de croiser son regard sombre. Ils sellèrent leurs montures qui s'étaient bien reposées et un murmure approbateur parcourut le groupe qui trouva enfin un point avantageux. Larâ dégaina son sable, caressa le tranchant de la lame et murmura,
- tu n'as pas finis tes combats mon vieux.
Elle le replaça dans le fourreau et fit un clin d'½il à Elysis qui vérifiait l'état de ses flèches. Mortôs administra un petite potion revigorante au loup et enfin le départ commença. Illusion fit attention de ne pas être entendu par un villageois et déclara à ses amis.
- ils doivent être en route à présent, je le sens. Bientôt ils suivront notre route et seront sauvés.
La file de personnes repris sa vitesse de croisière et bientôt le trajet fut aussi ennuyeux qu'un pèlerinage, Larâ jeta un coup d'½il anxieux aux serviteurs d'Ehouna et laissa ses paupières se fermer. Elle posa la main sur son médaillon et bientôt, elle eut la tête inclinée et se contentait de laisser sa jument aller seule derrière les autres. Nalio la regarda un moment puis flatta l'encolure de son étalon noir qui supportait mal la présence de chevaux inconnus et d'hommes prés de lui. Il ne serait jamais complètement domestiqué était persuadé Nalio et c'était ça qui lui plaisait chez sa fougueuse monture. «  comme moi » songea un instant Nalio. Puis il regarda ses amis, et Larâ en particulier et parla pour lui-même
- non pas comme moi... c'est du passé...
Mortôs était assez effrayant à contre jour, son visage déjà sombre, paraissait encore plus caché, ses cicatrices ressortaient nettement, le tout achevait de donner l'image d'un grand tueur qui aurait trop longtemps pactiser avec la mort et son bâton sinistre qui projetait de temps en temps une lueur bleutée n'arrangeait pas les choses. Il était étonnant que deux personnes aussi différentes que Mortôs et Elysis se soient découvert épris l'un de l'autre. Elle aimait la vie, il aimait la mort.
Le cortège sinistre poursuivait sa route toujours à la même allure et bientôt les chevaux commencèrent à montrer des signes d'impatience. Larâ se réveilla en sursaut quand sa jument accéléra précipitamment pour doubler des personnes trop lentes. Elle la fit revenir en arrière et constata que les autres chevaux étaient tout aussi énervés. Mais Est-ce que la longueur de la route était la seule cause de leur excitation ou fallait - il également inclure la nervosité du à un pressentiment ressentit par les chevaux quand à l'arrivée du trajet.

Ils descendirent la piste de verre durant encore toute la journée sans faire une seule halte et le groupe eut la nette impression qu'on cherchait à les fatiguer. En effet la cadence de marche augmenta, et même les chevaux devaient accélérer pour suivre les villageois à pieds qui ne semblaient pas souffrir de l'augmentation de la vitesse. Nalio, déjà d'une humeur massacrante n'en pouvait plus, et c'est excédé qu'il s'élança prudemment au galop pour rejoindre le devant de la file. Il s'arrêta en ralentissant brusquement son étalon juste devant Ehouna.
- puis je vous demander quand vous comptez ordonner un arrêt ?
- les villageois ne sont pas fatigués il me semble, et nous devons arriver aux balcons rocheux le plus rapidement possible.
- craignez vous une nuit de plus sur la piste ?
- vous êtes bien curieux mon cher jeune homme... déclara-t-elle d'une voix menaçante, cela n'est guère prudent en ces temps. Il n'y a rien que je ne puisse éliminer, pour répondre à votre question, mais la foule ne supporterait pas de repousser d'avantage le délai du spectacle, surtout quand nous sommes si prés du but.
Nalio n'avait rien entendu après : il n'y a rien que je ne puisse éliminer. Il secoua la tête et demanda avec un sourire figé
- aurais-je l'honneur de savoir ce que vous préparez pour divertir votre peuple ?
- une surprise n'est plus surprise si elle est dévoilée. Dit -elle d'un ton énigmatique, Nalio, nous nous connaissons n'Est-ce pas ? Vous savez très bien le genre de surprise que je réserve à mon peuple.
Il talonna son étalon pour rester à la auteur d'Ehouna et répondit directement
- justement, je ne sais pas qui de vous ou de Rhaliâ sera la femme la plus dangereuse, et aux dernières nouvelles, il me semble que ce n'est pas votre peuple. À moins que l'absence de votre maîtresse vous donne l'impression d'être importante ? Vous savez, je trouve étrange que vous me rappeliez notre connaissance mutuelle surtout quand on sait que votre maîtresse que vous vénérez si bien, n'était avant qu'un vulgaire obstacle à éliminer.

Ehouna ouvrit de grands yeux, regarda autour d'elle pour voir si une personne aurait entendu les propos du jeune homme et encaissa le coup.
- ne me dites pas que vos sbires ne sont pas au courant de votre couardise, plutôt que de m'envoyer tuer Rhaliâ, pourquoi ne l'avez-vous pas fait ? Une femme qui tente d'accéder au pouvoir doit avoir du courage, vos servantes ne savent pas qu'elles soigne une traître ? Dit - il en murmurant presque de façon à ce que seule Ehouna puisse entendre sa tirade aussi aiguisée qu'un dard.
- vous ne devriez pas jouer au plus fort avec moi Nalio car je vous préviens, vous perdrez à ce jeu la, je ne suis pas comme vous, je ne suis jamais seule et il se pourrait bien que je vous fasse rester éternellement prisonnier à Jeitorh pour ce que vous venez de me dire.
Nalio se trémoussa sur sa selle en montrant son poignard dissimulé sous sa cape.
- du temps ou je vous ai rencontré, vous n'étiez qu'une petite noble sans grandes valeurs qui avait des envies démesurées, et je ne suis pas seul, vous ne devez pas être au courant de la force de ceux qui m'accompagnent, et elles sont ou vos précieuses sbires ? Demanda- t - il en regardant autour d'eux. En effet ils étaient seuls en tête, les autres étaient probablement occupées à maltraiter un esclave plus loin. Ehouna lui jeta un regard noir mais il fut ravi d'y découvrir une pointe d'inquiétude.
- ça suffit trancha une voix derrière eux.
Ils se retournèrent tous les deux pour y voir Larâ qui les toisait froidement aux cotés d'Elysis.
- Nalio, nous avons besoin de toi en arrière.
Et sans un mot, elle lui fit un geste sec de la tête pour lui intimer de les suivre. Quand ils furent beaucoup plus loin d'Ehouna Elysis devança Larâ et s'exclama d'une voix forte.
- mais qu'Est-ce qu'il te prend ?? Tu veux faire mourir Opra ? Nous faire mourir ??
- elle à raison, poursuivit Larâ, tu me traites d'imprudente, mais la ce que tu fais c'est de l'inconscience ! Ehouna doit rester dans de «  bonnes » conditions avec nous tant que nous ne dévoilons pas notre plan de fuite et toi tu viens la provoquer sur son propre territoire ! Entourée de ses villageois qui ne jurent que par elle !
- il se trouve qu'une discussion s 'imposait entre elle et moi, et je n'ai pas besoin de l'avis de gamines pour me dire ce que je dois faire.
Elysis plissa les yeux en serrant les doigts sur ses rênes et Larâ répondit d'une voix sans émotion
- très bien fais ce que tu veux
Et elle fit tourner brusquement sa jument avant de s'élancer au grand galop pour rejoindre ses amis.

Chapitre 22




chapitre 21 the battle lol

# Posté le mercredi 26 mars 2008 13:11

chapitre 22

Chapitre 22


Bientôt les gens s'arrêtèrent au même moment ou les falaises diminuaient subitement de taille. Devant eux, se dressait la gigantesque plaine des Lycans, mortellement silencieuse au crépuscule naissant. Un coup d'½il leur appris ou ils se trouvaient, ils étaient à proximité de l'entrée de la piste de verre mais aussi juste devant des genres de balcons rocheux qui dominaient tous le paysage. Ils descendirent tous de cheval, attendant les ordres d'Ehouna dans un silence pesant. celle-ci se rapprocha de la cage noire, elle adressa quelques gestes secs aux porteuses aussi musclées que des hommes et recula pour dévisager tout le monde de son regard froid.
- peuple de Jeitorh! Nous sommes arrivés !! Je vous propose d'aller vous installer sur les balcons et dés que le soleil commencera à se coucher, le spectacle débutera !!
Une ovation retentit de parts et d'autres de la foule. Le groupe se tourna unanimement vers l'horizon. Il faisait encore jour mais en effet, le soleil commençait son inexorable descente pour laisser place à la nuit. Ils se réunirent à l'écart des gens. Mortôs prit la parole en premier.
- vous vous souvenez tous du plan ? Il faut faire en sorte que les chevaux soient accessibles pour Nalio dés que nous serons en passe de fuir.
- ils y sont, assura Illusion, j'ai veillé à ce qu'ils soient placés le plus proche possible, prés de la piste pour les prendre facilement.
Nalio toussa et déclara
- j'ai vu une petite ouverture, un genre de couloir dan la falaise qui mène sur la plaine d'ici, je n'aurais qu'à pousser les chevaux à l'intérieur, ainsi ils arriveront plus rapidement.
- bonne idée, dit Larâ sans le regarder, tout le monde a ses armes ?? Je suis persuadée que la cage contient Opra, il faudra attendre le dernier moment pour la prendre.
- et comment peux tu être sure qu'il s'agit d'Opra? Demanda Elysis d'une voix anxieuse
Larâ sembla réfléchir pour donner les meilleurs mots et finit par leur dire à voix basse
- je le sens, Ehouna ne se donnerait pas tant de mal pour transporter cette cage, si la chose prisonnière n'était pas important.
Ils approuvèrent tous et rejoignirent les balcons.

Tout le monde s'impatientait, gesticulait sur les bords des balcons en criant pour que le spectacle commence. Tout le monde sauf les jeunes gens qui restaient impassibles et immobiles au milieu des mouvements enfiévrés de la foule. Le crépuscule tomba enfin, et cela fut comme un signal inquiétant qui raisonna dans la tête de Larâ. Ehouna fit son apparition, en auteur par rapport aux autres. Elle réclama le silence et s'exclama d'une voix forte
- mon cher peuple, nous voici tous réunis pour assister à un spectacle dont vous vous souviendrez toute votre vie, ainsi que nos chers invités, dit elle en se tournant vers le groupe. Il est de notoriété que la ville de Jeitorh est connue pour ses divertissements, nous allons donc lui faire honneur !!!
Alors que la foule n'en finissaient plus d'applaudir et de crier, Elysis se sentit étrangement calme. Elle sentait les bruits des gens, comme une pulsation rythmée de haine et sentit sa propre force se décupler. Soudain, des femmes entrèrent sur la plaine à une trentaine de mètres d'eux en portant la fameuse cage. Elles enlevèrent le voile noir montrant ainsi Opra, recroquevillée sur le sol. Elle ouvrirent la cage et l'une d'elle donna un coup de bâton à la jeune fille pour la faire sortir. Larâ et Elysis fut les premières à réagir, elles sautèrent par-dessus les rebords des balcons en se laissant tomber dans le vide. Les deux jeunes filles atterrirent souplement sur le sol, immédiatement suivies du reste de la troupe. Tous coururent vers Opra, détachant ses liens qui maintenaient ses poignets l'un contre les autres.
Larâ regarda Ehouna pendant que ses amis entouraient Opra d'un air protecteur et s'exclama d'une voix rendue plus forte par le mépris et le dégoût
- vous n'êtes qu'une infâme pourriture Ehouna, il est la le sens de la fête chez vous ???!!! Descendez si vous l'osez ! Espèce de lâche !!! Acheva - t- elle en hurlant, ses paroles répercutées sur les parois des falaises avoisinantes.
Ehouna ne broncha pas, eut le visage brusquement blème. Elle leva la main pour faire arrêter les discussions qui s'élevaient rapidement et s'adressa au groupe, un sourire dangereux pendu aux lèvres
- très bien, si les visiteurs veulent se joindre aux festivités, qu'ils le fassent, lâchez les monstres !!!
Au mot monstres, tous se tournèrent vers le long des parois et virent un Lycan débouler sur eux, crocs en avant.

Nalio n'hésita pas, il courut vers lui toutes dagues en dehors. Quand le monstre fut sur lui, le jeune homme sauta dans les airs et atterrit sur le dos. Il plongea aussi profondément qu'il put ses deux poignards aiguisés et le monstre tenta de se retourner pour mordre. Nalio esquiva agilement et se saisit de sa grande dague qu'il planta cette fois dans le crâne épais du Lycan. Il sauta loin de sa monture improvisée au moment ou celle-ci s'affalait au sol. La foule cria, faisant trembler les tympans d'Opra qui se tenait à grand peine à ses amis qui la soutenaient de peur de la voir s'écrouler. Un deuxième Lycan fut lâché droit sur eux. Mais il n'eut pas le temps d'arriver sur le groupe. Il ouvrit la bouche pour lancer un hurlement quand une flèche enflammée vola vers lui et s'enfonça dans son gosier. Une autre siffla derrière la première pour se planter directement dans la colonne vertébrale du monstre. Larâ chercha des yeux leur allié, elle était persuadée que l'aide venait des balcons mais ne vit rien. Mortôs se plaça alors devant eux, son bâton vibrant levé vers le ciel. Cela signifiait qu'il voulait participer au jeu lui aussi. Quand le troisième lycan fut libéré il était prêt. Mortôs agita son bâton et le planta sur le sol dur de la plaine. Aussitôt le silence se fit, un silence lourd et pesant qui annonçait un changement de situation, la lumière même sembla s'éteindre complètement et la nuit les entoura. Un squelette de Lycan jaillit du sol, dans un grondement terrifiant, des bouts de chairs pendant encore à certains de ses os. D'un geste, son maître le lança sur le monstre bien vivant qui accourait vers eux. Il en fit sortir encore deux autres qui tour à tour s'élançaient vers le Lycan qui subissait les attaques de ses semblables morts. Mortôs se rappela de la phrase du livre «  - pour faire jaillir la vie des enfers, renaître les morts qui nous ont par maintes fois défiés et les rendre aussi soumis que des esclaves, la magie des morts permettra l'accès à ce sort inébranlable. Il suffit juste d'éteindre la lumière. »

Il avait réussi à utiliser ce sort. Un squelette s'écroula et Mortôs en fit renaître un de plus. Larâ s'y attendait et bondit sur le dos du squelette qui l'emmena au combat. Elle attendit qu'il fut suffisamment proche du Lycan et bondit au dessus du combat. Quand elle tomba au milieu de la masse d'os et de crocs, elle évita les attaques et prit son pouvoir de loup. Elle put ainsi voir avec précision ou frapper pour achever le monstre toujours debout mais qui commençait à fatiguer. Larâ continua d'esquiver les attaques qui se déchaînaient et vit la carotide qui pulsait dans la gorge du Lycan sous la masse de poils sombres. Elle eut à peine conscience de morsure accidentelle d'un squelette et elle trancha net la gorge du monstre avec son sabre. Il s'écroula au sol immédiatement. Les squelettes, se retrouvant sans adversaires semblèrent devenir flous et disparurent. Larâ coupa net la tête du Lycan, posa un pied sur son cadavre et souleva son trophée le plus haut possible en se tâchant sa tunique de sang.
- alors ?? Vous en voulez encore !!!
La foule se mit à crier d'une voix unanime et bestiale. Ehouna semblait fulminer sur place et s'écria.
- mes frères ! Pouvons nous les laisser s'en tirer comme ça alors qu'ils viennent de tuer, trois de nos chers Lycans ??? SAISISSEZ VOUS D'EUX !!!!

Des femmes en tenue de combat sautèrent des balcons et foncèrent vers eux. Nalio reconnut le signal de Larâ et contourna la scène de combat qui débutait pour foncer vers l'endroit ou les chevaux les attendaient. Il se glissa comme une ombre à travers les gens qui trop occupés à regarder le combat ne se souciaient pas de lui et partit en courant voir les montures qui paraissaient effrayées du son des cris provenant de la plaine. Nalio détacha les chevaux de ses amis puis à la réflexion, tous les autres également. Il agita les bras pour les pousser dans le passage de la falaise mais trop terrifiés, ils se contentaient de piaffer sur place, les yeux exorbités. Nalio détacha alors une lanière de cuir qu'il importait toujours sur lui et la fit claquer dans les airs. Cela fonctionna et tous disparurent dans le passage au grand galop se bousculant tous pour arriver le premier dehors. Seul l'étalon du jeune homme était resté prés de lui et Nalio se dépêcha de l'enfourcher et de le lancer vers la plaine. Plus loin le combat faisait rage, s'ils avaient commencé de sous estimer les femmes, ils le regrettaient amèrement, découvrant de grandes combattantes qui n'égalaient néanmoins pas, la dextérité d'Elysis et de Larâ au combat rapproché. Les chevaux jaillirent de la petite ouverture et tous le groupe enfourcha au passage leur monture respective. Illusion entendit distinctement le cri de rage d'Ehouna au milieu du vacarme et elle suivit les autres au grand galop. Une nuée de flèches choisit ce moment pour filer vers eux.

Heureusement la masse des chevaux galopant à leurs cotés, faisait obstacle et plusieurs d'entre eux s'écrasèrent au sol. Une flèche alla quand même se planter droit dans l'épaule droite de Nalio qui fit une horrible grimace. Larâ cria son nom mais sa voix fut couverte par le bruit des hennissements terrifiés et des voix humaines. Elle vit alors que petit à petit, leur dernière barrière de protection s'écroula, et découvrit avec horreur plusieurs cadavres de chevaux autour d'eux. Elle sentit alors une force s'emparer de son esprit. Une force qui l'obligeait à ralentir et elle comprit qu'ils utilisaient leur pouvoir pour les faire s'arrêter. Elle tentait de lutter mais sans prendre garde, elle ralentissait sa jument qui elle aussi ressentait les effets de cet étrange pouvoir. La troupe commença de ralentir mais la force d'Elysis se joignit à celle de Larâ brisant ainsi l'emprise qu'Ehouna tentait de conserver. Grisés par l'accélération subite de leur amie, tous luttèrent et furent bientôt loin de la scène d'affrontement, galopant à bride abattue, volant grâce à la peur. Ils traversèrent la plaine des Lycans, sans prendre garde à leur grande fatigue ainsi qu'à celle des chevaux afin de se trouver en sécurité, loin de Jeitorh.
chapitre 22
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# Posté le mercredi 09 avril 2008 05:33