Chapitre 23
La nuit les entourait de toute part, les enveloppant d'un long manteau noir qui faisait peser encore d'avantage leurs angoisses.
Ils avaient posé le pied au sol et avaient directement descellé les chevaux, Larâ avait posé ses alarmes du premier jour ici avec Elysis dans le désert Cariis. Mortôs avait soigné la plaie qui formait un trou sur l'épaule de Nalio et la morsure sans gravité de Larâ. Elysis avait aidé Opra à s'allonger sous la tente et tous s'étaient mis à l'abri de la nuit, les yeux fermés mais les oreilles aux aguets.
A présent, alors que seuls les bruits de la forêt, les hurlements lointains des Lycans qui semblaient agités et les hululements des chouettes persistaient encore à faire vivre les alentours, tous dormaient d'un sommeil sans rêves, trop fatigués pour se soucier d'autre chose. Seul Nalio ne dormait pas, il promenait son regard sans arrêt sur la silhouette de Larâ assoupie à ses cotés et pourtant si loin. Il sentait son pouls s'accélérer en se remémorant la bataille qui avait eu lieu ainsi que la blessure qu'il en avait écopé. Excédé il se tourna dans toutes les positions en vain, examina ses dagues sous toutes les coutures, cherchant quelque chose à corriger mais ne vit en elles que la magnifique usure des durs combats. Il ferma les yeux essayant de s'endormir quand un craquement au dehors lui fit ouvrir grand les yeux. Il regarda Larâ qui n'avait visiblement rien entendu et tendit l'oreille. Le même craquement comme un pas un peu trop lourd sur des feuilles sèches. Il déplaça sa main de manière imperceptible vers son poignard, plus proche que ses deux dagues et serra son poing sur le manche enlacé de cuir. Une silhouette se déplaçait dans le camp, furtivement mais pas assez pour l'oreille exercée du jeune homme. Il attendit que la silhouette se déplace un peu plus loin pour se glisser vers l'ouverture de la tente. Une main se posa alors sur son avant bras. Nalio sursauta vivement et se retrouva en face de Larâ qui posa un doigt sur ses lèvres. Elle tenait déjà son sabre qui brillait comme avec empressement. Elle se concentra pour atteindre tous ses amis mentalement, leur indiquant qu'un étranger se trouvait dans le campement et qu'ils devaient se trouver prêts. Nalio serra les mâchoires et au hochement de tête de la jeune fille il bondit hors de la tente en même temps que tous les autres. La silhouette s'arrêta de bouger et leva immédiatement les deux mains en l'air en voyant les armes sur lui. Larâ alluma aussitôt un feu grâce à sa magie. Profondément surpris, ils reconnurent Lûkas qui se tenait dans une posture pacifique. Larâ s'avança vers lui avec Nalio qui tenait toujours son poignard.
- Lûkas que faites vous ici ?
- si cela ne vous dérange pas Larâ, j'aimerai que vos amis baissent leurs armes cela me rend nerveux.
Elle se tourna vers ses compagnons avec un regard interrogateur et vit en effet qu'ils tenaient encore tous leurs épées, dagues, sabres avec une attitude belliqueuse. Elle s'exclama d'un voix choquée
- mais enfin vous ne reconnaissez pas notre ami ?
Ils laissèrent de côté leur méfiance et s'approchèrent de lui. Lûkas avait une mine fatiguée, mais ne faisait pas si esclave que la dernière fois, visiblement ce séjour chez le père de Larâ lui avait redonné des forces. Il poussa un long soupir et s'affala au sol, vite rejoint par tous les autres.
- vous ne pouvez pas savoir la difficulté que j'ai eu pour vous couvrir, vous n'êtes pas passé inaperçus à la ville
Elysis s'écria
- c'était vous qui nous aidiez depuis le début ? La flèche avec le Lycan ? Les gardes du cachot ?
- moi et un ami que Larâ connaît très bien, et toi aussi Elysis, il va nous rejoindre au lever du soleil, des empêchements à la ville. Je ne vous en dis pas plus, pour vous faire une surprise. Je dois vous féliciter du superbe affrontement que vous avez livré à tous ces traîtres ! J'ai eu peur à moment début vers le début, c'est la que je vous ai apporté mon aide mais j'ai vu qu'après, les autres auraient bien du mal à vous déstabiliser, qui plus est j'étais en vue assez dégagée et je ne devais pas me faire repérer.
Nalio se tenait un peu en retrait, le visage dissimulé dans l'ombre. Il s'était levé pour aller s'adosser contre un arbre et demanda d'une voix sans émotions
- Est-ce une de ses sbires nous a suivie ?
- oui, une femme rodait par la, armée jusqu'aux dents, je lui suis tombé dessus et ait abrégé sa quête.
- ou avez-vous mis le corps ? Questionna Opra
- je l'ai enterré. Quand comptez vous partir ? Nous pouvons partir dés maintenant vous savez, notre invité nous rejoindra facilement ! Ah mais vous avez peut être besoin de repos.
- non ce n'est pas que ça, intervint Illusion, nous attendons des esclaves que nous avions libéré au château, ils se cachaient dans des cavernes prés de la ville et doivent être prêts à traverser la plaine à présent.
- vous allez vous encombrer avec des esclaves probablement fatigués, il vous faut avancer le plus rapidement possible, je ne doute pas qu'Ehouna lance une troupe à vos trousses.
- nous ne pouvons partir sans eux, et ils pourront nous aider. Répondit Larâ en surveillant les alentours.
Lûkas leva les bras pour montrer son abandon et se tourna vers Nalio.
- alors jeune homme , toujours aussi habile avec un sabre ? Dit il en essayant de détendre l'atmosphère
- et vous toujours aussi habile pour traquer les gens ? Répliqua - t - il avant de s'enfoncer dans les bois d'un pas rageur manquant singulièrement à sa démarche féline habituelle.
Tous se regardèrent, surpris de sa réaction et Larâ déclara à l'intention de Lûkas qui restait secoué.
- ne vous inquiétez pas il ne le pensait pas, Nalio peine à contrôler ses paroles en ce moment.
Tous se recouchèrent, sentant la fatigue leur tomber dessus. Tout le monde sauf Larâ qui regardait tristement l'endroit ou Nalio avait disparu, des larmes perlant aux coins de ses yeux. Elle entendit des pas légers et reconnut la démarche d'Elysis qui venait vers elle. Larâ ne réagit pas en sentant une main se poser sur son épaule. La voix d'Elysis s'éleva dans la nuit, trop douce pour être réelle, rassurante, elle lui murmura des paroles réconfortantes puis se tut, voyant que le silence de la nuit était plus apaisant. La jeune fille assise à même le sol serra les dents pour retenir ses sanglots et leva son visage humide vers son amie qui la regardait avec des grands yeux compréhensifs. Elysis poussa un discret soupir et lui dit
- je vais aller le chercher avec Mortôs reste ici.
Mortôs entendit son nom, étant réveillé en sentant l'absence d'Elysis et sortir de la tente pour les rejoindre. Elysis se leva, lui prit le poignet et l'emmena vers la forêt. Ils disparurent entre les buissons sauvages.
La lumière de la lune les éclairait, leur montrant les petits sentiers à emprunter. Elysis marchait derrière Mortôs, utilisant son don pour demander aux arbres et arbustes faisant obstacles de s'écarter sur le chemin. Elle s'arrêta à un moment, touchant un rocher de sa main fraîche elle sentit les pulsations de la pierre pénétrer dans le bout de ses doigts, couler dans ses veines jusqu'à son esprit, vit une succession d'image, des images qui allaient la guider jusqu'à Nalio. En se concentrant elle parvint à traduire le langage de la Terre, vit Nalio adossé contre un arbre dans une clairière. Rassurée de le voir en sécurité elle continua de suivre Mortôs. Le jeune homme semblait soucieux, il serrait et desserrai son emprise sur son bâton noir et finit par s'arrêter en regardant Elysis. Il réfléchit quelques secondes et lui dit.
- Elysis, je vais partir, viens avec moi ... je t'en prie, cette guerre qui se trame ne nous regarda pas, viens avec moi et nous vivrons tous les deux loin du sang, de la mort.
Elle le regarda avec un air étonné et lui répondit d'une voix trop calme pour être sincère.
- je suis avec Larâ et les autres, si je suis venue dans votre monde c'est pour aider mon amie, alors je ne vais pas laisser maintenant.
- mais enfin réfléchit ! S'exclama-t-il en donnant un coup de pied sur une petite pierre qui roula plus loin, ce n'est pas un monde pour une fille si pure que toi, tu m'aimes non ?
- oui mais je n'abandonnerai pas mes amis, même pour toi, on est ensemble dans cette galère tu te souviens ?
- je dois partir, je ne peux plus, cela n'est pas moi, avec vous je m'endors sur mes lauriers, j'ai des pouvoirs qui tournent autour de tout ce qui est funeste et avec vous je perds ma force morbide, il me faut me renforcer.
- tu vas t'en aller ? Comme ça ? Et ton frère ?
- il le faut.. Tu ne peux pas comprendre un nécromant, j'ai eu tort d'essayer de te mêler à ça. Mon frère reviendra, il aime Larâ, et son style de vie se colle mieux au votre qu'au mien, quand il reviendra, dit lui que je l'aime et à tous les autres aussi...
Sans un mot de plus, il se pencha, l'embrassa légèrement et fit demi tour, s'enfonçant dans la forêt la plus profonde, son bâton émettant encore de faibles lueurs bleutées. Elysis le regarda partir sans rien dire, trop émue pour ne serais-ce que pleurer. Elle sentait une boule dans sa gorge et fut soudain prise de vertiges. Elle sentit des douleurs à ses côtes, puis sur son crâne comme si quelqu'un d'invisible la frappait. Elle s'écroula au sol, mit sa main sur sa bouche, persuadée qu'elle était en sang mais ne vit rien. Bientôt le spasmes de douleur s'espacèrent et elle pu se relever. Quand elle fut debout, Elysis s'accrocha à un épais tronc d'arbre pour se retenir. Elle vit alors une succession d'images lui montrant Nalio allongé au sol, blessé et meurtrit se déchaîner dans son esprit. Affolée, elle secoua la tête et ouvrit grands les yeux. Son esprit lui avait indiqué une clairière mais elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit ou celle-ci se trouvait, elle pouvait être à des kilomètres de la.
Elysis ouvrit les paumes vers le ciel, puisant sa force éternelle, elle rejeta la tête en arrière et entonna un chant dans une langue étrangère, mélancolique, et si belle à la fois, la langue du peuple de la Terre. La jeune fille demandait de l'aide à la forêt, sentant le danger de son ami, qui devait probablement être couvert de sang, dans une région remplie de Lycans affamés. Soudain les feuilles, buissons, rochers, arbres qui obstruaient sa route se jetèrent sur le coté, lui libérant un réel sentier espacé dans lequel elle s'engagea en courant. Elysis courait à toute vitesse, paniquée de l'état de Nalio, elle détalait plus qu'elle ne courait, et finit par arriver à la clairière. Elle la traversa rapidement et courut vers une forme sombre au sol. Nalio respirait mais très faiblement. Elle entendit un grognement un peu plus loin et vit ce qu'elle avait tant redouté. Un Lycan. Il flaira l'air et se mit à courir vers eux. Ne sachant que faire, Elysis agrippa le poignet de Nalio et cria. Le sol se mit à trembler, puis une fissure se forma. Elle continua de s'élargir, créant à présent une véritable crevasse qui devint infranchissable pour le monstre qui freina brusquement. Ils étaient sauvés... pour le moment.
La nuit les entourait de toute part, les enveloppant d'un long manteau noir qui faisait peser encore d'avantage leurs angoisses.
Ils avaient posé le pied au sol et avaient directement descellé les chevaux, Larâ avait posé ses alarmes du premier jour ici avec Elysis dans le désert Cariis. Mortôs avait soigné la plaie qui formait un trou sur l'épaule de Nalio et la morsure sans gravité de Larâ. Elysis avait aidé Opra à s'allonger sous la tente et tous s'étaient mis à l'abri de la nuit, les yeux fermés mais les oreilles aux aguets.
A présent, alors que seuls les bruits de la forêt, les hurlements lointains des Lycans qui semblaient agités et les hululements des chouettes persistaient encore à faire vivre les alentours, tous dormaient d'un sommeil sans rêves, trop fatigués pour se soucier d'autre chose. Seul Nalio ne dormait pas, il promenait son regard sans arrêt sur la silhouette de Larâ assoupie à ses cotés et pourtant si loin. Il sentait son pouls s'accélérer en se remémorant la bataille qui avait eu lieu ainsi que la blessure qu'il en avait écopé. Excédé il se tourna dans toutes les positions en vain, examina ses dagues sous toutes les coutures, cherchant quelque chose à corriger mais ne vit en elles que la magnifique usure des durs combats. Il ferma les yeux essayant de s'endormir quand un craquement au dehors lui fit ouvrir grand les yeux. Il regarda Larâ qui n'avait visiblement rien entendu et tendit l'oreille. Le même craquement comme un pas un peu trop lourd sur des feuilles sèches. Il déplaça sa main de manière imperceptible vers son poignard, plus proche que ses deux dagues et serra son poing sur le manche enlacé de cuir. Une silhouette se déplaçait dans le camp, furtivement mais pas assez pour l'oreille exercée du jeune homme. Il attendit que la silhouette se déplace un peu plus loin pour se glisser vers l'ouverture de la tente. Une main se posa alors sur son avant bras. Nalio sursauta vivement et se retrouva en face de Larâ qui posa un doigt sur ses lèvres. Elle tenait déjà son sabre qui brillait comme avec empressement. Elle se concentra pour atteindre tous ses amis mentalement, leur indiquant qu'un étranger se trouvait dans le campement et qu'ils devaient se trouver prêts. Nalio serra les mâchoires et au hochement de tête de la jeune fille il bondit hors de la tente en même temps que tous les autres. La silhouette s'arrêta de bouger et leva immédiatement les deux mains en l'air en voyant les armes sur lui. Larâ alluma aussitôt un feu grâce à sa magie. Profondément surpris, ils reconnurent Lûkas qui se tenait dans une posture pacifique. Larâ s'avança vers lui avec Nalio qui tenait toujours son poignard.
- Lûkas que faites vous ici ?
- si cela ne vous dérange pas Larâ, j'aimerai que vos amis baissent leurs armes cela me rend nerveux.
Elle se tourna vers ses compagnons avec un regard interrogateur et vit en effet qu'ils tenaient encore tous leurs épées, dagues, sabres avec une attitude belliqueuse. Elle s'exclama d'un voix choquée
- mais enfin vous ne reconnaissez pas notre ami ?
Ils laissèrent de côté leur méfiance et s'approchèrent de lui. Lûkas avait une mine fatiguée, mais ne faisait pas si esclave que la dernière fois, visiblement ce séjour chez le père de Larâ lui avait redonné des forces. Il poussa un long soupir et s'affala au sol, vite rejoint par tous les autres.
- vous ne pouvez pas savoir la difficulté que j'ai eu pour vous couvrir, vous n'êtes pas passé inaperçus à la ville
Elysis s'écria
- c'était vous qui nous aidiez depuis le début ? La flèche avec le Lycan ? Les gardes du cachot ?
- moi et un ami que Larâ connaît très bien, et toi aussi Elysis, il va nous rejoindre au lever du soleil, des empêchements à la ville. Je ne vous en dis pas plus, pour vous faire une surprise. Je dois vous féliciter du superbe affrontement que vous avez livré à tous ces traîtres ! J'ai eu peur à moment début vers le début, c'est la que je vous ai apporté mon aide mais j'ai vu qu'après, les autres auraient bien du mal à vous déstabiliser, qui plus est j'étais en vue assez dégagée et je ne devais pas me faire repérer.
Nalio se tenait un peu en retrait, le visage dissimulé dans l'ombre. Il s'était levé pour aller s'adosser contre un arbre et demanda d'une voix sans émotions
- Est-ce une de ses sbires nous a suivie ?
- oui, une femme rodait par la, armée jusqu'aux dents, je lui suis tombé dessus et ait abrégé sa quête.
- ou avez-vous mis le corps ? Questionna Opra
- je l'ai enterré. Quand comptez vous partir ? Nous pouvons partir dés maintenant vous savez, notre invité nous rejoindra facilement ! Ah mais vous avez peut être besoin de repos.
- non ce n'est pas que ça, intervint Illusion, nous attendons des esclaves que nous avions libéré au château, ils se cachaient dans des cavernes prés de la ville et doivent être prêts à traverser la plaine à présent.
- vous allez vous encombrer avec des esclaves probablement fatigués, il vous faut avancer le plus rapidement possible, je ne doute pas qu'Ehouna lance une troupe à vos trousses.
- nous ne pouvons partir sans eux, et ils pourront nous aider. Répondit Larâ en surveillant les alentours.
Lûkas leva les bras pour montrer son abandon et se tourna vers Nalio.
- alors jeune homme , toujours aussi habile avec un sabre ? Dit il en essayant de détendre l'atmosphère
- et vous toujours aussi habile pour traquer les gens ? Répliqua - t - il avant de s'enfoncer dans les bois d'un pas rageur manquant singulièrement à sa démarche féline habituelle.
Tous se regardèrent, surpris de sa réaction et Larâ déclara à l'intention de Lûkas qui restait secoué.
- ne vous inquiétez pas il ne le pensait pas, Nalio peine à contrôler ses paroles en ce moment.
Tous se recouchèrent, sentant la fatigue leur tomber dessus. Tout le monde sauf Larâ qui regardait tristement l'endroit ou Nalio avait disparu, des larmes perlant aux coins de ses yeux. Elle entendit des pas légers et reconnut la démarche d'Elysis qui venait vers elle. Larâ ne réagit pas en sentant une main se poser sur son épaule. La voix d'Elysis s'éleva dans la nuit, trop douce pour être réelle, rassurante, elle lui murmura des paroles réconfortantes puis se tut, voyant que le silence de la nuit était plus apaisant. La jeune fille assise à même le sol serra les dents pour retenir ses sanglots et leva son visage humide vers son amie qui la regardait avec des grands yeux compréhensifs. Elysis poussa un discret soupir et lui dit
- je vais aller le chercher avec Mortôs reste ici.
Mortôs entendit son nom, étant réveillé en sentant l'absence d'Elysis et sortir de la tente pour les rejoindre. Elysis se leva, lui prit le poignet et l'emmena vers la forêt. Ils disparurent entre les buissons sauvages.
La lumière de la lune les éclairait, leur montrant les petits sentiers à emprunter. Elysis marchait derrière Mortôs, utilisant son don pour demander aux arbres et arbustes faisant obstacles de s'écarter sur le chemin. Elle s'arrêta à un moment, touchant un rocher de sa main fraîche elle sentit les pulsations de la pierre pénétrer dans le bout de ses doigts, couler dans ses veines jusqu'à son esprit, vit une succession d'image, des images qui allaient la guider jusqu'à Nalio. En se concentrant elle parvint à traduire le langage de la Terre, vit Nalio adossé contre un arbre dans une clairière. Rassurée de le voir en sécurité elle continua de suivre Mortôs. Le jeune homme semblait soucieux, il serrait et desserrai son emprise sur son bâton noir et finit par s'arrêter en regardant Elysis. Il réfléchit quelques secondes et lui dit.
- Elysis, je vais partir, viens avec moi ... je t'en prie, cette guerre qui se trame ne nous regarda pas, viens avec moi et nous vivrons tous les deux loin du sang, de la mort.
Elle le regarda avec un air étonné et lui répondit d'une voix trop calme pour être sincère.
- je suis avec Larâ et les autres, si je suis venue dans votre monde c'est pour aider mon amie, alors je ne vais pas laisser maintenant.
- mais enfin réfléchit ! S'exclama-t-il en donnant un coup de pied sur une petite pierre qui roula plus loin, ce n'est pas un monde pour une fille si pure que toi, tu m'aimes non ?
- oui mais je n'abandonnerai pas mes amis, même pour toi, on est ensemble dans cette galère tu te souviens ?
- je dois partir, je ne peux plus, cela n'est pas moi, avec vous je m'endors sur mes lauriers, j'ai des pouvoirs qui tournent autour de tout ce qui est funeste et avec vous je perds ma force morbide, il me faut me renforcer.
- tu vas t'en aller ? Comme ça ? Et ton frère ?
- il le faut.. Tu ne peux pas comprendre un nécromant, j'ai eu tort d'essayer de te mêler à ça. Mon frère reviendra, il aime Larâ, et son style de vie se colle mieux au votre qu'au mien, quand il reviendra, dit lui que je l'aime et à tous les autres aussi...
Sans un mot de plus, il se pencha, l'embrassa légèrement et fit demi tour, s'enfonçant dans la forêt la plus profonde, son bâton émettant encore de faibles lueurs bleutées. Elysis le regarda partir sans rien dire, trop émue pour ne serais-ce que pleurer. Elle sentait une boule dans sa gorge et fut soudain prise de vertiges. Elle sentit des douleurs à ses côtes, puis sur son crâne comme si quelqu'un d'invisible la frappait. Elle s'écroula au sol, mit sa main sur sa bouche, persuadée qu'elle était en sang mais ne vit rien. Bientôt le spasmes de douleur s'espacèrent et elle pu se relever. Quand elle fut debout, Elysis s'accrocha à un épais tronc d'arbre pour se retenir. Elle vit alors une succession d'images lui montrant Nalio allongé au sol, blessé et meurtrit se déchaîner dans son esprit. Affolée, elle secoua la tête et ouvrit grands les yeux. Son esprit lui avait indiqué une clairière mais elle n'avait pas la moindre idée de l'endroit ou celle-ci se trouvait, elle pouvait être à des kilomètres de la.
Elysis ouvrit les paumes vers le ciel, puisant sa force éternelle, elle rejeta la tête en arrière et entonna un chant dans une langue étrangère, mélancolique, et si belle à la fois, la langue du peuple de la Terre. La jeune fille demandait de l'aide à la forêt, sentant le danger de son ami, qui devait probablement être couvert de sang, dans une région remplie de Lycans affamés. Soudain les feuilles, buissons, rochers, arbres qui obstruaient sa route se jetèrent sur le coté, lui libérant un réel sentier espacé dans lequel elle s'engagea en courant. Elysis courait à toute vitesse, paniquée de l'état de Nalio, elle détalait plus qu'elle ne courait, et finit par arriver à la clairière. Elle la traversa rapidement et courut vers une forme sombre au sol. Nalio respirait mais très faiblement. Elle entendit un grognement un peu plus loin et vit ce qu'elle avait tant redouté. Un Lycan. Il flaira l'air et se mit à courir vers eux. Ne sachant que faire, Elysis agrippa le poignet de Nalio et cria. Le sol se mit à trembler, puis une fissure se forma. Elle continua de s'élargir, créant à présent une véritable crevasse qui devint infranchissable pour le monstre qui freina brusquement. Ils étaient sauvés... pour le moment.

