chapitre 33

Chapitre 33

Le soleil se leva sur la plaine, éclairant la petite armée allongée dans des tentes ou sur l'herbe sèche d'été. Nalio s'étira pour sortir de ce sommeil qui avait été difficile, fut rassuré de constater la présence de Larâ à ses cotés et trouva un bout de parchemin sur ses habits à l'entrée de leur tente. Il s'en saisit rapidement et lut ce qui était écrit, juste un mot.
- bientôt
Ignorant ce que cela voulu dire il réveilla Larâ en entendant les premiers signes d'agitation venant du campement. Une quinzaine d'hommes partirent en chasse pour ramener du gibier et de la nourriture. Elysis vint trouver Larâ devant sa tente.
- je veux rentrer en contact avec mes parents et leur demander de venir.
- c'est une bonne idée, je t'accompagne ?
- non j'y arriverai mieux seule Larâ.

Elle s'éloigna gracieusement, ses longs cheveux attachés en une tresse claire. La jeune femme s'installa souplement sur un rocher et se concentra. Il fallait qu'elle essaye de capter les pensées de sa mère avec qui elle était plus proche que tout. Mais c'était extrêmement difficile. Au bout d'une longue demi heure elle parvint à saisir une multitude d'images qui se succédaient. Elle se força à faire le tri, ne sélectionnant que celle de sa mère et parvint à pénétrer dans son esprit.
-Maman ?
Agitation dans les pensées de sa mère.
- ma chérie c'est toi ??? Ou es tu ? ça fait presque un an que nous n'avons pas de nouvelles moi et ton père !
- calme toi maman, je suis dans le monde de Larâ et Lortiis, ici de gros problèmes ont surgi, je ne pouvais pas vous contacter car sinon les ennemis du trône auraient pu nous repérer moi et sa fille, si je vous contacte c'est pour vous dire que Lortiis est au plus mal et connaissant vos anciens liens avec lui, j'aurai pensé que votre aide dans ce monde nous aurait été précieuse.
- il faut que tu rentres si le danger rode Elysis, répliqua les pensées de sa mère
- non j'ai promis de les aider, ça ira plus vite avec votre aide mais sinon, je reste ils ont besoin de notre soutien a moi et à leurs amis.
- Lortiis a des problèmes ?
- oui des ennemis très dangereux menacent de prendre le pouvoir de l'empire si nous n'intervenons pas Lortiis et sa fille disparaîtront et toutes les belles choses de ce monde également. Aidez nous toi et papa !
- très bien, ton père et moi viendront avec une armée à la forêt de passage. D'ici demain à la tombée de la nuit nous serons la bas, arrange toi pour nous réceptionner et ma chérie, ajouta-t-elle en sentant leur transmission diminuer, fais attention.
- merci maman, Larâ va être ravie de savoir que les anciens alliés de Lortiis veulent encore lui venir en aide.

Elle s'éloigna du fil télépathique et se retrouva bientôt seule assise au même endroit. Elle se leva, donna quelques tapes pour enlever la poussière de sa tunique noire et rejoignit les autres qui discutaient avec animation. Elle se positionna en hauteur et une fois que tout le monde la regardait s'exclama avec force
- préparez vous a rentrer en guerre !! Les alliés de Lortiis de l'autre monde nous rejoigne demain à la tombée de la nuit à la forêt de passage !! Nous n'avons pas encore perdu !!!
Il y eut alors une exclamation de voix, toutes plus heureuses les unes que les autres. Larâ se jeta dans les bras de son amie, tandis que les sifflements de joie retentissaient partout autour d'elles. Une fois l'agitation calmée, Alfiis vint à la rencontre d'Elysis et de ses amis autours d'elle.
- je suis ravi d'entendre que le roi de Rhadagik vient en personne pour venir en aide a ce monde, il y a longtemps que je ne l'ai pas vu.
- vous le connaissiez ? Demanda Elysis
- rapidement oui, je lui avait déjà parlé quelques fois mais il m'avait semblé sympathique.
Il retourna sur une petite butte pour guetter l'arrivée des soldats et du gibier avec Lukâs. Alors que le groupe se dispersa pour différentes taches, Larâ resta assise seule. Elle revit le souvenir déclenché par Torza, sa mère qui jusqu'au bout s'était battue. Et cette traître de Rhaliâ qui l'avait tué sans remords, sans même afficher de sentiments. Elle se demanda si elle était devenue pareil, à tuer des ennemis quelqu'ils soient sans ressentir de choses particulières. Elle vit Opra s'affairer autour du corps de Loup, lui appliquer des remèdes, Nalio aiguiser ses dagues, Elysis réciter des incantations pour régénérer son pouvoir de la nature, Illusion qui s'entraînait a disparaître et a réapparaître a quelques dizaines de mètres, et elle qui restait la, sans savoir quel était son don. Elle était une grande magicienne, très puissante mais avait peu de limites et cela l'effrayait. Elle savait manier les armes avec agilité mais grâce à l'entraînement de Vlad. Elle n'avait qu'un statut en fait, princesse d'un royaume qui menaçait de s'écrouler. Alors que ses pensées divaguaient ailleurs et que son visage affichait toujours cette mine sombre elle sentit un poids s'asseoir à coté d'elle. Sans même regarder qui venait troubler son moment de réflexion elle attendit que la voix sage de Torza s'élève.
- vous avez l'air bien troublée princesse Larâ.
- je réfléchis, Torza, croyez vous que je deviens aussi criminelle que les ennemis que nous tuons pour survivre ? Je veux dire, pensez vous que pour moi le fait de tuer est devenu trop anodin ?

Le vieillard étira ses longues jambes et aspira avant de répondre.
- vous n'êtes pas une tueuse Larâ, quoique les autres peuvent en penser, vous tuez car le plus souvent vous n'avez pas d'autres choix, vous voyez les deux captives que vous vous traînez depuis notre rencontre ? Dit il en désignant les deux femmes assises sur le sol.
Larâ acquiesça de la tête tandis que Torza reprenait.
- vous ne les avez pas tué, et pourtant en connaissant les souffrances qu'elles ont infligé à votre amie et à tant d'autres, votre instinct vous poussait à le faire mais vous ne l'avez pas fait, tout simplement parce que ce n'est pas dans votre nature.
- j'ai peur.
En plusieurs années, elle venait de prononcer les deux mots qu'elle s'était toujours refusé de dire. A cet ancêtre qui lui témoignait tellement de gentillesse, de confiance, elle s'était laissé allé a dire ce qu'elle ressentait dans le plus grand secret.
- il est normal d'avoir peur, Larâ, vous avez 17 ans et à cet age la vous accomplissez des prodiges autant en magie qu'en combat, vous affrontez des ennemis plus puissants que vous sans ciller, portée par votre esprit de vengeance, voyez vous, Nalio m'a raconté ce qui vous été arrivé, votre morsure de Lycan, savez-vous la chance que vous avez eu ? Il est extrêmement rare de survivre à une morsure pareil, mais non seulement d'y survivre, vous avez adapté cette morsure à vous-même, vous offrant ainsi un autre pouvoir d'une puissance incroyable. Il m'est étonnant d'entendre le mot peur de votre bouche après tout ce que vous avez vécu princesse.
- je crains quand à l'issue du combat qui se prépare, j'ai peur de ne pas pouvoir achever ma quête. Rhaliâ mérite de mourir, pour ce qu'elle a fait. Mais si jamais je rate mon coup, qu'adviendra-t-il de cette terre...
- ne portez pas un poids trop lourd pour vos épaules, si vous sentez que vous devez tuer Larâ, vous réussirez, non ! coupa-t-il en voyant la mine indécise de la jeune femme, pas parce que c'Est-ce que tout le monde attend, mais parce que si vous ne parvenez pas du premier coup, vous n'arriverez pas à vivre tant que cela ne sera pas fait. J'ai bon espoir quand à l'issue de l'affrontement avec cette femme, un sang si pur et puissant coule dans vos veines. Que pourrait une femme avide de pouvoir, sans amour, aveuglée par la jalousie contre une jeune femme puissante, élevée dans l'amour et qui est animée d'une flamme impossible a éteindre ?
Elle lui adressa un sourire aveuglant, preuve que son moral était remonté et lui dit à voix basse.
- merci.
- je ne vois pas pourquoi vous me dites ça termina-t-il avec un clin d'½il malicieux.

Ils restèrent assis sur l'herbe, perdus l'un et l'autre vers des songes très différents. Le soleil haut annoncé que l'heure du repas approchait. Ils attendirent la venue des soldats partis chasser quand soudain Torza demanda d'une voix gaie
- au fait, que fait ma petite fille à plusieurs centaines de mètres ?
- comment savez-vous qu'elle nous suit ?
- je connais très bien Irias, je sais aussi qu'elle n'aurait pas supporté de rester en arrière et au long du trajet pour parvenir ici, elle a fait une petite imprudence visible pour les cavaliers en retard comme moi. Bien sur j'ai fais comme si je n'avais rien vu mais princesse Larâ, ça me rassurerait que vous jetiez un ½il sur elle de temps à autre, surtout s'il advient de combattre.
- ne vous inquiétez pas, c'Est-ce que je comptais faire mais je pense qu'Irias ne se laissera pas facilement faire par un individu potentiellement agressif. Dit elle en étouffant un rire.
- tout juste ! Ah, les chasseurs sont de retour.
Une quinzaine d'hommes revenaient en effet, à cheval ou a pied, transportant cerfs, paniers de fruits et de plantes, et d'autres petits mammifères. Tout le monde se rassembla, fit de grands feux et se repartirent la nourriture. Bien que la quantité n'était pas grandiose, ils purent tous manger raisonnablement et cela leur permit de faire tous un entraînement assidu l'après midi. Larâ s'entraîna avec Torza et Nalio. En premier temps elle demanda à Nalio de lui jeter des armes de divers poids droit sur elle. Celui-ci s'accomplit à sa mission de mauvaise grâce mais fut rassuré de constater que tous les gestes de sa compagne chassaient les épées, dagues et autres poignards à plusieurs mètres. Torza admirait la rapidité d'action de la jeune femme qui d'un seul geste nonchalant, faisait voler une épée à une dizaine de mètres. Nalio commençait à se lasser et fut contente de pouvoir assister au combat amical entre Torza et Larâ. Le vieil homme salua respectueusement sa nouvelle adversaire et leva les deux mains. Larâ fit de même. Le premier sort fut jeté par Larâ, voulant jouer d'un effet de surprise, raté. Torza sourit et fit un geste des doigts créant un bouclier. Il enleva son sort et contre-attaqua gentiment avec un sort de propulsion. Larâ encaissa le choc et recula seulement de deux mètres en restant debout.
- concentrez vous princesse ! Dit il en souriant poliment.
Elle tapa du pied et le sol autour d'eux deux se mit à trembler faisant vaciller Torza qui se rattrapa a temps. Il hocha la tête pour approuver ce choix. Le vieil homme claqua des mains et Larâ fut ligotée par des liens . Elle se débattit mais Torza lui déclara.
- ne pensez pas à lutter mais a vous dégager !
Elle saisit l'ampleur de ces paroles et cessa de bouger. Son esprit cherchait avec attention ce qui pourrait la libérer quand elle trouva enfin. Elle siffla, ne pouvant pas utiliser ses mains seule sa bouche était disponible. Un sifflement aigu et envoûtant s'éleva et elle sentit immédiatement les cordes se relâcher. Les liens se libérèrent d'elle, se dressant comme tenus par des mains invisibles, ondulant comme des serpents hypnotisés. Larâ se releva souplement et leva un poing qu'elle fit signe d'abaisser au sol. Des ondes de choc jaillirent en direction de Torza qui se retrouva paralysé. Elle attendit amusée les quelques minutes ou il tenta de sortir de cet état et quand il y parvient c'est essoufflé qu'il lui dit.
- je dois reconnaître que je ne voyais pas la tache si compliquée en me battant contre vous, au début j'ai été gentil mais je serais plus attentif la prochaine fois jeune fille !

Ils allèrent s'asseoir sur un tronc d'arbre pour assister au combat d'Elysis et d'Illusion. Elysis faisait des gestes complexes des mains et des lianes sortaient du sol pour foncer vers Illusion qui disparaissait juste au bon moment. Mais cela lui demandait beaucoup d'energie et elle réapparaissait toujours plus ou moins essoufflée. Elysis elle, se retenait, elle devança la tentative de disparition de son amie en créant une toile de liane sur le sol. Dés qu'Illusion posa ses pieds sur la terre ferme, elle se retrouva enserrée par les lianes qui montèrent enlacées jusqu'au cou de celle-ci. Elle tenta de disparaître pour se dégager de l'étau végétal mais Elysis tenait bon, on voyait des gouttes de sueurs perler sur son front. Alors qu'Illusion paraissait plus floue par moment quand elle tentait de s'évanouir dans les airs, Elysis en profitait pour serrer encore plus les poings et bientôt la captive dut lui dire en haletant.
- c'est bon tu as gagné !!
Aussitôt son amie libéra l'emprise et vint vers elle en lui donna une gourde d'eau. Illusion but goulûment sans cesser de devenir floue par moment. Larâ s'en inquiéta mais celle-ci lui répondit
- c'est normal après un effort aussi important, ça va passer !
Ils assistèrent à la démonstration de force des soldats comme des spectateurs dans une arène. Nalio ne put s'empêcher de lancer un défi à Lukâs qui jusque la, s'entraînait avec Alfis. Il accepta avec joie et après avoir demandé qu'elle arme devait -il prendre, il se campa devant le jeune homme avec son épée tandis que Nalio tenait deux dagues. Larâ siffla pour lancer le départ du combat et Lukâs bondit en avant. Nalio esquiva adroitement son attaque, souple comme une ombre. Il dut faire face à une nouvelle attaque et cette fois para avec ses deux dagues croisées devant lui. Alors que Lukâs montrait sa force impressionnante en pointant, feintant de tous sens, Nalio lui montrait son habilité remarquable en esquivant tous les coups, laissant son adversaire se fatiguer bien avant lui. Lukâs parvint à le désarmer en lui retirant une dague qui alla voler aux pieds de Torza. Il ne lui rester plus qu'une arme mais cela ne parut pas l'émouvoir. De plus le regard que Larâ posait sur lui l'aurait convaincu de se battre sans armes avec n'importe quel adversaire. Il tendit la jambe en une fraction de seconde et Lukâs s'affala au sol lourdement. Nalio lui mit la dague sous le cou et dit d'une voix triomphante
- comme quoi la force ne fait pas tout ! La ruse peut vaincre !
Lukâs sourit en se relevant difficilement et lui dit
- tu as raison je me suis laissé distraire ! Avec un adversaire comme toi il faut être attentif !
Quand tous se dispersèrent il n'y eut que Nalio pour voir le regard amoureux que Larâ lui lança. Ce fut presque avec soulagement qu'il retrouva ses bras.



chapitre 33

# Posté le lundi 25 août 2008 08:38

34

Chapitre 34

Ils mangèrent ce qui leur restait de nourriture le soir, effectuant ensuite des rondes de surveillance, se reposèrent dans l'obscurité de la nuit et personne ne pu dire ou était passé Larâ et Nalio pendant que tout le monde discutait agréablement à la fraîcheur de la nuit. Ils revinrent trois quart d'heure plus tard avec une troisième personne qui marchait derrière eux accompagnée d'un cheval. Ils contournèrent tout le monde pour aller directement voir Alfis. Celui-ci parut surpris de voir un inconnu mais la surprise laissa place à la colère en reconnaissant le beau visage de sa fille. Il se releva d'un bond, laissant tomber son assiette au sol et s'approcha à grand pas des trois personnes.
- irias ! Que fais tu ici !!
- je vous accompagne père, dans ce combat je veux en être.
- il en est hors de question !! Prends ton cheval et regagnes notre territoire c'est un ordre.
- non.
Elle se redressa pour faire face au regard furieux de son père qui n'en revenait pas d'avoir été défié. Larâ les trouvait impressionnants, ces deux personnages si semblables avec leurs cheveux d'une couleur exceptionnelle et leurs yeux qui se lançaient des éclairs. Les yeux blancs d'Alfis semblèrent s'adoucir en se posant sur sa fille.
- je n'aurai pas du te laisser dans l'ignorance mais il est de mon devoir de te protéger ma fille, ici tu risques trop.
- insinuerais-tu que je ne sais pas me battre alors que c'est toi qui m'a entraîné toutes ses années ?
Il eut l'air embarrassé et se passa la main dans sa queue de cheval noire et longue.
- je ne dis pas ça mais je m'en voudrais que tu aies un accident durant le combat qui approche.
- il faut vivre dangereusement père , c'est toi qui m'a dit ça, je suis bonne combattante peut être autant que certains de tes hommes alors laisse moi me battre. Je veux soutenir le peuple de Larâ qui avant n'était pas différant du notre !
Elle avait dit ça d'une traite, le ton ferme, les mains crispées sur son sabre.
Il haussa les épaules pour signifier qu'elle était libre de décider et se rassit aux cotés des autres. Irias eut un grand sourire et leva la main en signe de victoire. Opra vint vers eux en courant, Loup sur ses talons. Elle s'exclama d'un air ravi
- l'homme ne l'avait pas paralysé définitivement !!! Regardez Loup est complètement rétabli.
Ils le caressèrent tous, flattant sa fourrure noire et épaisse, jouant avec sa queue. L'animal ravi de l'attention qui récolait, jappait de gaieté dans la nuit noire. Ravivés d'une énergie et d'un moral de plomb ils allèrent tous s'étendre sur leur couche, animés d'un tout nouvel espoir promis par l'arrivée des soldats de Rhadagik. Mais au coin des arbres, toujours la même silhouette tapie dans l'ombre qui les observait avec attention. Peut être même trop d'attention. Il ne ferait pas la même erreur une deuxième fois, s'en prendre à leur Loup, qu'elle idiotie pour révéler sa présence, après tout qui possédait un pouvoir comme le sien, pensa -t-il en se grattant sa barbe naissante de plusieurs jours. Il claqua des doigts et deux Lycans vinrent à sa rencontre, docilement, comme des chiens alors que c'étaient les créatures les plus dangereuses de l'empire en temps normal. Les deux monstres de muscles et de crocs se mirent de parte et d'autre de l'homme, dans une position à l'écoute.

La silhouette caressa l'un d'entre eux d'un geste négligent avant de s'enfoncer a nouveau dans la foret avec ses deux ... animaux de compagnie. Quiconque qui n'aurait pas dormi et aurait regardé la forêt au bon moment et au bon endroit aurait vu les fourrés bouger et entendu des bruits lourds sur l'herbe sèche. Larâ, elle, guettait plutôt le paysage. Si prés des marrés et de la forêt, ils étaient un peu en hauteur et elle pouvait voir les contours de Raston au loin. La ville était toujours aussi belle, cela faisait tant de mois qu'elle n'y avait pas séjourné, posé les pieds sur ses routes vastes et remplies de monde, parlé aux serviteurs et aux villageois venant s'enquérir des dernières nouvelles du château. Cela lui manquait, tout comme les repas grandioses donnés dans la gigantesque salle de bal, celle ou tout le monde se levait de table pour aller danser sur des musiques enjouées et très rythmées. Elle revoyait les fêtes, les réunions importantes pour l'empire ou elle n'était pas invitée mais ou elle finissait toujours par aller s'asseoir aux cotés de son père. Son regard se porta alors sur Vlad et Lûkas qui dormaient à poing fermé, allonger sur le sol dur. Se souvenaient-il du château aussi précisément qu'elle, leur manquait-il comme il lui manquait ? Vlad avait vécu toute sa vie dans l'enceinte de cette ville, combattu pour elle, vécu pour elle. Le simple fait qu'il ait eu à en partir relevait d'un danger épineux. Et Lûkas qui venait à peine de retrouver le château... tout était de la faute de Rhaliâ, elle voulait la mort de l'empire, et le diriger à la fois tout en détruisant tout ceux qui l'avait rendu meilleur. La jeune femme sentit les premières pulsions d'adrénaline en pensant au combat qui l'attendait dans moins de trois jours. Il lui faudrait gagner, elle n'avait pas le choix et même si encore une fois elle devrait tuer pour faire vivre les autres, elle se jura que se serait la dernière fois qu'elle le ferait comme cela. Après ce dur combat qui s'annonçait, il ne serait plus question de parcourir les terres à l'aveuglette et de tuer des ennemis. Non elle resterait avec son peuple, son père, si tenté qu'il la reconnaisse, et ses amis à diriger tout ça. Elle avait déjà trop donné de sa force et son habilité à tuer. Place maintenant au règne comme lui avait dit Torza alors qu'ils étaient encore dans les cavernes de leur monde. Elle finit par se coucher sur le coté, allongée prés de Nalio qui ouvrit les yeux à ce moment la pour lui adresser un regard sévère comme pour lui demander pourquoi elle ne dormait pas encore et la jeune femme s'endormit avec les mains serrées sur son sabre tranchant qu'elle gardait toujours prés d'elle, Loup jetant un ½il protecteur sur sa maîtresse qu'il aurait suivi jusqu'à la fin.
Quand les premiers rayons du soleil vinrent frapper leur campement, emmenant avec eux une nouvelle vague de chaleur naissante, Alfis Lûkas Vlad Lara Nalio Elysis Opra Irias et Illusion allèrent se positionner à l'écart des soldats pour discuter du plan à suivre. En effet il fallait aller chercher les combattants du royaume d'Elysis et cela souleva quelques polémiques dans le groupe des dirigeants. Elysis claqua sa langue d'un air impatient et écoutant les conversations vaines entre Vlad et Larâ, n'y tenant plus elle déclara d'une voix forte
- il me parait logique que je fasse partie de ceux qui seront envoyés pour les chercher, qu'un des trois hommes, poursuivit-elle en désignant Alfis Lûkas et Vlad, vienne avec moi ainsi qu'une toute petite poignée de soldats et peut être Nalio, sachant que Larâ doit rester ici pour diriger et surveiller ceux qui restent !
Nalio répondit à sa suite
- c'est une bonne idée mais après avoir traversé le pont des reines et avoir atterris dans le désert Cariss allons nous le traverser ? Et a combien ? Cela peut être dangereux en raison des peuples de nomades !
Vlad eut une grimace avant de leur dire
- les nomades ne sont pas dangereux, ils combattent moins bien que nous !
- ce n'est pas si sur que ça ! Répliqua Larâ, il y a des groupes de ces guerriers qui atteignent la trentaine mais si vous pensez qu'à 5 vous les battrez allez y !
Illusion arracha une feuille et se mit à jouer avec pensivement, une idée subite lui vint à l'esprit
- je peux me transporter partout grâce à mon don, enfin sauf sous l'eau, si je pars avec le groupe, je peux revenir vous avertir en cas de problème... hasarda-t-elle
- enfin une personne de censée ! S'exclama Elysis.
- bon Illusion tu partiras, Vlad tu es un des meilleurs connaisseurs des terrains divers de la région, le désert n'a plus de secret pour toi, tu devrais y aller non ? Questionna Larâ.
- oui entendu je pars si mes deux amis restent pour veiller sur les soldats et sur ceux de votre groupe qui camperont ici en nous attendant.
Alfis et Lûkas qui auraient bien aimé accueillir l'autre peuple hochèrent cependant la tête en guise d'approbation, comprenant que leur rôle était tout aussi important sinon plus, ici que la bas.

Nalio lui n'affichait pas une mine réjouie depuis qu'Elysis avait prononcé son nom dans l'hypothèse qu'il les accompagnerait aussi, il préférait rester ici et prendre des tours de garde, ce qu'il fit gentiment remarquer aux autres.
- une guérisseuse serait judicieux dans le trajet. Déclara simplement Opra d'une voix calme
- ça fait trois de nous ! Compta Larâ, il en faudrait... encore deux plus 5 soldats d'Alfis.
- je peux apporter mon aide ! S'écria Irias qui ne tenait plus.
Tout le monde se tourna vers son père qui eut une mine renfrognée à cet instant.
- remarque... tu n'es pas plus en sécurité ici que la bas, vas donc avec eux comme ça je n'aurais plus a te surveiller pendant une journée !
Il avait dit ça sérieusement mais le sourire qu'il adressa à sa fille démentait ses dernières paroles.
- et comme cinquième personne puisque tout le monde à l'air d'avoir envie d'y aller, je propose Loup ! Dit Larâ en souriant largement. Il est fort, attentif, et vous servira de bon éclaireur. De plus, je sais qu'un animal de cette taille effraie pas mal de personne.
Ils approuvèrent tous, riant intérieurement de leur 5ème accompagnateur qui dressait les oreilles en entendant son nom.
- vous devriez partir maintenant... déclara Larâ légèrement narquoise devant leur mine détendue. Il ne faudrait pas les faire attendre.
Tous se levèrent, ceux qui devait partir, harnachèrent leurs montures, sélectionnèrent 5 soldats et s'en allèrent dans un trot allègre en direction du pont des rois. Nalio se rapprocha de Larâ, la mine réjouie, passant une main dans son dos.
- une journée à rien faire, ça va nous détendre !
- parles pour toi moi j'ai à faire.

Elle lui sourit avant de prendre la direction du campement et des captives assises au même endroit que la veille. En la voyant arriver, l'une essaya d'avertir son amie qui trop faible, préférait dormir sur son épaule. Larâ se mit à leur hauteur, détacha leur bâillon et après avoir observé avec délectation leur peur, attaqua directement sa tirade.
- je vous ai gardé en vie, et dieu sait que j'aurai voulu vous torturer comme ce que vous avez fait depuis tant d'années, pour une simple raison. Quand je vais vous libérer, vous allez me rendre un petit service en échange de votre misérable vie à laquelle je n'accorde aucune importance. Savez-vous juste ce que prépare Ehouna.
Elles firent non de la tête mais ce n'était visiblement pas la réponse que Larâ attendait.
- je vous conseille de me répondre la vérité si vous voulez survivre, je repose ma question, savez-vous ce que Ehouna nous réserve, ses projets ?
L'une fit non de la tête, tandis que la dresseuse de fauves sembla hésiter. Elle regarda en direction des soldats, puis ses yeux sombres se posèrent sur le sabre qui pendait à la taille de la jeune femme, et enfin se détournèrent du regard furieux de sa complice.
- je... j'ai entendu quand j'étais la bas ce qu'elle comptait faire... mais si vous nous laissez partir, je vous direz tout ce que je sais.
- bien, cela me parait honnête. Répondit Larâ calmement, attendant la suite.
- Ehouna avait reçut des ordres de Rhaliâ, celle qui siège à Raston. Elle devait préparer une armée et s'attendre à rentrer en guerre très prochainement, cela remonte à un mois et demi approximativement. J'étais chargée de recruter les meilleurs combattants de la ville... Notre armée était presque prête quand vous êtes arrivés et Rhaliâ nous a ordonné de vous faire prisonniers sans que vous vous en rendiez compte. Cela n'a pas fonctionné et elle... elle a été furieuse. Elle a dit à Ehouna que vous chercheriez sûrement a revenir à Raston en apprenant votre évasion et d'envoyer les soldats se cacher en attendant le combat.
- se cacher ou ? Demanda Larâ.
Se fut l'autre femme qui répondit avec un sourire horrible
- dans le désert Cariss.
Larâ eut l'impression de recevoir un coup de poing dans le ventre. Ses amis fonçaient tout droit dans un piège. Il fallait les prévenir. Elle se releva d'un bond et chercha Nalio des yeux. Quand elle le vit elle se précipita vers lui en courant.
- nalio, prête moi ton étalon il est plus rapide que ma jument
- mais pourquoi ?
- s'il te plait !! S'exclama-t-elle d'une voix suppliante.
-très bien !
Il siffla longuement attendant le martèlement habituel des sabots de l'étalon noir. Quand il vit sa silhouette fine débouler au grand galop il n'eut pas le temps d'en demander plus à Larâ qu'elle bondissait déjà dessus.
- je ne fais que remplacer ton maître. Lui dit elle avant de s'élancer au grand galop dans la direction que ses amis avaient tous emprunté.

# Posté le lundi 25 août 2008 08:41

35

Chapitre 35

Il lui fallait traverser un bout du marais pour parvenir plus vite au pont des rois et la alors elle pourrait peut être les devancer. L'étalon connaissait bien Larâ, et ne rechigna pas trop à enfoncer ses pieds dans la boue quand elle lui donna un grand coup de talons. Elle essayait d'aller rapidement, toute fois en prenant garde aux sables mouvants, aux trous divers, et ses mains dirigeaient sans peine le fougueux cheval. Elle aperçut au loin la silhouette d'un Lycan qui traquait aux abords de la forêt et accéléra encore l'allure sans fatiguer exagérément sa monture. Elle galopa à cette allure une bonne demi-heure, contournant les trop grands trous d'eau et du même faire nager l'étalon quelques fois. Quand enfin elle vit le pont au loin, l'étalon dressa les oreilles et poussa un hennissement bref. Un petit groupe de cavalier s'apprêtant à traverser le pont. Elle cria à leur attention, et constata à son plus grand soulagement qu'ils s'étaient arrêtés, guettant d'où provenait le cri. Larâ arriva rapidement vers eux, en nage de transpiration. Elle fit piler le cheval à 5 mètres et dit précipitamment à Vlad qui avait l'air inquiet de la voir dans cet état.
- les prisonnières m'ont dit que l'armée d'Ehouna attendait les ordres du combat dans le désert Cariss, il faut que vous contourniez le désert sinon vous allez tomber dans un piège !
- mais Larâ le désert est grand ! Si nous contournons nous allons rallonger notre trajet de plusieurs heures probablement ! S'exclama Elysis
- es-tu inconsciente ?? S'écria Larâ en la fusillant du regard ! Tu vas mener ton peuple ici ?? Alors fais bien attention, l'armée d'Ehouna n'est pas à prendre à la légère, mince !
Illusion leva les bras pour apaiser l'ambiance et leur déclara d'une voix calme
- nous n'avons qu'à longer le fleuve, comme ça nous ne tomberons pas sur eux, il ne faut pas être en retard au rendez vous Larâ, et Elysis, ce ne serait pas du luxe d'éviter un combat à si peu d'intervalle pour réussir !

L'étalon que montait Vlad piaffa en s'ébrouant. Il afficha une mine sombre et dit à l'intention de Larâ.
- nous allons suivre l'idée d'Illusion, Larâ repart au campement, si quelque chose se passe nous t'enverrons Loup avec un message.
- c'est hors de question, s'il se passe quelque chose je dois être avec vous !
- la vie de la princesse du royaume est plus importante qu'une embuscade je te prie de ne pas me contredire.
La jeune fille eut une vision fugitive de son père quand il craignait pour sa vie et lui ordonnait de rester en arrière. Cela la bouleversa, elle baissa les yeux et sans un mot, fit pivoter l'étalon de Nalio et repartit au grand galop. Quand elle emprunta le même chemin dans le marais, son regard se posa presque naturellement vers la lisière de la forêt de la mort au loin. Elle vit à sa plus grande stupéfaction deux Lycans entourant la silhouette d'un individu. Elle fit arrêter son cheval qui parut inquiet. La silhouette prit appuis sur un support et bondit sur le dos d'un des deux Lycans. Il leva un bras à l'intention de Larâ, comme un salut sinistre et partit en arrière.

L'étalon se cabra, tendu et inquiet et la jeune fille eut à peine le temps de passer ses bras autour de son encolure massive. Elle lui tira fermement sur la bouche à l'aide des rênes et d'un puissant coup de bassin le poussa en avant. Malheureusement le cheval refusa d'avancer et fit tomber Larâ d'une puissante ruade. La jeune fille bascula en arrière, et tomba sur le sol boueux. Elle ne pu retenir l'étalon qu'il s'élançait déjà à fond de train. Elle vérifia que rien n'était cassé et se releva avec précaution. Elle connaissait le chemin de retard mais craignait pour la vie de l'étalon, affolé et paniqué, il pouvait se précipiter dans n'importe quel piège. Elle devait avertir Nalio en premier lieu. Les muscles endoloris, boueuse de la tête aux pieds, elle reprit sa route dans un brouillard naissant. Craignant de perdre son sens de l'orientation, elle du recourir à son pouvoir de loup pour se repérer avec fiabilité et suivre les traces de l'étalon dans le sens inverse. Larâ était tombée sur une petite pierre aux bords tranchants et avait à présent une plaie en dessous du coude qui saignait. Elle regardait, inquiète, les gouttes écarlates tomber sur le sol humide. Il ne manquait plus que ça, songea-t-elle, attirer les bêtes sauvages. Elle arracha un bout de son pantalon et se fit un bandage de fortune. La jeune femme accéléra l'allure, évitant les zones délicates à traverser sans l'aide d'un cheval et finit par voir les lumières du campement de l'armée d'Alfis. C'était la mi journée, mais elle avait froid, le temps était couvert, comme présageant un funeste événement, et sa traversée dans la marais l'avait affaiblie. Elle s'écroula presque aux pieds de Lûkas et Torza. Ils la retinrent chacun par un bras et l'aidèrent à s'asseoir.
- mauvaise chute, dit - elle simplement en retenant un gémissement de douleur provenant de sa plaie. L'étalon de Nalio est-il revenu ?
- oui il est arrivé paniqué et a fond de train, Nalio était prêt à partir à ta recherche. Ah le voila ! Termina Torza en souriant d'un air crispé.

Le jeune homme se précipita vers Larâ qui se tenait assise et voûtée sous la fatigue. Il lui passa une main pour lui soutenir la nuque et l'embrassa en s'écriant tout de suite après
- que s'est-il passé bon sang ! J'ai vu mon cheval revenir affolé et sans cavalière !!
- sur notre chemin de retour nous avons aperçut deux Lycans au loin il a prit peur et je n'ai pas eu le temps de le rassurer et je suis tombée heureusement j'ai eu le temps de prévenir la troupe de changer de cap.
Elle prit soin de ne pas mentionner la présence avec les monstres, craignant de les affoler encore plus si c'était possible.
- changer de cap ? Pourquoi devraient-ils changer de direction ? Demanda Torza.
- parce que l'armée d'Ehouna attend dans le désert Cariss l'ordre d'attaquer, se sont les captives qui m'ont prévenu mais tout est arrangé maintenant, du moins je l'espère de tout c½ur.
Elle vit Lûkas prendre un bandage propre, l'humidifier légèrement et retirer le sien qui était sale. Il lui posa délicatement autour de la plaie et dit d'une voix penaude
- je ne suis pas à légal d'Opra mais je doute que des points soient nécessaires.
- merci Lûkas. Répondit Larâ en souriant. Je vais aller me reposer je crois, prévenez moi s'il y a du nouveau.
Sous les regards sombres des êtres qui comptaient tant pour elle, Larâ prit la direction de sa tente et s'endormit presque en touchant le sol. Pendant ce temps la l'agitation régnait au camp. Les soldats ne cessaient de faire des rondes, certains s'entraînaient encore tandis que d'autres campaient fermement sur leurs positions, épées et sabres à la main. Nalio passa le reste de l'après midi en compagnie de Lûkas et de Torza. Il ne cessait néanmoins pas de jeter des coups d'oeils discret en direction de la tente de Larâ pour guetter un quelconque réveil. Quand l'heure du repas approcha, la jeune femme se leva, rassérénée. Elle rejoignit ses amis en s'étirant souplement.
- ils ne sont pas rentrés ?
- non pas encore. Déclara Lûkas sans parvenir à cacher son air soucieux.
- ils auraient du. Dit à sa suite Nalio.
- leur route était peut être plu longue. Hasarda Larâ en raffermissant sa voix qui tremblait légèrement.

Elle accepta de bonne grâce le bout de pain que Torza lui tendit et ils patientèrent tous. Le regard scrutant l'horizon. Une heure s'écoula. Une deuxième ou Larâ et Nalio alternaient les 100 pas à des phrases dépourvues de volonté. Enfin un grand Loup noir bondit sur Larâ qui se baissait pour cueillir une fleur rouge. Elle le reconnut immédiatement et s'écria a l'intention de tout le monde
- ils arrivent !!
En effet bon nombre de personnes sortirent du marais. Elysis et ses amis en tête avec deux personnes qui devaient être ses parents. Une quarantaine de soldats suivaient derrière, dans un rang militaire. À la différence des soldats d'Alfis, ils ne portaient pas l'épée à la main mais un arc, un court sabre pendait à leur ceinturon plus défensif qu'attaquant. Larâ courut vers ses amis. Elle salua poliment les deux régents de Rhadagik.
- enchantée de vous connaître, je suis Larâ, la fille de Lortiis.
- je m'en serais doutée, dit amusée la mère d'Elysis
C'était une grande femme aux cheveux blonds attachés dans un chignon compliqué. Elle était habillée d'une étrange manière, la même que celle d'Elysis quand elle était arrivée dans ce monde. Un pantalon qui descendait jusqu'aux genoux et des bottes en cuirs montant jusqu'à mi-cuisse. Elle portait un haut noir entrelacé de cordelettes. Une tenue qui faisait très guerrière., renforcée encore par la présence de l'arc somptueux accroché dans son dos. Le roi de Rhadagik était vêtu à peu prés identiquement à la différence que son arc était plus massif. Il fit un baise main à Larâ.
- je suis ravi de voir la fille de Lortiis devenue si grande, qu'elle joie immense ! Et vous devez être ceux qui ont aidé les jeunes gens à se sortir de maintes problèmes ? Demanda-t-il en désignant Lûkas, et Torza.

Ce fut Torza qui prit la parole.
- je ne suis qu'un simple magicien, assez puissant je l'admet, qui est surtout le père du roi de l'autre monde.
- Alfis ? Vous voulez bien parler de lui ? Ou est-il cela fait un si long moment que je ne l'ai pas vu ! S'exclama le père d'Elysis.
- je suis la Aron. Répondit une voix grave.
Alfis s'avança au milieu du monde et serra la main tendue du père d'Elysis dans le signe d'une amitié virile.
Elysis s'empressa de déclarer à Larâ
- tout le monde, les meilleurs combattants sont ici ! C'est formidable Larâ, nous avons une chance de sauver le royaume de ton père ! Ton royaume !! Venez tous vous asseoir on va vous raconter.
Alors que les soldats de Rhadagiks allèrent s'installer avec ceux d'Alfis, les parents d'Elysis suivis du groupe des jeunes combattants et ensuite d'Alfis, Vlad, Lûkas et Torza partirent poser leurs jambes à l'ombre des arbres. La mère d'Elysis plongea ses beaux yeux verts dans ceux de Larâ
- alors, princesse, aurons nous l'honneur mon mari et moi de savoir la situation de l'empire de Tradislor ?

Larâ jeta un coup d'½il à Nalio qui l'encouragea d'un signe de tête et commença à parler.
- du temps ou vous entreteniez une relation amicale avec mon père et ma mère, le pays avait quelques soucis mais sans grandes gravités. Cela à changé à présent. Comme vous le savez notre monde est essentiellement gouverné par la magie, la bonne... comme la mauvaise. Depuis un certain temps de grands mages noirs ont commencé à rassembler des adeptes, des gens effrayés, faibles, ou sanguinaires pour renverser le royaume et donc ceux qui le dirigent. Ces suppositions se sont concrétisées il y a plus d'un an et malheureusement ils ont réussi à infiltrer le château de mon père, ce qui m'a poussé sur les routes. Celle qui... dirige ces ennemis à réussi à embobiner l'esprit de mon père, le poussant à me mettre en exil elle s'attend à recevoir une attaque et à crée son armée, armée qui attend dans le désert Cariss l'ordre d'attaquer.
- si j'ai bien compris nous allons devoir éliminer la menace ? Demanda Aron.
- oui et je vous suis extrêmement reconnaissante de nous venir en aide. Déclara Larâ d'une voix grave.
- Lortiis à été pour moi un grand ami, quelqu' un en qui j'avais énormément confiance du temps ou je le côtoyais, il est d'ailleurs l'égal des parrains dans le monde normal pour notre enfant. Malheureusement, tout aussi droit que pouvait être cet homme, il avait trop de fierté pour avouer avoir des problèmes. Bien sur en ayant plusieurs fois rendu visite à mon ami j'ai pu constater la tension qui régnait ici mais il refusait d'en parler, préférant arranger cela lui-même. À la mort de ta mère Alfis à très mal prit le fait de devoir vivre seul et il s'est donné c½ur et âme à la direction du royaume. Je ne peux pas le laisser perdre tout ce qu'il s'est efforcé de construire en me prélassant dans mon propre empire. Quand Elysis nous a dit être dans votre monde il y a un an, j'étais étonné, mais agréablement. Je savais que vous aviez le même âge, t'ayant déjà vu bébé Larâ, et cette coïncidence de retrouvaille m'a fait sourire. Quand ma fille s'est lancé sur les routes avec toi, j'ai crains pour elle mais je me suis dis qu'à son âge, j'aurais fait pareil pour ton père. Ma femme était un peu plus stressée néanmoins. Ajouta-t-il en souriant d'un air malicieux. Si j'avais pu ramener tous mes combattants je l'aurais fais, mais mon royaume à besoin de surveillance pendant notre absence. Termina Aron en croisant les bras d'un air bienveillant.
- j'ai cru apercevoir deux prisonnières assises à l'écart, qui Est-ce donc ? Demanda Lila la mère d'Elysis.
- ce sont deux traîtres, des sbires d'Ehouna qui ont maltraité une amie à nous, Opra, dans leur ville avant que nous venions la chercher nous même et qui ont essayé de nous tuer sous les ordres de la femme qui dirige mon père. Je les ai gardé car elles m'ont révélé ou se trouvait l'Armée et maintenant je vais aller leur dire de prévenir leur maîtresse que nous nous tenons prêt à la rencontre finale.

Illusion approuva et comme pour féliciter Larâ de sa décision lança un regard mauvais aux deux femmes. Ils regardèrent Larâ se lever souplement. Elle alla à la rencontre des deux femmes qui cessèrent immédiatement de se parler entre elles.
- je vous ai promis de vous laisser partir si vous m'aidiez, ce que vous avez fait. Maintenant je vais tenir mes promesses , choses dont votre peuple ignore la signification, et vous libérer. Mais quand vous vous retrouverez libres, je veux que vous avertissiez votre petite Ehouna que nous l'attendons fermement à la plaine. C'est compris ?
Les deux femmes hochèrent la tête à l'affirmatif et tendirent leurs mains ligotées. Larâ leur dit avant de couper les liens.
- j'aurai bien voulu vous tuer, pour tout ce que vous avez fait. Mais si j'en suis réduite à faire ça c'est que je serai devenue comme vous et ça, je préfère encore mourir.
Elle trancha les liens, puis ceux des pieds et leur donna une grande bourrade pour les envoyer plus loin. Pour la première fois de sa vie, elle venait d'épargner des tueurs à la portée de son sabre.
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# Posté le mercredi 10 septembre 2008 13:15

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Chapitre 36

Tout le monde s'afférait, entretenaient les armes, nourrissaient ceux qui en avait besoin, et continuer de faire des rondes de surveillance. Larâ avait soutenu que les deux femmes ne trouveraient leur maîtresse que le lendemain matin au minimum. Il fallait être prêts et armés au lever du soleil. Les magiciens du monde d'Elysis utilisèrent leur dons pour trouver une multitude de baies, fruits comestibles, et aliments végétaux divers. Tandis que les soldats d'Alfis partirent chasser. Ils dînèrent tous, abrités de l'ombre par un grand feu, ne cessant de dialoguer sur les coutumes et les dernières nouvelles des pays d'un et de l'autre. Larâ assistait aux retrouvailles des deux peuples avec un plaisir évident, préférant garder l'esprit froid néanmoins en vu de ce qui les attendait. Elle caressait Loup d'un air absent quand elle sentit qu'on la bousculait gentiment. Elle vit des yeux plantés sur elle.
- oui ? Demanda-t-elle en souriant.
- on te demandait si tu trouvais judicieux de s'entraîner cette nuit, Vlad ne le souhaite pas mais Lûkas soutient que ça serait une bonne idée. Déclara Nalio, un brin amusé.
- il vaut mieux se reposer et s'échauffer avant le lever du soleil.
- bonne idée ! Approuva Vlad en replongeant le nez dans son plat, déclenchant un éclat de rire général tant son attitude était comique.

La nuit s'abattit sur eux, traînant son manteau noir sur la plaine endormie. Juste avant de s'endormir Nalio posa une main sur le bras de Larâ allongée a coté de lui.
- on va réussir. Murmura-t-il doucement.
Elle entendit vaguement des craquements dans les fourrés mais la fatigue lui tomba dessus comme une masse. Cela promettait d'être un grand jour demain. Le combat, celui que tous avaient en tête ce soir en se couchant, la lutte finale, du moins elle l'espérait, pour supprimer les ennemis le mal, et redonner la vie au royaume. Et surtout, sauver Lortiis.

L'homme savait rester discret maintenant, il n'arpentait plus les bords de la forêt avec ses deux Lycans, préférant la marche solitaire pour observer ces gens. Des nouveaux s'étaient ajoutés au groupe déjà important. Il savait très bien pourquoi. Une guerre se préparait. Cela ne le concernait pas du moins, c'Est-ce qu'il croyait avant. Maintenant il en était autrement. Il lui fallait récupérer ce qu'il avait perdu et il y arriverait de tous les moyens. Il s'assit sur une souche d'arbre, observant le campement de tous ses angles, allant même jusqu'à compter le nombre de combattants. En tout cela faisait une petite armée de 85 personnes. Il savait également que l'armée ennemie risquait d'être plus nombreuse, environ 150 soldats voire plus. Il les avait vu, attendant impatiemment l'ordre de combattre dans le désert Cariss. Ils n'étaient pas fatigués du soleil ardent de la fin de l'été, et paraissaient particulièrement dangereux. Son esprit se disputait en deux voix distinctes, l'une lui soufflait de partir de cette plaine , d'aller se mettre à l'abri et qui sait, de retrouver des semblables et l'autres lui intimait l'ordre de se battre aux cotés des braves gens qui se regroupaient dans la plaine. Cela faisait plusieurs jours qu'il réfléchissait. Il savait que sa présence aiderait d'une manière considérable les combattants qui dormaient devant lui. Mais la crainte de l'échec le taraudait toujours. Il fulminait, en effet il connaissait celle qui semblait guider tout ce petit monde, cela l'énervait au plus au point qu'elle envoie si peu de combattants à la guerre alors qu'elle savait que l'armée ennemie était plus nombreuse et mieux préparée. Si seulement il pouvait trouver des gens, cela lui permettrait de basculer les chances de réussite. Et il pourrait éviter de se mêler à la guerre tout en aidant les soldats. La forêt faisait du bruit, le vent s'engouffrait partout. Il écarquilla soudainement les yeux. Pouvait-il être plus stupide. Des légendes et rumeurs courraient sur la forêt de la mort.

Les nécromants se réunissaient toutes les douze lunes au vieil arbre des esprit. Il le savait très bien, cette assemblée de personnes, utilisant la mort comme base de leur magie, était exclue, isolée de tous problèmes du monde de Lortiis, préférant faire leurs entraînements et leur petite vie ailleurs. Il compta silencieusement. La réunion des nécromants duraient trois jours, elle avait commencé hier. Et il n'y avait même pas songé. Empoignant le bâton sur lequel il s'appuyait, il rebroussa chemin, s'enfonçant dans l'obscurité tenace de la forêt. Ses pas se faisaient plus rapides alors que son instinct le guidait de manière sure vers le centre de la forêt, vers l'arbre. Il écarta plusieurs buissons épineux, du même se servir de son pouvoir pour retrouver son angle d'orientation et finit par voir la silhouette de l'énorme arbre plus que centenaire. Il distingua également une vingtaine de personnes encapuchonnées, assises en cercle autour de l'arbre. L'homme releva la tête, mis sa capuche et pénétra dans la clairière le bâton levé vers le ciel étoilé. Un homme s'approcha, il découvrit son visage ou une grande cicatrice bleutée lui barrait un ½il et posa une main sur l'épaule de l'homme.
- je suis heureux de te revoir... Mortôs.
- moi aussi Nafal. Répondit celui-ci d'un air grave
- nous croyons que tu avais déserté pour de bon nos assemblées, nous ne t'avons pas vu l'été dernier.
- je suis parti, avec des jeunes personnes avides de remettre le royaume dans le bon sens. Si je suis parmi vous, mes amis ce soir, c'est pour vous demander de l'aide, il est de mon devoir d'essayer.

Il prit place en cercle, et sortit une poudre rouge. Cette poudra avait la faculté de montrer les pensées de son propriétaire en flash, quand on la jetait dans du feu. Il s'approcha du brasier que les nécromants avaient allumé et jeta plusieurs pincées de poudre. Les autres se rapprochèrent pour observer. Ils virent soudain une image naître dans les flammes, celle d'une jeune femme brune qui se faisait mordre par un Lycan, une autre image, la même femme avec le pouvoir de Loup. Plusieurs convives haussèrent les sourcils de surprise devant la rareté de cette dangereuse expérience. Une autre image se créa, montrant Mortôs et ses amis se battrent à Jeitorh, contre les Lycans puis les sbires d'Ehouna. La voix fantomatique de Larâ s'éleva alors autour du feu «  saches que les nécromants n'ont jamais été appréciés au royaume certains même sont emprisonnés dans des cellules ou leur pouvoir est inefficace, si tu nous aides, je ferais tout pour que tu puisses vivre dans les honneurs, et faire ainsi accepter les Nécromants à mon père » la voix tout aussi floue de Mortôs répondit à sa suite
«  - et qui est ton père ?
- mon père, c'est Lortiis »
Une autre vision vint compléter la succession d'image, l'armée d'Ehouna qui attendait dans le désert, nombreux, assoiffés de sang et de mort, entonnant des chants guerriers et entretenant leurs armes. La dernière image était celle de Nalio, qui se tenait droit devant son frère tout en lui parlant.
« - je vais sûrement partir Nalio, tu devrais me suivre, nous appartenons tous deux à deux guildes qui n'apprécieraient pas ce que nous faisons, viens avec moi, retrouves ta guilde, ta famille.
- je ne pars pas, j'ai renoncé à la guilde des assassins qui m'a formé, je veux me battre pour le royaume
- ne sois pas stupide, le royaume n'a pas besoin de nous, n'oublies pas que nous ne sommes pas appréciés ni les assassins, ni les nécromants.
- cela changerait si on les aidait, moi je reste et je combattrais aux cotés de Larâ et de tout ceux qui voudront se battre, si tu es trop lâche pour rester, fuis, mais ne vient pas pleurer si tout ton peuple se fait décimer en cas de défaite. »

Et la, tout se termina, le feu reprit son aspect normal. Mortôs se releva pour se mettre debout en face de ses amis nécromants.
- les temps sont dangereux, j'ai quitté mes amis alors qu'ils s'apprêtent à rentrer en guerre au lever du jour, ils ne veulent qu'une chose, sauver le royaume et tous les peuples sans exception qui y vivent, pas seulement ceux du château de Raston, je l'ai compris trop tard mais à leurs yeux tout le monde mérite une vraie vie, comme les Nécromants, les paysans, les assassins, et maintenant je regrette d'avoir fuis d'une manière aussi lâche. La fille au pouvoir de Loup que vous avez vu, se nomme Larâ, comme vous devez le savoir, c'est la fille de Lortiis, elle a été bannit du château tellement les problèmes ont pris des grandeurs importantes. Aujourd'hui, elle dort dans la plaine avec 84 combattants qui vont à la guerre, le sourire aux lèvres mais dont le moral en a prit un sacré coup. Je viens pour vous demander de l'aide.
- insinuerais-tu que nous les nécromants, nous devons combattre aux cotés des gens, qui nous ont exclues de leur vie, nous ont traqué même ? Demanda une femme aux bras fins et labourés de cicatrices à la forme étrange.
- ils ne sont plus comme ça, je te ferais dire que vous devez au moins vous battre pour la fille qui elle, veut vous faire accepter aux yeux de tout le monde ! Larâ à besoin de nous, de plus, pensez à ceux de Jeitorh qui se font des esclaves de tous les gens y compris des nécromants, j'ai vu les tortures qu'ils réservent aux esclaves, imaginez vous un de nos amis qui devrait être ici et a la place se trouve enchaîné dans des sous sols, pleurant pour ne pas se faire fouetter. Qui est le chef de l'assemblée cette année ? demanda-t-il en promenant son regard sur les convives.
- moi répondit un homme de grande stature, un bâton doré à la main.
- Sharon tu ne peux pas ne pas réagir, des gens ont besoin de nous, tous ne nous ont pas traqué ! Souviens toi la femme qui a sauvé ton fils d'une noyade il y a un an, alors qu'elle savait que tu étais un nécromant, et toi Tiis , poursuivit-il en se tournant vers la femme de tout a l'heure, ton mari n'est-il pas un homme normal ? Je veux dire tout sauf un nécromant ? Il faut que vous nous aidiez, je ne dirais pas ce qui va suivre deux fois mais là, je pers ma fierté, je vous en supplie.

Depuis que la communauté des Nécromants fut créé dans ce royaume, personne n'y faisant part n'avait ravalé son orgueil pour aider les autres. C'était de coutume que tous les sorciers de l'ombre présents, avaient une dignité inébranlable et ne croyait qu'en son unique pouvoir. Le fait que l'un d'entre eux, supplie de l'aide et demande à d'autres de l'aider étonna plus d'un dans la réunion. Une jeune fille qui venait tout juste de devenir Nécromant, se leva et vint vers Mortôs.
- moi je viens avec toi.
Les deux jeunes gens regardèrent les autres personnes, plus âgées, plus mûres et plus sceptiques. Le chef de l'assemblée s'avança vers eux deux
- nous allons intervenir, avant que le jour se lève, soit dans trois heures, mais à une condition, que je ne manquerai pas de rappeler à ton amiz Larâ, si notre peuple n'est pas récompensé de son soutien, ils en paieront les conséquences.
Cette phrase avait un goût dangereux dans la bouche mais Mortôs déclara
- vous ne le regretterez pas, rendez vous à l'entrée de la forêt avant que le soleil ne se lève.
La dessus il siffla, vit arriver les deux Lycans qui effrayèrent les Nécromants et repartit avec eux.

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# Posté le mercredi 10 septembre 2008 13:26

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Chapitre 37

Le soleil n'était pas encore levé quand tout le camp se réveilla, les esprits tendus de ce qui allait se passer. Tout le monde se dépêcha de s'armer, et commencèrent un entraînement pour réviser leurs techniques de combat. Larâ alla à l'écart pour revoir sa magie et observer les autres qui faisaient crisser leurs épées, sabres, dagues. Les parents d'Elysis passaient parmi leurs hommes, les encourageant, les bousculant aussi légèrement. Elysis entreprit d'harnacher le plus de chevaux possible, avec l'aide de Nalio et D'Opra. La jeune fille qui n'était pas une combattante, avait délaissé sa tenue de guérisseuse pour emprunter une tenue de combat à Larâ ainsi qu'une courte épée qui contrastait fortement avec son apparence d'innocente. Alors que l'aube pointait à l'horizon tout le monde se mit en selle. ,la colonne de combattants partit de leur campement. Ils allèrent à la lisière de la forêt des Lycans pour voir toute la plaine sous leurs yeux, de la ils pouvaient guetter l'arrivée des ennemis des marais, de la forêt de la mort, ou de raston. Tous se mirent en ligne, dans l'attente d'un combat qui pesait lourd sur leurs visages. Larâ se mit devant eux tous avec son loup qui lui aussi semblait attendre que le début du combat commence, Vlad Alfis Aron, et Lila. En deuxième position, Elysis, Irias, Nalio, Opra, Illusion, Lukâs, Torza sur sa fidèle mule, et les deux capitaines du camp d'Alfis et de Aron. Les soldats attendaient derrière ce groupe, militaires, fermes, et impassibles. Le soleil se leva enfin. L'attente était insupportable. Ils commençaient a se demander s'ils n'avaient pas eu tort quand de l'agitation se déclara à l'autre bout de la plaine. Les ennemis arrivaient. Larâ vit qu'elle n'avait pas eu tort en estimant leur chance inférieure a la leur. Ils étaient plus de 150 soldats à vue d'½il. Elle regarda ses amis d'un air anxieux, ils affichèrent tous une mine résolue, quitte à mourir ils se battraient. Elle ressentait les premières grosses pulsions d'angoisse, s'ils perdaient, elle les aurait entraîné à la mort. La troupe ennemie s'arrêtâ, en la même formation que celle de Larâ. Il y eut un silence époustouflant dans la plaine. Pesant et terrifiant. Ehouna guidait les soldats. Larâ la reconnaîtrait même de nuit. Elle leva son épée. Aussitôt les soldats abaissèrent leurs lances et frappèrent le sol, ils les relevèrent et les rabaissèrent. Reproduisant cette parade plusieurs fois, la plaine résonnait des coups de lances sur le sol qui heurtaient la terre dans une entente parfaite malgré leur nombre. S'ajoutaient leurs cris bestiaux et sauvages. Elysis siffla Larâ. Celle-ci s'arracha au spectacle mortifiant des ennemis pour regarder dans la direction que la jeune femme lui montrait du doigt. La forêt de la mort craquait dans les fourrés. Elle appela les autres et les invita à regarder également. Soudain la silhouette d'un homme se découpa dans l'ombre. Il arriva à la lumière et tous reconnurent Mortôs, plus mur, plus fatigué aussi, et surtout il était entouré de deux Lycans de taille énorme. Larâ fut stupéfaite. C'était lui qu'elle avait vu depuis le marais. Il s'avança vers eux puis s'arrêta. De la ou il était il se trouvait pile poil au milieu entre la troupe de Larâ, et celle d'Ehouna. Le jeune homme leva son bâton au ciel et une lumière bleue en jaillit comme en fontaine. Aussitôt 20 autres nécromants sortirent eux aussi de l'ombre, certains étaient accompagnés de Lycans, d'autres de loups simples et d'autres seulement de leur magie, déjà puissante. Ils avancèrent vers Larâ dans une attitude froide, dépourvue de sentiments. Sharon vint aux cotés de Mortôs qui baissa les yeux en face de Larâ.
- je suis désolé d'être parti, et je suis conscient de ma lâcheté, aujourd'hui je viens me faire pardonner en emmenant mes amis Nécromants à mes cotés.
- nous ne t'en voulons pas Mortôs, je suis heureuse de voir que tu as compris que selon l'issue du combat, la vie ne sera plus la même pour chacun de nous.
Sharon toussota et déclara d'une voix grave et puissante.
- ce n'est pas dans nos habitudes de nous mêler a vos conflits mais Mortôs nous a promit que vous reconsidériez notre statut de Nécromant aux yeux du royaume si nous vous apportions notre aide.
- C'est exact vous en serez grandement récompensés répondit - elle en souriant.

Alors que les nécromants prenaient leur place derrière la ligne des soldats, accompagnés des Lycans et des Loups que tous regardaient avec méfiance, Larâ reprenait confiance. Elysis adressa un sourire radieux à Mortôs, il lui avait tellement manqué. Larâ entreprit de trotter en criant des conseils aux soldats présents. Elle fit des lignes, suivie de Loup qui grognait d'impatience, tout en criant.
- nous allons vaincre, nous sommes forts et entraînés !! Luttez pour l'empire !! Même si c'est la dernière chose que nous devons faire avant la fin de notre vie !! Vous êtes des soldats du royaume !! Montrez votre patriotisme et votre force invincible !!!

Des rugissements s'élevèrent alors, remplis d'espoir et de courage. Elle reprit sa place empoignant fermement le manche de son sabre, les yeux débordant de haine. Tous étaient prêts le camp d'en face, et celui la. Tous se tenaient dans une attitude tendue, les armes étincelant au soleil de fin d'été. Mais quelque chose retenait encore la troupe d'Ehouna. Et Larâ comprit pourquoi quand elle vit une silhouette encapuchonnée arriver sur un cheval. Rhaliâ. Elle alla parler a Ehouna puis se plaça à l'écart pour assister au combat. Ehouna s'avança de quelques mètre leva son épée. Larâ fit de même et soudain se fut la fin, ou le commencement, cela dépendait de quel point de vue on se plaçait. Les rugissements de rage s'élevèrent alors que les deux armées se fonçaient dessus armes pointées en avant. Venait le moment ou tous devaient se battre, vivre ou mourir pour la bonne cause.
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# Posté le mercredi 10 septembre 2008 13:34