Chapitre 33
Le soleil se leva sur la plaine, éclairant la petite armée allongée dans des tentes ou sur l'herbe sèche d'été. Nalio s'étira pour sortir de ce sommeil qui avait été difficile, fut rassuré de constater la présence de Larâ à ses cotés et trouva un bout de parchemin sur ses habits à l'entrée de leur tente. Il s'en saisit rapidement et lut ce qui était écrit, juste un mot.
- bientôt
Ignorant ce que cela voulu dire il réveilla Larâ en entendant les premiers signes d'agitation venant du campement. Une quinzaine d'hommes partirent en chasse pour ramener du gibier et de la nourriture. Elysis vint trouver Larâ devant sa tente.
- je veux rentrer en contact avec mes parents et leur demander de venir.
- c'est une bonne idée, je t'accompagne ?
- non j'y arriverai mieux seule Larâ.
Elle s'éloigna gracieusement, ses longs cheveux attachés en une tresse claire. La jeune femme s'installa souplement sur un rocher et se concentra. Il fallait qu'elle essaye de capter les pensées de sa mère avec qui elle était plus proche que tout. Mais c'était extrêmement difficile. Au bout d'une longue demi heure elle parvint à saisir une multitude d'images qui se succédaient. Elle se força à faire le tri, ne sélectionnant que celle de sa mère et parvint à pénétrer dans son esprit.
-Maman ?
Agitation dans les pensées de sa mère.
- ma chérie c'est toi ??? Ou es tu ? ça fait presque un an que nous n'avons pas de nouvelles moi et ton père !
- calme toi maman, je suis dans le monde de Larâ et Lortiis, ici de gros problèmes ont surgi, je ne pouvais pas vous contacter car sinon les ennemis du trône auraient pu nous repérer moi et sa fille, si je vous contacte c'est pour vous dire que Lortiis est au plus mal et connaissant vos anciens liens avec lui, j'aurai pensé que votre aide dans ce monde nous aurait été précieuse.
- il faut que tu rentres si le danger rode Elysis, répliqua les pensées de sa mère
- non j'ai promis de les aider, ça ira plus vite avec votre aide mais sinon, je reste ils ont besoin de notre soutien a moi et à leurs amis.
- Lortiis a des problèmes ?
- oui des ennemis très dangereux menacent de prendre le pouvoir de l'empire si nous n'intervenons pas Lortiis et sa fille disparaîtront et toutes les belles choses de ce monde également. Aidez nous toi et papa !
- très bien, ton père et moi viendront avec une armée à la forêt de passage. D'ici demain à la tombée de la nuit nous serons la bas, arrange toi pour nous réceptionner et ma chérie, ajouta-t-elle en sentant leur transmission diminuer, fais attention.
- merci maman, Larâ va être ravie de savoir que les anciens alliés de Lortiis veulent encore lui venir en aide.
Elle s'éloigna du fil télépathique et se retrouva bientôt seule assise au même endroit. Elle se leva, donna quelques tapes pour enlever la poussière de sa tunique noire et rejoignit les autres qui discutaient avec animation. Elle se positionna en hauteur et une fois que tout le monde la regardait s'exclama avec force
- préparez vous a rentrer en guerre !! Les alliés de Lortiis de l'autre monde nous rejoigne demain à la tombée de la nuit à la forêt de passage !! Nous n'avons pas encore perdu !!!
Il y eut alors une exclamation de voix, toutes plus heureuses les unes que les autres. Larâ se jeta dans les bras de son amie, tandis que les sifflements de joie retentissaient partout autour d'elles. Une fois l'agitation calmée, Alfiis vint à la rencontre d'Elysis et de ses amis autours d'elle.
- je suis ravi d'entendre que le roi de Rhadagik vient en personne pour venir en aide a ce monde, il y a longtemps que je ne l'ai pas vu.
- vous le connaissiez ? Demanda Elysis
- rapidement oui, je lui avait déjà parlé quelques fois mais il m'avait semblé sympathique.
Il retourna sur une petite butte pour guetter l'arrivée des soldats et du gibier avec Lukâs. Alors que le groupe se dispersa pour différentes taches, Larâ resta assise seule. Elle revit le souvenir déclenché par Torza, sa mère qui jusqu'au bout s'était battue. Et cette traître de Rhaliâ qui l'avait tué sans remords, sans même afficher de sentiments. Elle se demanda si elle était devenue pareil, à tuer des ennemis quelqu'ils soient sans ressentir de choses particulières. Elle vit Opra s'affairer autour du corps de Loup, lui appliquer des remèdes, Nalio aiguiser ses dagues, Elysis réciter des incantations pour régénérer son pouvoir de la nature, Illusion qui s'entraînait a disparaître et a réapparaître a quelques dizaines de mètres, et elle qui restait la, sans savoir quel était son don. Elle était une grande magicienne, très puissante mais avait peu de limites et cela l'effrayait. Elle savait manier les armes avec agilité mais grâce à l'entraînement de Vlad. Elle n'avait qu'un statut en fait, princesse d'un royaume qui menaçait de s'écrouler. Alors que ses pensées divaguaient ailleurs et que son visage affichait toujours cette mine sombre elle sentit un poids s'asseoir à coté d'elle. Sans même regarder qui venait troubler son moment de réflexion elle attendit que la voix sage de Torza s'élève.
- vous avez l'air bien troublée princesse Larâ.
- je réfléchis, Torza, croyez vous que je deviens aussi criminelle que les ennemis que nous tuons pour survivre ? Je veux dire, pensez vous que pour moi le fait de tuer est devenu trop anodin ?
Le vieillard étira ses longues jambes et aspira avant de répondre.
- vous n'êtes pas une tueuse Larâ, quoique les autres peuvent en penser, vous tuez car le plus souvent vous n'avez pas d'autres choix, vous voyez les deux captives que vous vous traînez depuis notre rencontre ? Dit il en désignant les deux femmes assises sur le sol.
Larâ acquiesça de la tête tandis que Torza reprenait.
- vous ne les avez pas tué, et pourtant en connaissant les souffrances qu'elles ont infligé à votre amie et à tant d'autres, votre instinct vous poussait à le faire mais vous ne l'avez pas fait, tout simplement parce que ce n'est pas dans votre nature.
- j'ai peur.
En plusieurs années, elle venait de prononcer les deux mots qu'elle s'était toujours refusé de dire. A cet ancêtre qui lui témoignait tellement de gentillesse, de confiance, elle s'était laissé allé a dire ce qu'elle ressentait dans le plus grand secret.
- il est normal d'avoir peur, Larâ, vous avez 17 ans et à cet age la vous accomplissez des prodiges autant en magie qu'en combat, vous affrontez des ennemis plus puissants que vous sans ciller, portée par votre esprit de vengeance, voyez vous, Nalio m'a raconté ce qui vous été arrivé, votre morsure de Lycan, savez-vous la chance que vous avez eu ? Il est extrêmement rare de survivre à une morsure pareil, mais non seulement d'y survivre, vous avez adapté cette morsure à vous-même, vous offrant ainsi un autre pouvoir d'une puissance incroyable. Il m'est étonnant d'entendre le mot peur de votre bouche après tout ce que vous avez vécu princesse.
- je crains quand à l'issue du combat qui se prépare, j'ai peur de ne pas pouvoir achever ma quête. Rhaliâ mérite de mourir, pour ce qu'elle a fait. Mais si jamais je rate mon coup, qu'adviendra-t-il de cette terre...
- ne portez pas un poids trop lourd pour vos épaules, si vous sentez que vous devez tuer Larâ, vous réussirez, non ! coupa-t-il en voyant la mine indécise de la jeune femme, pas parce que c'Est-ce que tout le monde attend, mais parce que si vous ne parvenez pas du premier coup, vous n'arriverez pas à vivre tant que cela ne sera pas fait. J'ai bon espoir quand à l'issue de l'affrontement avec cette femme, un sang si pur et puissant coule dans vos veines. Que pourrait une femme avide de pouvoir, sans amour, aveuglée par la jalousie contre une jeune femme puissante, élevée dans l'amour et qui est animée d'une flamme impossible a éteindre ?
Elle lui adressa un sourire aveuglant, preuve que son moral était remonté et lui dit à voix basse.
- merci.
- je ne vois pas pourquoi vous me dites ça termina-t-il avec un clin d'½il malicieux.
Ils restèrent assis sur l'herbe, perdus l'un et l'autre vers des songes très différents. Le soleil haut annoncé que l'heure du repas approchait. Ils attendirent la venue des soldats partis chasser quand soudain Torza demanda d'une voix gaie
- au fait, que fait ma petite fille à plusieurs centaines de mètres ?
- comment savez-vous qu'elle nous suit ?
- je connais très bien Irias, je sais aussi qu'elle n'aurait pas supporté de rester en arrière et au long du trajet pour parvenir ici, elle a fait une petite imprudence visible pour les cavaliers en retard comme moi. Bien sur j'ai fais comme si je n'avais rien vu mais princesse Larâ, ça me rassurerait que vous jetiez un ½il sur elle de temps à autre, surtout s'il advient de combattre.
- ne vous inquiétez pas, c'Est-ce que je comptais faire mais je pense qu'Irias ne se laissera pas facilement faire par un individu potentiellement agressif. Dit elle en étouffant un rire.
- tout juste ! Ah, les chasseurs sont de retour.
Une quinzaine d'hommes revenaient en effet, à cheval ou a pied, transportant cerfs, paniers de fruits et de plantes, et d'autres petits mammifères. Tout le monde se rassembla, fit de grands feux et se repartirent la nourriture. Bien que la quantité n'était pas grandiose, ils purent tous manger raisonnablement et cela leur permit de faire tous un entraînement assidu l'après midi. Larâ s'entraîna avec Torza et Nalio. En premier temps elle demanda à Nalio de lui jeter des armes de divers poids droit sur elle. Celui-ci s'accomplit à sa mission de mauvaise grâce mais fut rassuré de constater que tous les gestes de sa compagne chassaient les épées, dagues et autres poignards à plusieurs mètres. Torza admirait la rapidité d'action de la jeune femme qui d'un seul geste nonchalant, faisait voler une épée à une dizaine de mètres. Nalio commençait à se lasser et fut contente de pouvoir assister au combat amical entre Torza et Larâ. Le vieil homme salua respectueusement sa nouvelle adversaire et leva les deux mains. Larâ fit de même. Le premier sort fut jeté par Larâ, voulant jouer d'un effet de surprise, raté. Torza sourit et fit un geste des doigts créant un bouclier. Il enleva son sort et contre-attaqua gentiment avec un sort de propulsion. Larâ encaissa le choc et recula seulement de deux mètres en restant debout.
- concentrez vous princesse ! Dit il en souriant poliment.
Elle tapa du pied et le sol autour d'eux deux se mit à trembler faisant vaciller Torza qui se rattrapa a temps. Il hocha la tête pour approuver ce choix. Le vieil homme claqua des mains et Larâ fut ligotée par des liens . Elle se débattit mais Torza lui déclara.
- ne pensez pas à lutter mais a vous dégager !
Elle saisit l'ampleur de ces paroles et cessa de bouger. Son esprit cherchait avec attention ce qui pourrait la libérer quand elle trouva enfin. Elle siffla, ne pouvant pas utiliser ses mains seule sa bouche était disponible. Un sifflement aigu et envoûtant s'éleva et elle sentit immédiatement les cordes se relâcher. Les liens se libérèrent d'elle, se dressant comme tenus par des mains invisibles, ondulant comme des serpents hypnotisés. Larâ se releva souplement et leva un poing qu'elle fit signe d'abaisser au sol. Des ondes de choc jaillirent en direction de Torza qui se retrouva paralysé. Elle attendit amusée les quelques minutes ou il tenta de sortir de cet état et quand il y parvient c'est essoufflé qu'il lui dit.
- je dois reconnaître que je ne voyais pas la tache si compliquée en me battant contre vous, au début j'ai été gentil mais je serais plus attentif la prochaine fois jeune fille !
Ils allèrent s'asseoir sur un tronc d'arbre pour assister au combat d'Elysis et d'Illusion. Elysis faisait des gestes complexes des mains et des lianes sortaient du sol pour foncer vers Illusion qui disparaissait juste au bon moment. Mais cela lui demandait beaucoup d'energie et elle réapparaissait toujours plus ou moins essoufflée. Elysis elle, se retenait, elle devança la tentative de disparition de son amie en créant une toile de liane sur le sol. Dés qu'Illusion posa ses pieds sur la terre ferme, elle se retrouva enserrée par les lianes qui montèrent enlacées jusqu'au cou de celle-ci. Elle tenta de disparaître pour se dégager de l'étau végétal mais Elysis tenait bon, on voyait des gouttes de sueurs perler sur son front. Alors qu'Illusion paraissait plus floue par moment quand elle tentait de s'évanouir dans les airs, Elysis en profitait pour serrer encore plus les poings et bientôt la captive dut lui dire en haletant.
- c'est bon tu as gagné !!
Aussitôt son amie libéra l'emprise et vint vers elle en lui donna une gourde d'eau. Illusion but goulûment sans cesser de devenir floue par moment. Larâ s'en inquiéta mais celle-ci lui répondit
- c'est normal après un effort aussi important, ça va passer !
Ils assistèrent à la démonstration de force des soldats comme des spectateurs dans une arène. Nalio ne put s'empêcher de lancer un défi à Lukâs qui jusque la, s'entraînait avec Alfis. Il accepta avec joie et après avoir demandé qu'elle arme devait -il prendre, il se campa devant le jeune homme avec son épée tandis que Nalio tenait deux dagues. Larâ siffla pour lancer le départ du combat et Lukâs bondit en avant. Nalio esquiva adroitement son attaque, souple comme une ombre. Il dut faire face à une nouvelle attaque et cette fois para avec ses deux dagues croisées devant lui. Alors que Lukâs montrait sa force impressionnante en pointant, feintant de tous sens, Nalio lui montrait son habilité remarquable en esquivant tous les coups, laissant son adversaire se fatiguer bien avant lui. Lukâs parvint à le désarmer en lui retirant une dague qui alla voler aux pieds de Torza. Il ne lui rester plus qu'une arme mais cela ne parut pas l'émouvoir. De plus le regard que Larâ posait sur lui l'aurait convaincu de se battre sans armes avec n'importe quel adversaire. Il tendit la jambe en une fraction de seconde et Lukâs s'affala au sol lourdement. Nalio lui mit la dague sous le cou et dit d'une voix triomphante
- comme quoi la force ne fait pas tout ! La ruse peut vaincre !
Lukâs sourit en se relevant difficilement et lui dit
- tu as raison je me suis laissé distraire ! Avec un adversaire comme toi il faut être attentif !
Quand tous se dispersèrent il n'y eut que Nalio pour voir le regard amoureux que Larâ lui lança. Ce fut presque avec soulagement qu'il retrouva ses bras.
Le soleil se leva sur la plaine, éclairant la petite armée allongée dans des tentes ou sur l'herbe sèche d'été. Nalio s'étira pour sortir de ce sommeil qui avait été difficile, fut rassuré de constater la présence de Larâ à ses cotés et trouva un bout de parchemin sur ses habits à l'entrée de leur tente. Il s'en saisit rapidement et lut ce qui était écrit, juste un mot.
- bientôt
Ignorant ce que cela voulu dire il réveilla Larâ en entendant les premiers signes d'agitation venant du campement. Une quinzaine d'hommes partirent en chasse pour ramener du gibier et de la nourriture. Elysis vint trouver Larâ devant sa tente.
- je veux rentrer en contact avec mes parents et leur demander de venir.
- c'est une bonne idée, je t'accompagne ?
- non j'y arriverai mieux seule Larâ.
Elle s'éloigna gracieusement, ses longs cheveux attachés en une tresse claire. La jeune femme s'installa souplement sur un rocher et se concentra. Il fallait qu'elle essaye de capter les pensées de sa mère avec qui elle était plus proche que tout. Mais c'était extrêmement difficile. Au bout d'une longue demi heure elle parvint à saisir une multitude d'images qui se succédaient. Elle se força à faire le tri, ne sélectionnant que celle de sa mère et parvint à pénétrer dans son esprit.
-Maman ?
Agitation dans les pensées de sa mère.
- ma chérie c'est toi ??? Ou es tu ? ça fait presque un an que nous n'avons pas de nouvelles moi et ton père !
- calme toi maman, je suis dans le monde de Larâ et Lortiis, ici de gros problèmes ont surgi, je ne pouvais pas vous contacter car sinon les ennemis du trône auraient pu nous repérer moi et sa fille, si je vous contacte c'est pour vous dire que Lortiis est au plus mal et connaissant vos anciens liens avec lui, j'aurai pensé que votre aide dans ce monde nous aurait été précieuse.
- il faut que tu rentres si le danger rode Elysis, répliqua les pensées de sa mère
- non j'ai promis de les aider, ça ira plus vite avec votre aide mais sinon, je reste ils ont besoin de notre soutien a moi et à leurs amis.
- Lortiis a des problèmes ?
- oui des ennemis très dangereux menacent de prendre le pouvoir de l'empire si nous n'intervenons pas Lortiis et sa fille disparaîtront et toutes les belles choses de ce monde également. Aidez nous toi et papa !
- très bien, ton père et moi viendront avec une armée à la forêt de passage. D'ici demain à la tombée de la nuit nous serons la bas, arrange toi pour nous réceptionner et ma chérie, ajouta-t-elle en sentant leur transmission diminuer, fais attention.
- merci maman, Larâ va être ravie de savoir que les anciens alliés de Lortiis veulent encore lui venir en aide.
Elle s'éloigna du fil télépathique et se retrouva bientôt seule assise au même endroit. Elle se leva, donna quelques tapes pour enlever la poussière de sa tunique noire et rejoignit les autres qui discutaient avec animation. Elle se positionna en hauteur et une fois que tout le monde la regardait s'exclama avec force
- préparez vous a rentrer en guerre !! Les alliés de Lortiis de l'autre monde nous rejoigne demain à la tombée de la nuit à la forêt de passage !! Nous n'avons pas encore perdu !!!
Il y eut alors une exclamation de voix, toutes plus heureuses les unes que les autres. Larâ se jeta dans les bras de son amie, tandis que les sifflements de joie retentissaient partout autour d'elles. Une fois l'agitation calmée, Alfiis vint à la rencontre d'Elysis et de ses amis autours d'elle.
- je suis ravi d'entendre que le roi de Rhadagik vient en personne pour venir en aide a ce monde, il y a longtemps que je ne l'ai pas vu.
- vous le connaissiez ? Demanda Elysis
- rapidement oui, je lui avait déjà parlé quelques fois mais il m'avait semblé sympathique.
Il retourna sur une petite butte pour guetter l'arrivée des soldats et du gibier avec Lukâs. Alors que le groupe se dispersa pour différentes taches, Larâ resta assise seule. Elle revit le souvenir déclenché par Torza, sa mère qui jusqu'au bout s'était battue. Et cette traître de Rhaliâ qui l'avait tué sans remords, sans même afficher de sentiments. Elle se demanda si elle était devenue pareil, à tuer des ennemis quelqu'ils soient sans ressentir de choses particulières. Elle vit Opra s'affairer autour du corps de Loup, lui appliquer des remèdes, Nalio aiguiser ses dagues, Elysis réciter des incantations pour régénérer son pouvoir de la nature, Illusion qui s'entraînait a disparaître et a réapparaître a quelques dizaines de mètres, et elle qui restait la, sans savoir quel était son don. Elle était une grande magicienne, très puissante mais avait peu de limites et cela l'effrayait. Elle savait manier les armes avec agilité mais grâce à l'entraînement de Vlad. Elle n'avait qu'un statut en fait, princesse d'un royaume qui menaçait de s'écrouler. Alors que ses pensées divaguaient ailleurs et que son visage affichait toujours cette mine sombre elle sentit un poids s'asseoir à coté d'elle. Sans même regarder qui venait troubler son moment de réflexion elle attendit que la voix sage de Torza s'élève.
- vous avez l'air bien troublée princesse Larâ.
- je réfléchis, Torza, croyez vous que je deviens aussi criminelle que les ennemis que nous tuons pour survivre ? Je veux dire, pensez vous que pour moi le fait de tuer est devenu trop anodin ?
Le vieillard étira ses longues jambes et aspira avant de répondre.
- vous n'êtes pas une tueuse Larâ, quoique les autres peuvent en penser, vous tuez car le plus souvent vous n'avez pas d'autres choix, vous voyez les deux captives que vous vous traînez depuis notre rencontre ? Dit il en désignant les deux femmes assises sur le sol.
Larâ acquiesça de la tête tandis que Torza reprenait.
- vous ne les avez pas tué, et pourtant en connaissant les souffrances qu'elles ont infligé à votre amie et à tant d'autres, votre instinct vous poussait à le faire mais vous ne l'avez pas fait, tout simplement parce que ce n'est pas dans votre nature.
- j'ai peur.
En plusieurs années, elle venait de prononcer les deux mots qu'elle s'était toujours refusé de dire. A cet ancêtre qui lui témoignait tellement de gentillesse, de confiance, elle s'était laissé allé a dire ce qu'elle ressentait dans le plus grand secret.
- il est normal d'avoir peur, Larâ, vous avez 17 ans et à cet age la vous accomplissez des prodiges autant en magie qu'en combat, vous affrontez des ennemis plus puissants que vous sans ciller, portée par votre esprit de vengeance, voyez vous, Nalio m'a raconté ce qui vous été arrivé, votre morsure de Lycan, savez-vous la chance que vous avez eu ? Il est extrêmement rare de survivre à une morsure pareil, mais non seulement d'y survivre, vous avez adapté cette morsure à vous-même, vous offrant ainsi un autre pouvoir d'une puissance incroyable. Il m'est étonnant d'entendre le mot peur de votre bouche après tout ce que vous avez vécu princesse.
- je crains quand à l'issue du combat qui se prépare, j'ai peur de ne pas pouvoir achever ma quête. Rhaliâ mérite de mourir, pour ce qu'elle a fait. Mais si jamais je rate mon coup, qu'adviendra-t-il de cette terre...
- ne portez pas un poids trop lourd pour vos épaules, si vous sentez que vous devez tuer Larâ, vous réussirez, non ! coupa-t-il en voyant la mine indécise de la jeune femme, pas parce que c'Est-ce que tout le monde attend, mais parce que si vous ne parvenez pas du premier coup, vous n'arriverez pas à vivre tant que cela ne sera pas fait. J'ai bon espoir quand à l'issue de l'affrontement avec cette femme, un sang si pur et puissant coule dans vos veines. Que pourrait une femme avide de pouvoir, sans amour, aveuglée par la jalousie contre une jeune femme puissante, élevée dans l'amour et qui est animée d'une flamme impossible a éteindre ?
Elle lui adressa un sourire aveuglant, preuve que son moral était remonté et lui dit à voix basse.
- merci.
- je ne vois pas pourquoi vous me dites ça termina-t-il avec un clin d'½il malicieux.
Ils restèrent assis sur l'herbe, perdus l'un et l'autre vers des songes très différents. Le soleil haut annoncé que l'heure du repas approchait. Ils attendirent la venue des soldats partis chasser quand soudain Torza demanda d'une voix gaie
- au fait, que fait ma petite fille à plusieurs centaines de mètres ?
- comment savez-vous qu'elle nous suit ?
- je connais très bien Irias, je sais aussi qu'elle n'aurait pas supporté de rester en arrière et au long du trajet pour parvenir ici, elle a fait une petite imprudence visible pour les cavaliers en retard comme moi. Bien sur j'ai fais comme si je n'avais rien vu mais princesse Larâ, ça me rassurerait que vous jetiez un ½il sur elle de temps à autre, surtout s'il advient de combattre.
- ne vous inquiétez pas, c'Est-ce que je comptais faire mais je pense qu'Irias ne se laissera pas facilement faire par un individu potentiellement agressif. Dit elle en étouffant un rire.
- tout juste ! Ah, les chasseurs sont de retour.
Une quinzaine d'hommes revenaient en effet, à cheval ou a pied, transportant cerfs, paniers de fruits et de plantes, et d'autres petits mammifères. Tout le monde se rassembla, fit de grands feux et se repartirent la nourriture. Bien que la quantité n'était pas grandiose, ils purent tous manger raisonnablement et cela leur permit de faire tous un entraînement assidu l'après midi. Larâ s'entraîna avec Torza et Nalio. En premier temps elle demanda à Nalio de lui jeter des armes de divers poids droit sur elle. Celui-ci s'accomplit à sa mission de mauvaise grâce mais fut rassuré de constater que tous les gestes de sa compagne chassaient les épées, dagues et autres poignards à plusieurs mètres. Torza admirait la rapidité d'action de la jeune femme qui d'un seul geste nonchalant, faisait voler une épée à une dizaine de mètres. Nalio commençait à se lasser et fut contente de pouvoir assister au combat amical entre Torza et Larâ. Le vieil homme salua respectueusement sa nouvelle adversaire et leva les deux mains. Larâ fit de même. Le premier sort fut jeté par Larâ, voulant jouer d'un effet de surprise, raté. Torza sourit et fit un geste des doigts créant un bouclier. Il enleva son sort et contre-attaqua gentiment avec un sort de propulsion. Larâ encaissa le choc et recula seulement de deux mètres en restant debout.
- concentrez vous princesse ! Dit il en souriant poliment.
Elle tapa du pied et le sol autour d'eux deux se mit à trembler faisant vaciller Torza qui se rattrapa a temps. Il hocha la tête pour approuver ce choix. Le vieil homme claqua des mains et Larâ fut ligotée par des liens . Elle se débattit mais Torza lui déclara.
- ne pensez pas à lutter mais a vous dégager !
Elle saisit l'ampleur de ces paroles et cessa de bouger. Son esprit cherchait avec attention ce qui pourrait la libérer quand elle trouva enfin. Elle siffla, ne pouvant pas utiliser ses mains seule sa bouche était disponible. Un sifflement aigu et envoûtant s'éleva et elle sentit immédiatement les cordes se relâcher. Les liens se libérèrent d'elle, se dressant comme tenus par des mains invisibles, ondulant comme des serpents hypnotisés. Larâ se releva souplement et leva un poing qu'elle fit signe d'abaisser au sol. Des ondes de choc jaillirent en direction de Torza qui se retrouva paralysé. Elle attendit amusée les quelques minutes ou il tenta de sortir de cet état et quand il y parvient c'est essoufflé qu'il lui dit.
- je dois reconnaître que je ne voyais pas la tache si compliquée en me battant contre vous, au début j'ai été gentil mais je serais plus attentif la prochaine fois jeune fille !
Ils allèrent s'asseoir sur un tronc d'arbre pour assister au combat d'Elysis et d'Illusion. Elysis faisait des gestes complexes des mains et des lianes sortaient du sol pour foncer vers Illusion qui disparaissait juste au bon moment. Mais cela lui demandait beaucoup d'energie et elle réapparaissait toujours plus ou moins essoufflée. Elysis elle, se retenait, elle devança la tentative de disparition de son amie en créant une toile de liane sur le sol. Dés qu'Illusion posa ses pieds sur la terre ferme, elle se retrouva enserrée par les lianes qui montèrent enlacées jusqu'au cou de celle-ci. Elle tenta de disparaître pour se dégager de l'étau végétal mais Elysis tenait bon, on voyait des gouttes de sueurs perler sur son front. Alors qu'Illusion paraissait plus floue par moment quand elle tentait de s'évanouir dans les airs, Elysis en profitait pour serrer encore plus les poings et bientôt la captive dut lui dire en haletant.
- c'est bon tu as gagné !!
Aussitôt son amie libéra l'emprise et vint vers elle en lui donna une gourde d'eau. Illusion but goulûment sans cesser de devenir floue par moment. Larâ s'en inquiéta mais celle-ci lui répondit
- c'est normal après un effort aussi important, ça va passer !
Ils assistèrent à la démonstration de force des soldats comme des spectateurs dans une arène. Nalio ne put s'empêcher de lancer un défi à Lukâs qui jusque la, s'entraînait avec Alfis. Il accepta avec joie et après avoir demandé qu'elle arme devait -il prendre, il se campa devant le jeune homme avec son épée tandis que Nalio tenait deux dagues. Larâ siffla pour lancer le départ du combat et Lukâs bondit en avant. Nalio esquiva adroitement son attaque, souple comme une ombre. Il dut faire face à une nouvelle attaque et cette fois para avec ses deux dagues croisées devant lui. Alors que Lukâs montrait sa force impressionnante en pointant, feintant de tous sens, Nalio lui montrait son habilité remarquable en esquivant tous les coups, laissant son adversaire se fatiguer bien avant lui. Lukâs parvint à le désarmer en lui retirant une dague qui alla voler aux pieds de Torza. Il ne lui rester plus qu'une arme mais cela ne parut pas l'émouvoir. De plus le regard que Larâ posait sur lui l'aurait convaincu de se battre sans armes avec n'importe quel adversaire. Il tendit la jambe en une fraction de seconde et Lukâs s'affala au sol lourdement. Nalio lui mit la dague sous le cou et dit d'une voix triomphante
- comme quoi la force ne fait pas tout ! La ruse peut vaincre !
Lukâs sourit en se relevant difficilement et lui dit
- tu as raison je me suis laissé distraire ! Avec un adversaire comme toi il faut être attentif !
Quand tous se dispersèrent il n'y eut que Nalio pour voir le regard amoureux que Larâ lui lança. Ce fut presque avec soulagement qu'il retrouva ses bras.
